LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°2

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh 

 

Les travaux au Centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh et dans un premier logement à Chatila

 

Le premier numéro daté du 27 septembre vous avait informé du démarrage effectif du projet. Ce second bulletin vous communique les principales informations sur les réalisations du projet du 27 septembre au 9 octobre.

Les bénévoles

François, électricien, polyvalent dans les métiers du bâtiment, est arrivé à Beyrouth le 27 septembre. Le même jour, Karim, bénévole qui devait arriver le 29 et rester six semaines à Beyrouth, nous a malheureusement indiqué qu’il avait été victime d’un accident du travail et qu’il devait donc annuler son voyage.

Antoine, cinéaste, dont nous avions rappelé le court-métrage sur les activités éducatives de Rêves de réfugiés dans le bulletin précédent, et Solenne, urbaniste, sont arrivés à Beyrouth le 28.

Françoise, psychologue, première bénévole auprès de Najdeh, est arrivée à Beyrouth le 30 septembre.

Avec l’arrivée d’Emmanuel et de Mathieu le dimanche 2 octobre, puis de David le lundi 3 octobre, l’équipe des bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment est maintenant de cinq personnes.

Les travaux et formations au centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh

L’achèvement des travaux de peinture réalisés à l’école de Rêves de réfugiés, qui ont finalement porté sur cinq salles de classe et un couloir, a permis d’engager les premiers travaux dans le centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh (revêtement du plancher, fenêtre).

La reprise de la couverture de la grande salle située au dernier étage du centre a été remise à plus tard, car les responsables du centre souhaitent maintenant remplacer la toiture en tôles par une dalle en béton ce qui nous dépasse un peu cette année.

Les matériaux pour les travaux de la cage d’escalier (tasseaux, plaques isolantes) ont été commandés le 28 septembre. La fixation de tasseaux aux murs et l’habillage par un mélaminé plastifié laissant respirer et s’assécher les murs constitue une solution durable qui évitera de devoir reprendre rapidement la peinture.

Les matériaux ont été acheminés le 29 septembre par les jeunes volontaires et l’ensemble des bénévoles présents et les travaux d’amélioration de la cage d’escalier ont pu commencer.  Ils se sont terminés le 2 octobre.

La façade du centre et le bureau de la responsable du centre ont également été repeints pendant cette période.

Les travaux d’amélioration d’un premier logement à Chatila

Préparation du béton sur la terrasse

Des travaux ont alors pu commencer à Chatila, avec la rénovation du logement de la famille El Tsaoui, le premier des trois logements visités par André à son arrivée.

L’appartement est situé dans la rue principale, prés du siège de Rêves de réfugié, au 8ème étage d’un immeuble, sous la terrasse qui n’est pas étanche. En conséquence, le béton du plafond se détache dangereusement par endroits et les infiltrations détériorent l’ensemble de l’appartement. La réalisation de l’étanchéité de la terrasse (ragréage de la dalle fissurée avant application de résine) a donc été considérée comme prioritaire.

Les matériaux nécessaires ont été achetés et

Travaux sur le plafond du logement

acheminés le 4 octobre. Le même jour, la dalle de béton de la terrasse a été nettoyée. Il a fallu évacuer du 8ème étage 70 sacs de gravats et détritus divers, puis y faire monter une importante quantité d’outillage et de matériaux. Les travaux sur la terrasse  ont commencé le lendemain, avec l’aide d’un maçon professionnel et avec la participation (pour des durées de présence malheureusement irrégulières) de cinq jeunes volontaires et se sont poursuivis pendant les jours suivants. L’application de la résine d’étanchéité sur la terrasse a commencé le 8 octobre.

Parallèlement, les travaux ont été engagés dans l’appartement lui-même à partir du 6 octobre avec le grattage des murs et une première couche de peinture et avec la reprise du plafond, puis avec les travaux d’électricité (en particulier avec la pose d’une gaine depuis le disjoncteur du rez-de-chaussée sur toute la hauteur de la façade) et de plomberie.

L’appui à Najdeh

Françoise, psychologue arrivée le 1er octobre, apporte son appui au jardin d’enfants de Najdeh à Chatila (70 enfants de 3 à 5 ans, répartis en trois classes et encadrés par trois animatrices).

enfants-de-chatila

Enfants de Chatila

Les activités prévues

Lors d’une rencontre avec plusieurs responsables de Najdeh le 3 octobre, celles-ci avaient demandé s’il était possible de réaliser des travaux de revêtement des murs d’une salle du centre psychosocial de Najdeh de Chatila. Ce centre a été visité le 7 octobre et il est prévu d’y intervenir prochainement.

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Un premier bilan

Les travaux réalisés ou en cours depuis l’arrivée des premiers bénévoles à Beyrouth sont déjà significatifs : salles de classes de Rêves de réfugiés, centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh, étanchéité d’une terrasse et réhabilitation d’un logement choisi par Rêves de réfugiés à Chatila.

La réalisation des travaux et des formations dans ce logement a malheureusement été marquée par une présence irrégulière des volontaires, qui s’expliquerait par la priorité donnée par certains d’entre eux, de manière assez compréhensible, à des opportunités de petites activités rémunérées.

Cette question importante pour l’impact du projet en termes de formation professionnelle, objet principal du projet, sera discutée avec les responsables de Rêves de réfugiés.

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LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°1

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh

 

LE PROJET A DÉMARRÉ !

 

Après quelques mois de préparation (voir Un bref rappel de l’historique du projet), notre projet de formation professionnelle a démarré sur le terrain le 22 septembre, avec l’arrivée à Beyrouth d’André, coordinateur du projet. Il a obtenu son visa sans difficulté à l’arrivée et a pu apporter deux valises d’outils.

Dès son arrivée, il a pris contact avec Najdeh pour mettre au point quelques questions logistiques, récupérer une partie des fonds nécessaires aux achats de matériaux et préciser la situation

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

des centres de Najdeh à Chatila et à Borj el Barajneh (voir Nos partenaires dans les camps de réfugiés).

 

Comme nous n’avons pas, pour cette première phase du projet, de bénévoles pour les métiers pratiqués dans le centre de formation professionnelle de Borj el Barajneh, les bénévoles auprès de Najdeh travailleront surtout à Chatila. Les bénévoles auprès de Najdeh seront logés dans un appartement situé rue Raouass.

André a discuté des travaux dans des bâtiments de Najdeh qui pourraient être utilisés pour la formation de jeunes volontaires aux métiers du bâtiment (voir Les activités prévues).

Un logement avant travaux

Un logement avant travaux

André a ensuite rencontré Rêves de réfugiés. Sobhi et Tarek lui ont présenté les quatre

premiers jeunes volontaires et proposé de reprendre la peinture de plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés, chantier non prévu initialement mais particulièrement opportun.

Le matériel nécessaire a immédiatement été acheté et les travaux ont été réalisés avec trois volontaires dès le samedi 24 et le dimanche 25.

André a visité le lendemain des logements dont la rénovation est considérée comme prioritaire par Rêves de réfugiés, en premier lieu un logement où vit une mère et ses cinq enfants, où seront réalisés en urgence des travaux d’étanchéité.

Les bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment pourront être logés dans une guesthouse ou dans un appartement mis à disposition par Rêves de réfugiés à Chatila.

Nos partenaires dans les camps de réfugiés

L’association Rêves de réfugiés est née à Chatila en 2011. Cette association de

réfugiés palestiniens bénévoles agit de façon complémentaire aux activités de Najdeh. Constatant qu’ils ne maîtrisent ni la date ni les modalités du retour mais qu’en attendant cet hypothétique retour, il faut vivre au lieu de se laisser aller au désespoir et à la misère (violences subies et appels à la violence, radicalisation, drogues, criminalité, maladies liées aux conditions inhumaines de vie, tyrannie des petits chefs, manque d’hygiène, etc.), cinq jeunes gens de moins de 30 ans (financièrement aidés par un père de famille qui a tout compris et ne compte pas sa générosité, Mohamed Afifi) passent leur temps libre, au retour de leurs journées de travail à Beyrouth, à faire l’école aux jeunes du camp, efficacement aidés par plusieurs dizaines de jeunes femmes bénévoles, dynamiques, compétentes et motivées. Puis, à côté des activités éducatives, ils se sont lancés dans la réponse pratique aux besoins matériels les plus criants du camp, en particulier la sécurisation des installations électriques, causes de trop nombreuses électrocutions. Ils souhaitent maintenant  former les jeunes hommes et femmes à des métiers de base pour les  aider à sortir du chômage à l’occasion de la rénovation de pièces insalubres où s’entassent des familles misérablement abandonnées : remplacer la terre battue du sol humide par un carrelage, ouvrir une fenêtre, installer un coin toilette, passer un coup de badigeon, et voilà un taudis devenu habitable et des sourires qui illuminent des visages !

