Suspension de l’accord d’association de l’Union européenne avec l’État d’Israël

petitions

Occupation : pas d’accord !

Le Conseil de sécurité de l’ONU, dans sa résolution 2334 du 23 décembre 2016, « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, (…) »
« (…) Demande l’adoption immédiate de mesures énergiques afin d’inverser les tendances négatives sur le terrain, qui mettent en péril la solution des deux États ; (…) »
« Décide de demeurer saisi de la question. »
De simples condamnations formelles sans conséquences concrètes ne pourront aboutir à la fin de l’occupation ni même à l’arrêt de la colonisation.

Il faut mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, par de vraies sanctions !

Nous demandons que l’Union européenne suspende son accord d’association avec Israël tant que ce pays poursuivra la colonisation et l’occupation de la Palestine.

(Accord euro- méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et l’État d’Israël, signé le 20 novembre 1995, entré en vigueur le 1er juin 2000, publié le 20 juin 2000)
Cet accord vise le développement du libre échange, le renforcement de la coopération et l’instauration d’un dialogue politique entre les parties. Il permet aux produits israéliens (à l’exclusion de ceux produits dans les colonies en Palestine) de pénétrer sur le marché européen à un tarif douanier préférentiel.
Les considérants et l’article 2 de l’accord précisent qu’il est fondé sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques. Or l’État d’Israël viole les droits des Palestiniens et les principes démocratiques en ce qui les concerne, pratique la colonisation, qui constitue un crime de guerre, viole la Charte de l’ONU et les résolutions sur la Palestine et les Palestiniens. Il viole des clauses commerciales de l’accord en faisant passer les produits des colonies comme des produits « Made in Israël ».

Depuis le 16 novembre 2016, une campagne nationale lancée par plusieurs dizaines d’associations françaises dont la nôtre, demande à l’Union européenne sa suspension,

et une pétition est à signer : http://www.france-palestine.org/Campagne-pour-la-suspension-de-l-Accord-d-association-UE-Israel

Voir aussi

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LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°3

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh

 

Après la fin des travaux et le retour des bénévoles : le temps de l’évaluation et des témoignages.

 

Le premier bulletin daté du 27 septembre vous avait informés du démarrage effectif du projet avec l’arrivée d’André. Un second bulletin diffusé à mi-octobre signalait l’arrivée de François, Emmanuel, Mathieu et David, bénévoles pour les chantiers du bâtiment, et décrivait les premiers chantiers : travaux de peinture à l’école de Rêves de réfugiés à Chatila, améliorations du centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh et travaux dans un premier logement à Chatila, chantier particulièrement difficile, au 8ème étage d’un immeuble, sous une terrasse particulièrement dégradée. Il signalait brièvement le début des appuis à Najdeh, avec l’arrivée de Françoise le 1er octobre.

Ce bulletin se terminait sur une interrogation sur la présence irrégulière des jeunes volontaires, explicable par la recherche quotidienne de petites activités rémunérées, parallèlement à leur participation aux travaux.

Les travaux et formations aux métiers du bâtiment

Les chantiers se sont poursuivis en octobre et novembre par des travaux de peinture au Centre psychosocial de Najdeh à Chatila et par un deuxième, puis un troisième chantier de logement.

Le projet s’est terminé sur le terrain le 12 novembre avec l’achèvement des travaux de remise en état du troisième logement et le retour en France du coordinateur, André, et des trois derniers bénévoles, Vincent, Hubert et Jean-Claude.

Au total, huit bénévoles se sont succédé pour des durées variables entre le 22 septembre, date d’arrivée du coordinateur, et mi-novembre sur les chantiers de bâtiment : amélioration de l’école de Rêves de réfugiés, de centres psychosociaux de Najdeh dans les deux camps et de trois logements à Chatila.

L’intérêt du travail dans des logements a été reconnu. Il permet, outre les améliorations substantielles des conditions de vie de familles pauvres, sélectionnées par Rêves de réfugiés de traiter des métiers diversifiés, incluant la plomberie et l’électricité.

Travaux de peinture dans un logement

Travaux de peinture dans un logement

Si ces travaux se sont achevés avec succès, le nombre des jeunes volontaires n’a pas répondu à nos attentes : Rêves de réfugiés avait évoqué 25 volontaires, nombre excessif et dont l’encadrement n’aurait pas pu être réalisé dans de bonnes conditions. Sept volontaires se sont présentés et quatre ont finalement été formés. Des diplômes leur ont été remis à l’occasion de la réception des travaux du logement de Maryam. L’un d’entre eux s’est immédiatement engagé dans une activité professionnelle.

La remise des diplômes

La remise des diplômes

L’appui à Najdeh

Françoise, psychologue a apporté son appui au jardin d’enfants de Najdeh à Chatila (70 enfants de 3 à 5 ans, répartis en trois classes et encadrés par trois animatrices) et a transmis à Najdeh un rapport sur son activité. Elle a ensuite poursuivi ses observations au Centre psychosocial de Najdeh à Chatila. Elle a été sollicitée par Najdeh pour participer à la formation de l’ensemble de ses psychologues.