Antoine Laurent, cinéaste qui retournera à Chatila pour suivre cette nouvelle phase des activités de Rêves de réfugiés, a réalisé un court-métrage sur les activités éducatives de l’association diffusé sur France 24 pour l’émission « Billet retour ».

L’association Najdeh compte 33 centres travaillant dans dix camps de réfugiés palestiniens au Liban et s’est tournée vers la formation des femmes et des enfants. Najdeh a résolument opté pour la non-violence en préparant activement le retour en Palestine. Il faut d’abord sortir les femmes et les enfants du climat de violence qui empoisonne les camps, puis leur apprendre leurs droits et les moyens légaux de les faire respecter. Et leur permettre de vivre leur indépendance grâce à des professions (coiffeuses, manucures, spécialistes de l’hygiène, réparatrices de téléphones portables et de télévisions, institutrices, etc.) qui les sortiront du chômage et de la dépendance. Avec ses écoles au centre des camps, ses salles de réunions claires, aérées et modernes, ses activités de formations professionnelles féminines, ses psychologues, sa gestion professionnelle et rigoureuse de ses activités, Najdeh est le fer de lance de la lutte des réfugiés palestiniens au Liban : pour sortir aujourd’hui de la misère tout en préparant un Retour quand ce sera possible. Une femme de caractère et de forte personnalité, Leila El Ali, dirige cet impressionnant réseau que nous avons décidé de soutenir par notre appel à bénévoles et par notre appel aux dons.

Najdeh dispose de deux centres à Chatila (un jardin d’enfants et un centre psycho-social) et deux centres à Borj el Barajneh : un centre de formation professionnelle (salon de coiffure et d’esthétique, studio d’apprentissage aux métiers audiovisuels, atelier de productions artisanales) et un centre psycho-social, que nous avions improprement qualifié d’école dans nos documents précédents, parce que fréquenté matin et après-midi par environ 150 enfants.

Un bref rappel de l’historique du projet

Dans sa démarche de recherche de projets, notre Groupe local a décidé de s’orienter vers la formation professionnelle. L’idée d’un projet de formation professionnelle dans les métiers du bâtiment à l’occasion de travaux dans le camp de Chatila, en liaison avec l’association Rêves de réfugiés, a été opportunément présentée début mai par Abeer Hamad, Présidente de l’Associations des Palestiniens en Île-de-France, qui revenait d’un voyage au Liban. Nous avons décidé d’effectuer immédiatement une mission d’identification, incluant une prise de contact avec Najdeh pour tenir compte plus largement des besoins de formation des femmes.

La mission d’identification a été réalisée du 28 mai au 1er juin et ses résultats ont été présentés aux adhérents début juin. Après mise au point et diffusion aux adhérents des documents issus de la mission, un appel à bénévoles a pu être diffusé largement à partir du 20 juin au-delà des adhérents et sympathisants de notre groupe local, à l’ensemble des groupes locaux de l’AFPS et à diverses organisations partenaires : Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, qui l’a repris sur son site, Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF), Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, Electriciens sans frontières.  Il a également a été diffusé début juillet à l’Université d’été des mouvements sociaux et de la solidarité internationale à Besançon et à l’Université d’été de l’AFPS à Angers.

Les premières candidatures nous sont parvenues dès fin juin. Les contacts avec les candidats se sont développés au cours des mois de juillet et d’août.

Les éléments disponibles début août sur le nombre de bénévoles (alors de 12) et les coûts du projet ont été utilisés pour préparer le lancement d’un appel à dons intitulé « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer », qui a été diffusé à partir du 20 août.

Quelques achats ont été effectués en France. Les premiers dons ont été recueillis à la suite de l’appel lancé le 20 août. Un grand nombre de mises au point pratiques, en matière de modalités d’achats, de transferts de fonds, de logistique (voyages aériens et accueil, hébergement) se sont poursuivies jusqu’au départ du coordinateur.

Les bénévoles

Au total, le projet mobilisera sur des durées variables entre le 22 septembre et le 15 novembre, une équipe de 18 personnes, aux profils variés.

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

En dehors d’André, coordinateur du projet, on compte 9 bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment et 5 bénévoles pour l’appui à l’association Najdeh (psychologue, enseignantes, écrivain et journaliste).

Antoine, cinéaste, et Solenne, urbaniste spécialiste de la réhabilitation de quartiers dégradés, seront également présents à Chatila.

Plusieurs bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment arriveront fin septembre et dans les premiers jours d’octobre. Françoise, psychologue en appui à Najdeh, arrivera le 30 septembre.

Les jeunes réfugiés volontaires

Les quatre premiers volontaires, jeunes chômeurs du camp de Chatila, ont été présentés le 24 septembre à André par Sobhi, président de Rêves de réfugiés, et Tarek.

Trois d’entre eux, Bilal, Muhamad et Selim, ont réalisé pendant les deux jours suivants la reprise de la peinture de cinq salles de classe de Rêves de réfugiés.

Les activités prévues

Le document « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » prévoyait la rénovation de cinq logements insalubres à Chatila et l’amélioration du centre psycho-social de Najdeh dans le camp de Borj el Barajneh.

Ce programme fera l’objet des adaptations nécessaires après les diagnostics qui seront approfondis à l’occasion des visites sur le terrain et des discussions avec nos partenaires. C’est ainsi que des travaux de peinture ont immédiatement été réalisés dans plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés à Chatila. Najdeh nous a également demandé de reprendre la peinture de son jardin d’enfant de Chatila.

Comment et pourquoi participer

Le document d’appel à contributions financières « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » a été diffusé à partir du 20 août.

Des dons substantiels ont été recueillis mais un montant très important reste pour le moment à la charge de notre groupe local. Dans la mesure où nous souhaitons prolonger cette première phase du projet par d’autres opérations analogues, sur la base d’une évaluation des résultats obtenus, sans assécher les finances de notre groupe local, de nouvelles contributions financières restent hautement souhaitables.

Vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème – Boîte 52
22 rue Deparcieux – 75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier (centre psycho-social de Najdeh, logements).

Vous pouvez également effectuer un virement.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez. 

Pour nous contacter…

 

 

Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer

Il n’est peut-être pas inutile de nous rappeler d’abord nos motivations pour le choix des projets qu’il nous faut réaliser dans les camps de Chatila et de Borj el Barajneh, à la demande des associations locales « Rêves de Réfugiés » et « Najdeh ». Plus de 30.000 réfugiés sont entassés à Chatila, un camp « provisoire » datant de la « Nakba » en 1949, sur une surface très réduite, de seulement 40.000 m2 à sa création : nous voici à la quatrième génération hors de Palestine ! En attendant le Retour, qui est un Droit reconnu internationalement, même s’il apparaît désormais bien compromis, la vie dans le camp se doit d’être digne et humaine. Ce qui n’est pas le cas. En réalisant des chantiers de réhabilitation de logements insalubres, causes d’asthme et de rhumatismes mais aussi de désespoir chez les plus démunis, nous proposons à de jeunes chômeurs (plus de 60 % de la population active de Chatila est au chômage, mais sans revenus !) d’apprendre sur le tas, sur nos chantiers, les rudiments des métiers du bâtiment. Cette formation professionnelle accélérée peut leur mettre le pied à l’étrier et les aider à sortir de la misère.

Une rue à Chatila

Une rue à Chatila

Huit bénévoles, professionnels du bâtiment et bricoleurs, ont répondu à notre appel lancé en juin dernier, et quelques autres peuvent encore s’inscrire. Les chantiers et formations professionnelles seront organisés par l’association « Rêves de Réfugiés » de Chatila et sont prévus de la mi-septembre à la mi-novembre de cette année. En fonction du profil professionnel des bénévoles inscrits à ce jour, les chantiers retenus sont des remises en état de logements insalubres dans lesquels croupissent les plus pauvres (veuves, souvent avec enfants) du camp. Nous détaillerons, plus bas, les matériaux nécessaires à ces réhabilitations de logements et leur coût. La main d’œuvre étant évidemment gratuite, offerte par les bénévoles et les stagiaires.

En parallèle, l’association « Najdeh », qui s’est spécialisée dans l’accueil des femmes, les soins psychologiques à leur apporter en les sortant du climat de violence qui empoisonne les camps et dans la formation professionnelle des femmes, accueillera quatre bénévoles (et peut-être davantage : les inscriptions sont encore possible !) à partir de fin septembre. Cette association reçoit depuis plusieurs années des bénévoles, particulièrement spécialisés dans la thérapie psychologique, mais aussi dans l’enseignement du Droit, et dans toutes les professions pouvant être utiles à la libération des femmes. Un ensemble de professions dites « féminines » nous ont été citées comme très utiles dans ce contexte des camps du Liban. La coopération des bénévoles avec « Najdeh » peut donc se faire toute l’année, aux dates qui conviennent le mieux aux bénévoles.

De la mi-septembre à la mi-novembre (saison des pluies, période difficile pour les chantiers) nous tablons sur 14 bénévoles. Chacun a des dates de séjour propres.

Immeubles à Chatila

Immeubles à Chatila

Les grands postes des dépenses sont :

  1. Les voyages aériens ;
  2. L’hébergement, en fonction du type d’hébergement choisi ou accepté et de la durée globale des bénévoles sur place ;
  3. Les matériaux à acheter chez les grossistes de Beyrouth pour rendre habitables des logements insalubres et pour deux chantiers précis dans une école de Borj el Barajneh. Nous ne savons pas encore combien de logements pourront être réhabilités, ignorant à ce jour la durée globale de séjour des bénévoles. Nous estimons cependant pouvoir mettre en état cet automne cinq logements et nous établissons notre budget prévisionnel sur ce nombre, modifiable si évolution. Et les deux chantiers de l’école de Borj el Barajnej, aux devis plus faciles à établir.
  4. Les outils à louer sur place (poste à soudure et bouteilles, perceuses électriques, échelles, etc.)
  5. L’ensemble des frais annexes : voiturage aéroport-camps, achat de l’outillage manquant, du petit matériel, papeterie et bureautique, divers et imprévus.

Tous les bénévoles paieront leur nourriture et leurs frais personnels durant leur séjour.

Les adhérents et militants solidaires des réfugiés palestiniens, qui ne peuvent être bénévoles pour passer quelques semaines de travail là-bas, peuvent alors solliciter leurs amis et parents, leurs voisins et toutes les personnes susceptibles d’être concernées ou intéressées par ce projet devenu programme. Chacun/e peut ainsi participer activement, soit en mettant au pot commun, soit en finançant tout ou partie d’un des postes que nous allons détailler et que vous choisissez particulièrement.

En versant votre participation financière et indiquant que c’est pour le pot commun, vous participerez à payer l’ensemble des dépenses qui ne seront pas couvertes par les bénévoles eux-mêmes ni par des dons spécifiques. Vous  recevrez le reçu fiscal correspondant au montant de votre don, et vous serez tenus régulièrement au courant de l’avancement du programme de tous les chantiers et des formations professionnelles.

En versant votre participation financière tout en notifiant le poste précis que vous aurez choisi à partir de la liste de dépenses ci-dessous, vous financerez tout ou partie d’un chantier précis et de la formation professionnelle correspondante. Vous recevrez également le reçu fiscal correspondant au montant de votre don. Et nous nous engageons à vous faire parvenir par l’AFPS 14 ème-6ème, en plus du compte-rendu général de l’opération,  un compte-rendu et des photos vous permettant de comparer l’ « Avant » votre chantier, le « Pendant » votre chantier et la formation des stagiaires, et l’ « Après » la fin de votre chantier et de la formation.

Avec votre don, spécifiez donc « Pour le Pot commun » ou « Pour tel chantier ou telle utilisation précise ».

Nous détaillons maintenant les cinq postes de dépenses, pour vous permettre de faire votre choix.

1. Les voyages aériens

Actuellement, sur les 12 bénévoles inscrits, 6 se sont engagés à offrir à l’opération leurs vols Aller-Retour (environ 500 € par personne), l’AFPS s’engageant à payer les 6 autres A-R, soit environ 3000 €. Il va de soi que les noms n’ont pas à être diffusés. Les dépenses du poste « Voyages aériens» font donc partie du « Pot commun » auquel vous souhaitez peut-être participer.

2. Les hébergements

Dans la même proportion que pour les voyages avion, la moitié des bénévoles inscrits à ce jour ont décidé de payer eux-mêmes leurs hébergements durant leur séjour. D’autres bénévoles ne pouvant pas le faire, c’est l’AFPS qui réglera ce poste de dépenses. Nous ne connaîtrons précisément le nombre de nuitées à payer que lorsque tous les bénévoles auront pris leur billet d’avion, auront donc décidé de la durée de leur séjour. Mais une estimation de 5000 € restant à la charge de l’AFPS nous paraît proche de la réalité. Là encore, l’anonymat des bénévoles hébergés au compte de l’AFPS sera respecté. Leur travail bénévole sur place dans des conditions très difficiles, leur propre prise en charge de leur nourriture pour la durée du séjour, ainsi que de leurs frais annexes, est déjà très généreux. Le poste « Hébergements» fait donc partie au budget général et du « Pot commun » géré par l’AFPS.

3. L’achat des matériaux

Ce poste va être détaillé de façon beaucoup plus précise et n’entre donc plus dans la ligne « Pot Commun », sauf si notre appel à financements ne reçoit pas de réponses précisant l’emploi des dons. Vous allez pouvoir, ici, choisir le chantier précis que vous souhaitez financer soit en partie soit en totalité. La main d’œuvre étant offerte (par les bénévoles au travail et par les stagiaires en formation) les chantiers ne coûteront donc « que » le montant des matériaux nécessaires à leur réalisation et que nous achèterons sur place. Nous avons identifié deux chantiers à l’école « Najdeh » du camp de Borj el Barajneh, et estimé à 5 le nombre de logements insalubres que nous pourrions raisonnablement mettre en état habitable au camp de Chatila, tout en formant les volontaires stagiaires aux métiers du bâtiment. Ce qui ferait 7 chantiers au total. En vous les décrivant ici nous vous permettons de choisir celui ou ceux dont vous souhaitez la réalisation en la rendant possible par votre don. Votre don sera donc accompagné de la précision : « Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh » ou « Pour la réfection du mur de la cage d’escalier du camp de Borj el Barajneh », ou « Pour rendre habitable un logement insalubre du camp de Chatila ». Si deux financements se chevauchaient pour le même chantier, nous vous en aviserions immédiatement et vous pourrez modifier votre choix.

« Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh »

Le toit, d’un peu moins de 100 m2, de la salle du dernier étage du centre d’accueil des femmes du camp de Borj el Barajneh, géré par l’association « Najdeh », est fait de tôles métalliques (appelées ‘’zinco’’) absorbant la chaleur, posées directement sur les quatre murs, sans aération suffisante, ce qui rend l’utilisation de cette salle quasi impossible pour les 150 enfants qui fréquentent ce centre en soutien scolaire. Le traitement de ce chantier primordial fera en même temps un excellent cours pour les stagiaires en formation professionnelle. Nous aurons quelques tôles de ‘’zinco’’, rouillées et percées, à changer (cours sur la sécurité). Puis nous aurons à fixer sous ces tôles une couche épaisse et efficace d’isolant que nous recouvrirons d’un contreplaqué à peindre. Et nous percerons des trous d’aération en bas et en haut des murs, permettant une ventilation naturelle et économique (sans parler d’être aussi écologique), trous que nous protégerons par des grilles. L’achat des tôles, de l’isolant réflecteur (type Expert 70**, constitué de 17 éléments, trouvé à la « Plateforme du Bâtiment » à près de 20 € le m2), du contreplaqué, de la visserie et autres à côté, de la peinture, nous amène à estimer le coût de ce chantier à 3.000 €. Il nous sera facile, sur place, de réaliser le petit reportage « Avant », « Pendant » et « Après » que nous vous enverrons.

« Pour la réfection du mur de la cage d’escalier de l’école de Borj el Barajneh»

Dans cette même école ou plus exactement ce centre pour femmes du camp de Borj el Barajneh, un mur d’escalier est rongé par l’humidité. La responsable du centre, Mariama, tente de le faire enduire et repeindre tous les ans, et c’est tous les ans la même catastrophe, la peinture s’écaille et elle a honte de recevoir ici des femmes qui ont besoin d’un accueil plus adapté à leur moral en berne. Le traitement efficace de l’humidité nécessiterait des travaux extérieurs (impossible dans ce cas) ou d’empêcher les remontées humides par capillarité (autres travaux impossibles). Il ne nous reste qu’à recouvrir le mur de plaques de BA13 hydrofuge (sorte de placoplâtre) vissées sur tasseaux, et percées d’ouvertures d’aération naturelle en haut et en bas. Ces plaques hydrofuges pourront alors être peintes durablement. Nous avons estimé le coût des matériaux de ce chantier si utile à 500 €. Là encore, ce chantier servira d’excellente école de formation à la menuiserie pour les stagiaires en formation professionnelle. Là encore, reportage-photos facile des divers stades de réalisation du chantier-formation et des stagiaires y participant.

Et comme Mariama, dynamique et courageuse, refusant de se laisser gagner par le découragement, a eu confiance en nous, elle nous a montré d’autres « bricolages » à faire dans son centre-école et qu’elle espère que nous réaliserons : bricoler une fenêtre qui laisse passer la pluie dans une salle ; un lino qui s’est décollé et qui se coupe ; des étanchéités à revoir, etc. L’achat ici (chez Leroy-Merlin ou Castorama) pour être emmené dans la valise en soute, du matériel et petit outillage nécessaire à ces chantiers (pistolet à colle et colle à verre et métal, silicone et produits d’étanchéité, rouleaux d’adhésif pour lino, cutter et lames, petit outillage qui sera laissé aux stagiaires pour les inciter à s’en servir, par exemple une mallette d’outils vue à 55 € chez Lidl, etc.) mais aussi l’achat de matériel de sécurité pour travailler sur le toit (changement des tôles) et en hauteur (à la fenêtre), tels que casques de chantier, harnais de sécurité et cordages, etc. peuvent être estimés aussi au bas mot à 500€. Le libellé serait alors : « Divers travaux à Borj el Barajneh. Et achat des matériels de sécurité ».

« Pour rendre habitables des logements insalubres du camp de Chatila».

Dans le camp de Chatila, ce sont les fondateurs et animateurs de l’association « Rêves de Réfugiés », Sobhi, Othman, Tarek et Jalal, qui connaissent le mieux les personnes et familles les plus démunies, abandonnées, qui souffrent à vivre dans des taudis infects, Qui sont donc en priorité les gens à sauver de cette misère profonde. En fonction du nombre de bénévoles et de leur profil professionnel, et de la durée de leur séjour, nous pouvons aujourd’hui estimer à 5 le nombre de pièces-logements que nous pourrions rendre habitables tout en prenant le temps de former les stagiaires volontaires à la formation professionnelle. Là encore, le compte-rendu « Avant », « Pendant » et « Après » sera aisé pour nous à votre intention si, au lieu d’un don au « Pot commun » vous avez spécifié « réfection d’un logement de Chatila ».

La terre battue du sol, encrassée depuis 70 ans de camp, doit être remplacée par du carrelage (les plus pauvres, les veuves et les personnes âgées, les plus démunis, restent vivre à raz du sol des ruelles, dans les miasmes des égouts et des détritus, dans une pièce souvent sans fenêtre. Avec un peu d’argent, on peut aménager dans un étage, où la fenêtre laisse passer la lumière et un peu d’air moins puant). Donc couche de sable, chape de béton, ciment-colle et carrelage. Pose gratuite par les bénévoles et les stagiaires en apprentissage. Achat des matériaux pour 15-20 m2 de sol : environ 300 €.

Installation de l’arrivée d’eau dans le logement (au lieu d’aller la chercher au broc à la fontaine, même si l’eau de Chatila est calcaire et saumâtre), tuyaux en plastique (moins cher que le cuivre ou l’acier) à amener à un robinet d’évier, à un lavabo-douchette, à un W.C. avec chasse d’eau. Entre 300 et 450 € de matériel (évier, W.C., lavabo, douchette, tuyaux d’adduction).

Le raccordement au tout-à-l’égout dans la ruelle (un tout-à-l’égout très relatif, crevé à de multiples endroits), environ 100 €.

L’installation électrique du logement. Fils sécurisés, prises, interrupteurs, points d’éclairage. Compter 250 €.

La menuiserie pour une fenêtre et une porte : 350 €.

L’enduit des murs et du plafond (souvent infiltré d’eau de pluie, par manque d’étanchéité), les peintures. Achat plaques étanches, enduits, peintures : 450 à 500 €. Le coût des fournitures nécessaires à la réfection totale d’un logement insalubre est ainsi estimé à entre 1.500 et 1.900 €.

Nous espérons pouvoir en offrir au moins 5 aux plus démunis de Chatila le temps de notre présence dans le camp. Et en même temps former aux métiers du bâtiment, afin que ces rénovations puissent continuer après notre départ, le plus grand nombre possible de stagiaires, pour les aider à sortir du chômage et de la misère.

4. Les locations d’outils.

Nous serons obligés de louer sur place un poste à soudure et ses bouteilles, deux perceuses électriques, une ou deux échelles, une carrelette pour tailler les carrelages à la bonne dimension, etc. Acheter une ou deux pelles pour faire le ciment-colle, etc. Ce poste va avoisiner au total les 500 €. Mais peut être détaillé et correspondre à des dons d’un montant inférieur. Toutes les factures acquittées seront évidemment ramenées à l’AFPS et seront consultables par tout donateur. Les dons pour ce poste « Location d’outils » vont vraisemblablement, sauf décision d’une donatrice ou d’un donateur, faire partie du « Pot commun », du budget général.

5. L’ensemble des frais annexes mais nécessaires : le voiturage de l’aéroport aux camps lors de l’arrivée des bénévoles, et pour leur départ, l’achat de l’outillage manquant et de la visserie, les imprévus, la petite fête pour la remise des certificats ou diplômes aux stagiaires méritants que cette reconnaissance de leur volonté de s’en sortir pourra stimuler, etc. Là aussi, chaque dépense sera acquittée sur facture archivée ensuite à l’AFPS. Les dons spécifiques pour ce poste seront donc dûment justifiés. En cas de carence de dons spécifiques pour les frais annexes, ce poste sera assumé par le « Pot commun », le budget général.

Il restera un très gros chantier que les responsables de « Rêves de Réfugiés » avaient pointé comme primordial, essentiel, c’est celui de l’amélioration du réseau électrique, en particulier du gainage des fils électriques tapissant les ruelles du camp. Les électrocutions mortelles sont trop nombreuses pour que l’on ne s’en soucie pas et ne mettions pas fin à cette insécurité. Le profil des bénévoles inscrits à ce jour ne permet pas d’attaquer de façon efficace et significative cet énorme chantier. Mais nous avons rendez-vous le 15 septembre à Paris avec des représentants de l’association « Electriciens Sans Frontières », qui pourraient venir établir sur place pour réaliser une mission d’identification : diagnostic, estimation des coûts, étude de faisabilité. Nous en reparlerons donc plus tard.

Pour le moment, vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème
Boîte 52
22 rue Deparcieux
75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier ou pour telle ou telle utilisation.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez.

Mille mercis !

Avec toutes les amitiés de l’équipe !

Contact

 

Appel à bénévoles pour projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés de Chatila et de Borj el Barajneh

L’AFPS plaide et agit pour le retour légitime des Palestiniens sur une terre dont ils ont été chassés. Devant le blocage de la situation diplomatique et politique, et le maintien des réfugiés depuis 1948, dans des camps qui devaient être provisoires, l’AFPS souhaite, à court terme, et sans aucunement remettre en cause le droit au Retour, alléger les conditions souvent inhumaines et indignes dans lesquelles ils se débattent en 2016, près de 70 ans après la Naqba.

Or les réfugiés palestiniens des camps de Chatila et de Borj el Barajneh, à Beyrouth, lancent un appel à bénévoles pour les accompagner dans leur double initiative.

Projet

Avec leur association Rêves de Réfugiés, ils ont commencé à réhabiliter des logements insalubres et des ruelles du camp de Chatila (en particulier réseaux électriques qui présentent d’importants risques d’électrocution) afin d’améliorer leurs conditions de vie, quel que soit leur futur (retour ou enlisement pour encore longtemps). Et ils ont besoin de compagnons bénévoles connaissant les techniques et métiers du bâtiment pour mener à bien ces rénovations.

A l’occasion de ces chantiers de rénovation des bâtiments, de voirie et de réseaux, ils demandent qu’on les aide à se former professionnellement aux métiers de la vie de tous les jours. Cette formation professionnelle assurée par les bénévoles a pour but d’aider les jeunes Palestiniens à sortir du chômage, donc de la misère et de la dépendance aux organismes internationaux et à Israël (plus tard, nous envisagerons des activités analogues en Cisjordanie.

Yann Renoult - Wostok Press

Yann Renoult – Wostok Press

Dangers et insalubrité existent également au camp de Borj el Barajneh, où l’amélioration indispensable d’une école de 150 élèves a été identifiée avec Najdeh, association d’aide sociale aux femmes réfugiées palestiniennes. Cette association a également exprimé le souhait d’un appui à la formation professionnelle pour femmes.

Profil des bénévoles

Professionnels du bâtiment (maçons, carreleurs, électriciens, plombiers, peintres, menuisiers, etc.) ou excellents bricoleurs, même retraités, passionnés de rénovation. Les bénévoles auront à former professionnellement les jeunes du camp à ces métiers de façon à leur permettre d’entrer dans le marché du travail (au camp, au Liban ou à l’étranger) voire de se mettre à leur compte, et de gagner leur vie.

Les bénévoles peuvent être des adhérents de l’AFPS, des membres d’organisations partenaires, des sympathisants, des personnes voulant agir en faveur des Palestiniens, et toute personne, quel que soit son âge, voulant participer activement à ces chantiers, à ces formations professionnelles..

Est possible un séjour seul, en couple, ou à deux ou trois copains/copines, ce qui peut rendre le séjour très agréable et votre action à Chatila tout aussi efficace.

Pas seulement les hommes ! En parallèle aux chantiers qui formeront aux divers métiers du bâtiment, vous pourriez, mesdames qui possédez des connaissances professionnelles en divers domaines, les transmettre aux jeunes femmes des camps de Chatila et de Borj el Barajneh afin de les aider à sortir du chômage et de la misère. Venez en couple ou bien à deux ou trois copines et nous organiserons des stages pour la formation professionnelle féminine dans les camps. Quelques souhaits de formation ont été exprimés : coiffure, manucure, esthétique, hygiène personnelle et collective, restauration, décoration, lutte contre la violence, soutien psychologique, etc. Ces activités seront menées principalement avec l’association Najdeh.

Opérations de formation professionnelle

Les opérations de formation professionnelle (travaux de réhabilitation de bâtiments et d’infrastructures, réseaux électriques, formation aux métiers féminins, etc.) seront définies conjointement avec les représentants des associations partenaires et avec le représentant de l’AFPS. Les matériaux et outillages nécessaires aux opérations seront fournis par l’AFPS et les associations partenaires. La réussite de chaque opération fera l’objet d’une évaluation. Elle ne se limitera pas à la bonne réalisation des travaux envisagés mais privilégiera la réussite de la formation professionnelle.

Dates

Entre la mi-septembre et la mi-novembre 2016, pour une première phase du projet. Une semaine, deux semaines… La durée que vous pouvez et que vous voulez ! Nous organiserons les stages en fonction des disponibilités que vous nous aurez précisées. Profitez de cette souplesse pour vous engager !

Organisation

Le groupe local de l’AFPS Paris 14ème-6ème pilote cette action. Un militant français de l’AFPS sera présent à Chatila de la mi-septembre à la mi-novembre afin d’accueillir les bénévoles à leur arrivée à l’aéroport, les installer dans les hébergements proposés par l’association Najdeh, leur donner toutes les indications concernant leur séjour et leur implication, et leur assurer les meilleures conditions de séjour. Les coordonnées de ce permanent (adresse mail et téléphone) seront communiquées aux bénévoles à la suite de leur inscription.

Il est envisagé en principe que les volontaires organisent eux-mêmes et prennent en charge leur voyage. Notre groupe local prendra en charge, si nécessaire, tout ou partie des frais de logement. Pour toute question ou suggestion relative au voyage et à l’hébergement, merci de nous contacter.

Présentation du contexte

Nous avons élaboré un cahier de présentation du Liban et de Beyrouth (historique et généralités), du camp de Chatila, de l’association locale à l’initiative des stages, des travaux à réaliser et des formations conjointes, des sites historiques et touristiques libanais à visiter hors des jours de travail (avant ou après la mission), des conditions de séjour (visa, argent, téléphone, avions, hébergements, etc.). Ce cahier « Chatila pratique » vous sera envoyé en fichier par mail sur simple demande.

Nous pouvons vous transmettre le compte rendu de la mission d’identification du projet qui a été réalisée du 25 mai au 1er juin et nous nous tenons à votre disposition pour toute information complémentaire.

Pour vous inscrire

Envoyez-nous par mail un bref document mentionnant vos nom et prénoms, votre âge et vos coordonnées (adresse postale, adresse mail, téléphone) et présentant brièvement votre expérience professionnelle, vos compétences, techniques ou pédagogiques, en rapport avec le projet, les précisions que vous souhaiteriez donner sur vos motivations, en nous signalant les remarques ou interrogations particulières que vous souhaiteriez formuler. Nous vous contacterons.

Contributions financières et diverses

Celles et ceux qui ne peuvent pas faire le voyage cet automne ou qui ne se sentiraient de vocation de formateurs bénévoles peuvent cependant participer au soutien aux réfugiés palestiniens et à nos partenaires, de multiples manières, en prenant des contacts utiles pour l’organisation et le développement du projet et pour le renforcement des partenariats, en diffusant l’appel à bénévoles et en recherchant des candidats, en participant aux diverses activités répondant à des demandes de nos partenaires, en se rendant sur place pour prendre connaissance de la situation des réfugiés et de l’action des associations partenaires, apporter un soutien aux équipes, et apprécier les réalisations du projet et l’impact des opérations de formation.

Ils peuvent aussi contribuer au financement des opérations de formation ou d’autres actions de solidarité qui seront proposées (parrainages en particulier). Un reçu fiscal correspondant sera envoyé. Vous serez informés du déroulement des opérations et des résultats obtenus.

 

Contacts :

Groupe local AFPS Paris 14ème-6ème

Boîte 52 – Maison des Associations du 14ème
22 rue Deparcieux – 75014 Paris

E-mail : afps.paris14.6@gmail.com

Contre la présence provocatrice d’Israël au Salon Eurosatory du 13 au 17 juin

Le Salon international de défense et de sécurité Eurosatory se tiendra du 13 au 17 juin à Villepinte. Le précédent salon, marqué par une présence israélienne massive, s’était tenu en juin 2014, quelques jours avant le début de l’agression contre Gaza.

Le site de la Chambre de commerce France-Israël indique :

« Les meilleurs Officiers et Généraux de Tsahal vont assister au Salon Eurosatory 2016 qui ouvrira ses portes en Juin. Ce salon mondial de la Défense et de la Sécurité terrestres et aéroterrestres donne une place très importante au savoir-faire technologique israélien. Des exposants de nombreux pays, dont Israël, donnent rendez-vous aux visiteurs.

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Au programme, des démonstrations dynamiques de robots et de drones en évolution, des simulations, des débats pour confronter la doctrine, les choix technologiques et l’occasion aussi de découvrir réunies en en même lieu l’ensemble des innovations technologiques en matière de médecine opérationnelle, cyber sécurité, vidéo protection, vision de jour et de nuit, sous-traitance de haute technologie, électronique embarquée ».

Ce « savoir-faire technologique israélien » est largement testé sur le terrain contre les Palestiniens, ce qui constitue pour les marchands d’armes un puissant argument de vente.

Le site mentionne SIBAT, Direction de la coopération internationale du Ministère israélien de la Défense, et sept entreprises israéliennes mais la vidéo de présentation de SIBAT à Eurosatory  parle de plus de trente entreprises israéliennes, coordonnées par le Ministère de la défense. Le Ministère de la défense, dont le chef est désormais le raciste ultranationaliste Avigdor Liberman, est chargé en particulier de l’administration des territoires occupés, c’est-à-dire de l’appui à la colonisation et de la répression du peuple palestinien.

L’AFPS refuse et condamne toute coopération avec l’appareil militaro-sécuritaire israélien. Elle demande au gouvernement français, aux organismes publics et aux sociétés privées françaises d’y mettre fin, tant qu’Israël ne se conformera pas au droit international. Elle leur demande de ne pas se rendre complice des crimes exercés contre le peuple palestinien, notamment par l’expérimentation contre ce peuple de nouvelles armes mortifères. Et dans un premier temps, elle demande que soit annulée la participation à Eurosatory de tous les acteurs publics et privés israéliens qui participent à cette politique criminelle.

Le Bureau national de l’AFPS

1er juin 2016


Pour en savoir plus sur le système militaro-industriel israélien, voir The Lab ou cette longue présentation du film :

L’Europe doit suspendre l’accord d’association avec Israël !

Seule la fin de l’occupation militaire et de la colonisation du territoire palestinien par Israël ouvrira la voie à l’effectivité de l’État de Palestine. Créant les conditions de la fin du conflit, elle permettra d’assurer aux sociétés israélienne et palestinienne la sécurité et la paix auxquelles elles aspirent.

Israël refuse catégoriquement le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et l’État de Palestine. L’État d’Israël est le seul État membre de l’ONU qui refuse de fixer ses frontières. Il gagne du temps pour créer des faits accomplis sur le terrain par des mesures dilatoires telles que « le dialogue bilatéral » entre l’occupant puissant et reconnu et l’occupé totalement dépendant de l’occupant.

Les objectifs de la fin de l’occupation, voire du seul arrêt de la colonisation du territoire palestinien ne peuvent être atteints par de simples condamnations formelles qu’Israël méprise car il sait qu’elles seront sans conséquences concrètes.

Il faut mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, par de vraies sanctions des États et de la communauté internationale.

L’Europe, premier partenaire économique d’Israël, dispose d’un moyen de pression :

l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

(Accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et l’État d’Israël, signé le 20 novembre 1995, entré en vigueur le 1er juin 2000, publié le 20 juin 2000)

Cet accord vise le développement du libre échange, le renforcement de la coopération et l’instauration d’un dialogue politique entre les parties. Il permet aux produits israéliens (à l’exclusion de ceux produits dans les colonies en Palestine) de pénétrer sur le marché européen à un tarif douanier préférentiel.

Les considérants et l’article 2 de l’accord précisent qu’il est fondé sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques. Or l’État d’Israël viole les droits des Palestiniens et les principes démocratiques en ce qui les concerne, pratique la colonisation, qui constitue un crime de guerre, viole la Charte de l’ONU et les résolutions de l’ONU concernant la Palestine et les Palestiniens. Il viole également des clauses commerciales de l’accord en faisant passer les produits des colonies comme des produits « Made in Israël ».

Nous demandons à la France et à l’Union européenne de suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël tant qu’Israël poursuivra la colonisation et l’occupation de la Palestine.


Rapport FMEP 2013

Rapport FMEP 2013

Occupation : pas d’accord !

Le territoire palestinien est occupé militairement par Israël depuis juin 1967. Selon l’ONU, ce territoire est composé de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-est, et de la bande de Gaza, délimités dans les accords d’armistice après la guerre israélo-arabe de 1948-1949 par ce que l’on appelle la « Ligne verte ». Le 29 novembre 2012, l’Assemblée générale de l’ONU, à une écrasante majorité de ses membres (138 voix pour dont la France et 9 contre), a reconnu l’État de Palestine dans ces frontières. De plus, 137 États ont déjà fait des gestes de reconnaissance de l’État de façon bilatérale (mais pas encore la France).  Cet État de Palestine n’est pour le moment admis à l’Assemblée générale que comme membre « observateur ». Il peut prendre part aux débats mais ne vote pas. Notons aussi que l’État de Palestine est membre de la Cour Pénale internationale depuis avril 2015 et de l’Unesco depuis octobre 2011 et qu’il a signé plusieurs conventions internationales, par exemple la convention de Genève de 1949 sur les prisonniers de guerre en avril 2014, la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques en mars 2016.

Cependant, Israël poursuit la colonisation à marche forcée du territoire palestinien au mépris de toutes les condamnations de la communauté internationale, du droit international, notamment la convention de Genève sur la protection des populations civiles. Cela pour empêcher à tout prix l’effectivité de l’État de Palestine. Cette situation est une menace pour la paix mondiale.

Il faut mettre fin à l’impunité d’Israël.

Après l’échec de toutes les négociations bilatérales depuis 22 ans (accords d’Oslo), la communauté internationale (Etats et société civile) a pris conscience de la nécessité d’imposer de l’extérieur une pression suffisante sur Israël, pour le contraindre respecter les résolutions de l’ONU.

Il faut privilégier le droit et l’action non-violente.

C’est ce que réclame le mouvement mondial des sociétés civiles « boycott, désinvestissement, sanctions – BDS ». Pour isoler politiquement Israël et déboucher sur des pressions contraignantes tant qu’il colonise un territoire qui appartient à un autre État, il faut des sanctions économiques. L’Union européenne a signé en 1995 un accord d’association avec l’État d’Israël, entré en vigueur en juin 2000. La sanction la plus  efficace et la plus simple à mettre en œuvre car elle résulterait de l’application de l’accord lui-même est

la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

En effet, le préambule de l’accord rappelle les engagements politiques des signataires dont le respect des « principes de la charte des Nations unies, en particulier le respect des droits de l’Homme et de la démocratie, qui constituent le fondement même de l’association ».

Or, plusieurs clauses de l’accord sont violées par la partie israélienne. Ces violations constituent également une violation plus générale des principes de la Charte des Nations unies, de la IVe convention de Genève sur la protection des populations civiles en temps de guerre, qui impose un traitement discriminé entre combattants et non-combattants., etc. Suivant l’article 2 de l’accord, « les relations entre les parties, ainsi que toutes les dispositions de l’accord lui-même se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques qui (…) constitue un élément essentiel de cet accord ». Israël viole systématiquement les droits de l’Homme dans les Territoires occupés : usage disproportionné de la force, sanctions collectives, destructions de maisons, arrestations et détentions arbitraires, assassinats politiques ou exécutions extra-judiciaires, etc.

D’autre part, Israël viole des clauses commerciales de l’accord d’association en particulier la règle d’origine. Le Protocole 4 de l’accord « concernant la définition du concept de « produit d’origine » et les méthodes de coopération administrative », prévoit que le traitement préférentiel est accordé aux produits provenant des territoires des parties, excluant ainsi les produits provenant en tout ou pour une grande part des territoires occupés. Israël fait entrer dans l’UE sous la mention « Made in Israël » de nombreuses marchandises produites dans des colonies en Palestine.

L’Europe doit suspendre l’accord d’association avec Israël !

Festival Ciné-Palestine du 23 mai au 5 juin (Paris, Saint-Denis et Aubervilliers)

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Suite au succès de la première édition, la deuxième édition du Festival Ciné-Palestine (FCP) se tiendra du 23 mai au 5 juin, à Paris (Institut du monde arabe, cinéma Le Luminor Hôtel de ville) la première semaine, puis à Saint-Denis (université Paris 8) et Aubervilliers (cinéma Le Studio). Deux séances exceptionnelles se tiendront à l’Institut du monde arabe : la soirée d’ouverture du 23 mai, organisée en collaboration avec JHR films et Les Films d’ici, avec la projection de 3000 Nuits de Mai Masri en avant-première parisienne, et la séance du 30 mai avec The Idol de Hany Abu-Assad, pour une exclusivité du FCP, avec la seule et unique projection en salles, en France.

En proposant une programmation de qualité et en développant un important travail de communication, ce Festival entend promouvoir la richesse de l’œuvre cinématographique palestinienne et soutenir une nouvelle génération d’artistes qui fait preuve d’une créativité foisonnante.

Pour réserver vos places dès maintenant : http://festivalpalestine.paris/fr/projections

Soutenir le festival

La violence des colons israéliens, bras armé de l’expansion des colonies en Cisjordanie – Mardi 24 mai

© AFP/Jaafar Ashtiyeh

© AFP/Jaafar Ashtiyeh

Réunion publique organisée par les groupes locaux AFPS Paris Centre, AFPS  Paris 14-6, AFPS Paris Sud, le CJPP5 et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine 

Avec :

Nasser Dawabsheh, oncle du bébé tué avec ses parents à Duma pendant son sommeil par des colons israéliens dans l’incendie criminel de leur maison, témoignera du quotidien de dizaines de villages de Cisjordanie menacés par les « avant-postes », l’impunité des colons, la répétition des attaques.

Médecins du Monde et Première urgence internationale présenteront les conséquences de la violence des colons sur la santé mentale et sur les conditions de vie des Palestiniens, ainsi que leur travail de terrain pour les atténuer.

Médecins du Monde et Première urgence internationale exposeront aussi le lien entre la violence des colons et l’expansion des colonies, et discuteront des actions possibles des Etats tiers, en particulier de la France.

Mardi 24 mai à 20 heures
au FIAP, salle Lisbonne – 34, rue Cabanis 75014 Paris

Inscription souhaitée : afps.pariscentre@gmail.com

Entrée gratuite. Une participation aux frais sera appréciée.

Compte-rendu de la réunion

« Pour verrouiller l’avenir : détruire les enfants » par Monique Cerisier ben Guiga

 L’armée d’occupation israélienne en Palestine professe que « la résistance s’estompera quand les Palestiniens auront compris que toute résistance est inutile ». Pour cela, disent les officiers à leurs soldats, il faut leur « brûler l’âme », « marquer les consciences », « faire payer le prix », « empiler les corps », mener des opérations de « harcèlement » ou de « perturbation du quotidien » : arrestations de masse, opérations de nuit dans les villages, perquisitions-dévastation des maisons, arrestations d’enfants, dès 7 ans, à Jérusalem-Est.

Dans cette logique, en effet, les enfants  sont des cibles privilégiées de la répression : il faut briser une partie d’entre eux,  le plus tôt possible, et ainsi intimider les autres. Chaque année, 700 enfants de 12 à 18 ans sont incarcérés en Israël. Leur âge moyen est de 15 ans et la durée moyenne d’incarcération est de 147 jours. En 2015, plus d’enfants ont été soumis à cette violence puisque 860 l’ont été pour la seule Jérusalem, dont 105 âgés de moins de 12 ans.

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L’UNICEF a dénoncé les mauvais traitements infligés à ces enfants. Ils  comprennent « l’arrestation d’enfants chez eux entre minuit et 5h par des soldats lourdement armés, le fait de bander les yeux des enfants et de leur lier les mains par des attaches en plastique », selon le rapport, qui cite également « les aveux forcés, l’absence d’accès à un avocat ou à des membres de la famille pendant l’interrogatoire ». Ils sont isolés, intimidés et selon l’UNICEF, victimes de traitements dégradants : nourriture pourrie, nuits à même le ciment, couverture crasseuse, passages à tabac, attaques par des chiens, viols.

En 2013 l’agence de l’ONU appelait Israël à « faire de l’intérêt de l’enfant une considération primordiale », à s’assurer que les mineurs arrêtés et leur famille soient informés des motifs de leur détention ainsi que de leurs droits dans leur langue, c’est-à-dire en arabe. Elle exhortait en outre à limiter au strict nécessaire les arrestations nocturnes des mineurs et le fait de les attacher.

Israël a prétendu prendre en considération ces recommandations. Trois ans plus tard, les faits prouvent qu’il n’en est rien. Dans un article publié le 25 décembre 2015 dans le Middle East Monitor, la psychiatre palestinienne Samia Jabr rapporte que « 90% des mineurs incarcérés ont été exposés à des expériences traumatisantes et que 65% d’entre eux ont développé des troubles psychiatriques ». Elle estime que « les arrestations et incarcérations d’enfants sont « une agression contre le corps, la personnalité, le système de valeurs, les espoirs et les rêves des jeunes Palestiniens ». « Leurs parents sont dévalorisés » car ils ont assisté impuissants à leur arrestation et se sentent coupables. Ces enfants ont perdu confiance en leurs amis et voisins. Beaucoup sont incapables de reprendre leur scolarité ou de travailler.

Le film « Derrière les Fronts » qui est actuellement en préparation retracera les chroniques écrites par  Samia Jabr et permettra de faire prendre conscience de ces réalités à un public élargi.

Avec Samia Jabr, dénonçons avec force le fait que « le processus d’arrestation des enfants cible l’avenir de la nation palestinienne ».

Le lien Hezbollah – Palestine : un attachement méfiant – Conférence débat avec Didier Leroy

BEI014_whL’exposé de Didier Leroy, chercheur à l’Ecole royale militaire de Belgique et assistant à l’Université libre de Bruxelles, a été accompagné de la projection de diverses diapositives.

Deux livres de Didier Leroy ont été mis à la disposition des participants : « Hezbollah, la résilience islamique au Liban » et « Le Hezbollah libanais, de la révolution iranienne à la guerre syrienne » (L’Harmattan).

Didier Leroy rappelle qu’il connaît mieux le Liban que la Palestine. Il a effectué un premier voyage en Israël et en Palestine en novembre 2015.

La première diapositive de la présentation de Didier Leroy montre une manifestation à Beyrouth pour Al-Yaum Al-Quds (« Le Jour de Jérusalem ») figurant simultanément les drapeaux libanais, palestinien et du Hezbollah. Certaines photos de Hassan Nasrallah montre une imagerie palestinienne et non iranienne.

« Le phénomène Hezbollah »

Didier Leroy indique qu’on assiste au choc de deux discours : celui du terrorisme du Hezbollah, en Israël et aux Etats-Unis, également répandu en Europe, et celui de la résistance, construit par le Hezbollah, repris par ses alliés régionaux, en Syrie et en Iran, et par « la rue arabe », sachant toutefois que le Hezbollah y est bien moins populaire aujourd’hui qu’à l’été 2006. Dans une approche scientifique, il faut dépasser ces deux discours.

Didier Leroy projette une photo d’une manifestation massive, « le rallye de la victoire », qui a rassemblé dans la banlieue méridionale de Beyrouth un million de partisans (sur une population totale du Liban de 4 millions d’habitants), ce qui montre que le Hezbollah est bien plus qu’un mouvement religieux ou sectaire.

Le Hezbollah constitue une forme d’Islam politique, plus précisément de l’islamisme chiite, issu de la Révolution islamique iranienne, caractérisé par la fusion des pouvoirs politique et religieux.

L’idéologie du Hezbollah s’est élaborée en trois phases

  • de 1978 à 1985, un « proto-Hezbollah », surtout religieux ;
  • de 1985 à 1992, l’affirmation d’une idéologie plus politique, à la suite de la « lettre ouverte aux opprimés » de février 1985, qui marque la création du Hezbollah, dans le contexte de la guerre civile ;
  • de 1992 à 2013, la présentation d’un programme politique du Hezbollah et participation aux activités parlementaires (L’année 1992 est marquée par les premières élections après les accords de Taef de 1989).

2013 est l’année du premier engagement militaire au delà des frontières du Liban, en Syrie : pour le Hezbollah, la survie du régime de Bachar al-Assad est une question de vie ou de mort.

Didier Leroy présente « l’arborisation structurelle » du Hezbollah, son infiltration à tous les niveaux de la société :

  • « poids lourd » militaire, dont la puissance est supérieure à celle des Forces armées libanaises ;
  • parti politique le plus influent au Liban ;
  • premier fournisseur d’aides sociales ;
  • champion de la communication, grâce à divers médias, dont le plus connu est la chaîne de télévision Al-Manar ;
  • autarcie financière (du moins en période de paix, car l’aide iranienne reste primordiale en situation de conflit).

En termes de communication, Didier Leroy évoque le Musée de la Résistance de Mlita, installé dans l’ancienne prison israélienne de Khiam et le « Jihad Tour » (aménagement touristique de l’ancienne base militaire de Mlita, au Sud-Liban).

Le Hezbollah et Israël

Le Hezbollah s’est créé en réaction à l’occupation du Sud-Liban par Israël. Cette région, surnommée à l’origine le « Fatahland », avait souffert non seulement des incursions israéliennes mais aussi d’exactions palestiniennes.

Le Hezbollah succède au mouvement (ou milice) Amal, acronyme arabe de « Détachements de la résistance libanaise », créé en 1974 par Moussa Al-Sadr.

Le Hezbollah, contrairement à Amal, s’est caractérisé par son refus de toute compromission envers Israël, occupant du Sud-Liban. Cette opposition a donné lieu à des affrontements pendant plusieurs années dans la plaine de la Bekaa, dans le sud de Beyrouth et au Sud-Liban (mais Amal est aujourd’hui allié du Hezbollah). Le Hezbollah maintient un discours résolument antisioniste.

Après la stabilisation de la situation, le Hezbollah concentre ses moyens militaires contre Israël et non plus contre des ennemis intérieurs. En 1982, la création de la composante militaire du Hezbollah a bénéficié de l’appui de 2.000 pasdarans iraniens. L’effort de guerre se porte sur le front sud et connaît des développements spectaculaires pendant la période 1990-2008. Le point culminant en a été la guerre de l’été 2006. La popularité du Hezbollah à cette époque fait de Hassan Nasrallah le nouveau Zaïm du monde arabe. En 2015, le Hezbollah disposerait de 20.000 combattants « de carrière » et de 50.000 roquettes.

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La relation Hezbollah-Palestine

Didier Leroy rappelle que des militants du Hezbollah sont passés par des camps de l’OLP entre 1978 et 1982 et que le Hezbollah a combattu aux côtés du Fatah lors des affrontements avec Amal.

Le Hezbollah partage avec les Palestiniens le thème de la lutte contre l’occupation et affirmé son soutien à la cause palestinienne lors des deux Intifadas.

Pendant la période de la première Intifada, de 1987 à 1993, après l’accord de Taef de fin 1989, le Hezbollah a bénéficié d’un statut privilégié et a pu conserver son arsenal. Il a conservé une position de force pour gérer une cohabitation parfois difficile avec les douze camps palestiniens au Liban. Il a établi un monopole de la résistance au sud, argument pour conserver son arsenal, mais qui supposait de neutraliser les Palestiniens dans cette zone.

Didier Leroy rappelle l’interdiction d’accès de l’armée libanaise aux camps palestiniens, à l’exception des combats autour et dans le camp de Nahr El-Bared en 2007, à la suite de braquages et d’attaques de l’armée libanaise par le groupe takfiriste Fatah – Al Islam.

Pendant la période de la deuxième Intifada de 2000 à 2005, le retrait israélien du Sud-Liban, en mai 2000, a été considéré comme une victoire par le Hezbollah, qui se présente comme modèle de résistance. Le rôle de la chaîne de télévision Al-Manar s’affirme alors dans la « martyrologie ».

Si la Hezbollah affirme avoir des relations cordiales avec toutes les factions palestiniennes, il entretient cependant des liens privilégiés avec « la résistance », en particulier le Hamas et le FPLP-CG, et donc théoriquement moins avec le Fatah. La solidarité militaire avec la Palestine est illustrée par la similitude entre les conditions des assassinats de Cheikh Yassine et de Abbas Al-Mussawi, l’arrestation de membres du Hezbollah en Egypte en 2009 et la construction de tunnels offensifs à Gaza, selon une tactique analogue à celle du Hezbollah au Sud-Liban.

Le lien entre le Hezbollah et la Palestine est réel mais doit être nuancé : alignement idéologique,  soutien à l’extérieur mais des difficultés à l’intérieur du Liban, où le Hezbollah essaye de contenir les Palestiniens.

Concernant le Hamas, Didier Leroy parle aujourd’hui d’un « maillon faible de l’axe de la résistance ». L’assassinat de Imad Mughniyeh à Damas en février 2008 a parfois été attribué à des fuites de renseignements par des Palestiniens du Hamas. Certains Palestiniens du Liban souffrent d’une réputation de corruptibilité. La proximité géographique face à Israël renforce la notion de résistance mais la « démographie confessionnelle », avec 400.000 réfugiés palestiniens sunnites et de nombreux réfugiés syriens également sunnites en majorité, complique la situation.

La relation entre le Hezbollah et la Palestine continuera de fluctuer en fonction des développements du contexte régional. On note de ce point de vue le pari raté du Hamas en Syrie. Le Hamas avait senti son heure venir et pris position contre le régime de Bachar Al-Assad.

Didier Leroy fait état d’interrogations sur la présence du Hezbollah à Gaza, par l’intermédiaire de l’organisation Al Sabirin (les persévérants), dont l’emblème est très proche de celui du Hezbollah.

 

Débat

Une adhérente pose la question de la situation des Palestiniens de Syrie.

Gérard Larose, qui était alors en Jordanie, évoque le lien apparent entre le déclenchement de la guerre de l’été 2006 et les attaques israéliennes menées à l’époque contre Gaza depuis plusieurs semaines. Didier Leroy indique que l’événement déclenchant de la guerre de 2006 a été l’opportunité d’une opération destinée à capturer des prisonniers israéliens en vue d’un échange ultérieur et estime qu’il s’agit d’une concomitance et non d’un élément de solidarité militaire. Un adhérent estime qu’il a pu s’agir d’un prétexte des Israéliens pour attaquer le Liban. Didier Leroy rappelle que l’opération était baptisée  « Promesse tenue » par le Hezbollah.

Une adhérente rappelle le grand nombre de prisonniers palestiniens.

Didier Leroy rappelle l’argumentaire du Hezbollah pour conserver les armes :

  • récupérer les terres encore occupées (encore trois zones contestées) ;
  • obtenir la libération des prisonniers (seulement trois ou quatre libanais…) ;
  • obtenir des garanties de la communauté internationale quant au respect de la souveraineté territoriale du Liban.

Il estime que 95 % des chiites libanais sont acquis à la résistance à Israël,  5 % étant favorables à la paix avec Israël ou contestant des aspects jugés mafieux du Hezbollah. Il indique que les sunnites sont hostiles à Israël mais également au Hezbollah ». Le « Courant du Futur », dominé par la famille Hariri et bénéficiant du soutien de l’Arabie saoudite, est particulièrement hostile au Hezbollah. La position officielle de l’armée libanaise est le « soutien à la résistance » mais il existe dans cette armée une fracture réelle correspondant à un partage des opinions par moitiés.

Bernard Ravenel, qui était au Liban en 2006, estime que le soutien du Mouvement national libanais à la cause palestinienne était surtout formel. Il indique qu’il n’y a plus de véritable stratégie nationale palestinienne ni de lien géopolitique. Il souligne que la résistance palestinienne n’est plus une résistance armée. Il évoque des « partis rentiers », dépendant d’aides extérieures (l’Europe et les Etats-Unis pour le Fatah, mais aussi le Hamas, avec des sources de financement variables) et des rapports aujourd’hui distants entre Palestine et Hezbollah.

Il demande si la question du Hezbollah a été discutée lors des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis. Didier Leroy estime qu’« il faudrait être dans le secret des dieux » pour le savoir mais pense que le sujet a dû être soigneusement évité. Il souligne cependant que les Etats-Unis ont accentué les pressions sur les transactions bancaires et ne pardonneront jamais au Hezbollah ses attentats anti-américains pendant la guerre civile.

Didier Leroy évoque un débat au sein de l’Union européenne sur le blacklisting de la branche armée Hezbollah en 2013. Malgré une position d’hostilité au blacklisting, celui-ci a pourtant été décidé deux semaines après, le 22 juillet 2013. Il s’agit manifestement du résultat d’un troc, d’un lobbying américain.

Un participant demande quelle est l’attitude du Hezbollah envers les mouvements laïcs marxisants. Didier Leroy estime que le Hezbollah n’est pas aussi religieux qu’il le paraît, sachant que le contexte institutionnel fait que tout le monde est religieux au Liban. Il est plus résistant qu’islamiste et inclut d’anciens marxistes. Il indique avoir assisté à des soirées au whisky. Pour le Hezbollah, tout ce qui est résistant est licite. Il évoque les gadgets peu islamiques diffusés pour célébrer la victoire de 2006.

Un participant pose la question de l’action du Hezbollah en Syrie. Didier Leroy indique que le Hezbollah est maintenant engagé militairement depuis trois ans. D’abord confiant et surtout motivé par la protection de villages chiites ou de mausolées chiites. La situation a évolué en 2013 avec la bataille de Qousseir, qui a suscité une crainte de l’encerclement par un « croissant takfiriste ». Le Hezbollah dispose aujourd’hui de plusieurs milliers de combattants en Syrie, ce pays constituant aussi une zone de repli et de stockage d’armes. Il souligne que le dispositif anti-israélien est cependant maintenu. Didier Leroy indique que le Hezbollah est également présent également en Irak et au Yémen et assume ouvertement une stature régionale.

Une adhérente pose la question des relations avec l’Iran en Syrie. Didier Leroy indique qu’il n’y a pas de troupes iraniennes en Syrie mais des conseillers de haut niveau. Il y a eu en revanche des miliciens chiites irakiens mais qui sont repartis après la prise de Mossoul par l’Etat islamique.

Un adhérent pose la question de la fourniture d’armes par la Russie. Didier Leroy précise que la stratégie du régime syrien est de maintenir la liaison entre le littoral alaouite et Damas, sur une bande de territoire entourant le Liban, ce qui est également important pour le Hezbollah et pour la Russie, en raison de sa présence navale sur le littoral syrien, qu’elle fera tout pour maintenir.

Laurent de Wangen rappelle que la résistance à Daech est généralement perçue comme principalement kurde et estime que le Hezbollah est également l’une des principales forces qui s’opposent à Daech.

Il revient sur l’antagonisme entre le Hezbollah et le Hamas et pose la question de l’apparition de divisions à l’intérieur du Hamas.

Didier Leroy souligne un sérieux problème du blacklisting : tous les partenaires locaux de la lutte contre Daech sont considérés comme des terroristes.

Il indique que les « Forces du 8 mars » soutiennent évidemment l’appui du Hezbollah au régime syrien et que les « Forces du 14 mars » y sont officiellement opposées mais que sa base éprouve du soulagement à l’égard de l’intervention du Hezbollah, face à la réalité de la menace de Daech, ce qui aboutit à un consensus tacite.

Il indique que Khaled Mechaal reste persona non grata quelle que soit l’évolution ultérieure des relations entre le Hamas et le Hezbollah.