Elisabeth, professeur d’anglais retraitée, a constaté l’intérêt de l’apprentissage de l’anglais pour les réfugiés, particulièrement pour les animatrices de Najdeh, dans un contexte où tous les manuels scolaires, fournis par l’UNRWA, sont rédigés en anglais. Amara, professeur de français, a malheureusement constaté l’absence d’intérêt pour l’apprentissage de notre langue et a dû passer à l’anglais. Isabelle, enseignante en Sciences de la vie et de la terre et monitrice de secourisme, a donné des cours de secourisme à des enfants et adolescents.

Bien que toutes les candidatures de bénévoles aient été présentées à Najdeh, les bénévoles déplorent une préparation insuffisante et de sérieuses lacunes dans l’accueil, du moins au niveau de la direction de Najdeh, grande association où l’information a parfois mal circulé.

Au-delà de ces difficultés, la mission aura permis de faire connaître la réalité des camps, le fonctionnement des écoles et des centres psychosociaux de Najdeh, d’établir de précieux contacts, de suggérer des idées nouvelles de futures coopérations, qui pourraient viser la formation des équipes d’animatrices et des psychologues avec qui des liens ont été créés pendant la mission, mais en prenant le temps d’identifier les besoins et de discuter en détails les conditions de réalisation de futurs projets.

Une classe de Najdeh à Chatila

Une classe de Najdeh à Chatila

Les témoignages

René, journaliste et écrivain, a bénéficié de l’appui d’Hervé Sabourin, directeur régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie (Bureau Moyen-Orient), qui  l’a mis en contact avec sept jeunes élèves-interprètes libanaises, grâce auxquelles il a pu interviewer des réfugiés.

Un livret de témoignages est en cours de préparation. Il regroupera « Treize jours à Chatila – Portraits et paysage », réalisé par René, et les témoignages de Françoise, d’Elisabeth et d’Amara, et sera illustré par des photographies prises par François.

Ce livret sera diffusé aux adhérents de notre groupe local, à l’ensemble des groupes locaux de l’AFPS et à tous ceux qui ont participé au projet ou qui l’ont soutenu.

L’évaluation du projet

La déroulement et les résultats du projet posent de nombreuses questions sur sa préparation et sur son organisation, sur d’éventuels malentendus linguistiques ou culturels, voire sur la pertinence d’un projet de formation professionnelle dans un camp de réfugiés, en particulier à Chatila, lieu emblématique qui concentre déjà l’attention et les financements de multiples ONG. Les avis des bénévoles sont partagés sur ces questions.

L’évaluation du projet s’efforcera d’y répondre, en recueillant les avis de tous les bénévoles et de nos partenaires locaux.

Cette évaluation a commencé en décembre. Elle est encore en cours. Elle a été basée dans une première étape sur des entretiens avec l’ensemble des bénévoles, ayant travaillé sur les chantiers du bâtiment ou en appui à Najdeh, presque achevés.

Une réflexion menée sur la base des résultats de ces entretiens et de leur synthèse va permettre de préciser le contenu du dialogue qui sera mené avec les deux associations partenaires, d’en tirer des enseignements  pour la préparation de projets en général, sur la situation des réfugiés palestiniens et les perspectives de travail dans les camps, sur la pertinence et l’organisation souhaitable de projets de formation professionnelle

Nous prévoyons d’organiser une réunion début mai avec la participation des bénévoles disponibles pour présenter et discuter les conclusions de l’évaluation, avant de décider de suites à donner pour de nouveaux projets, en matière de formation ou dans d’autres domaines, avec les partenaires de ce premier projet ou avec de nouveaux partenaires, au Liban ou en Palestine.

Un grand merci à André et à tous les bénévoles, à nos partenaires, animateurs et animatrices de Rêves de réfugiés et de Najdeh, aux jeunes volontaires et élèves-interprètes !

Le massacre de Dawayima – 29 octobre 1948

Nous traduisons ici un article de Kifah Abdul Halim, rédactrice en chef du site « Al Lassaa » (morsure/Piqûre en arabe). 

Kifah Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël, interviendra le 18 novembre aux côtés d’Eléonore Merza Bronstein et d’Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens, et de Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien, lors de la conférence-débat que nous organisons à la salle des fêtes de la mairie du 14ème avec les équipe de Paris 14ème du CCFD-Terre Solidaire et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme, sur le thème « Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés ».


Malgré l’opacité autour du massacre de Dawayima  et l’interdiction d’accès à l’ensemble des documents d’archives associés, des preuves montrent que, durant ce que les Israéliens appellent « la guerre d’indépendance », ce fut dans l’absolu l’un des massacres le plus horrible.

Dans ce qui suit, nous publions un rapport spécial à l’occasion de l’anniversaire du massacre du 29 octobre 1948.

Kifah Abdul Halim, le 29 Octobre 2016

 

Pour cela

Il a pénétré le village occupé sur le dos d’une jeep,
Un jeune audacieux et armé… comme un lionceau
Dans la rue dévastée,
Face à lui un vieux et une femme collés contre le mur.

Le jeune a souri, découvrant ses dents de lait.
« Testons la mitraillette » … et il a testé.
Avec ses mains, le vieux a caché son visage…
et puis il a couvert le mur de son sang.

Mes chers, c’est l’image des batailles de la liberté,
Il y en a bien plus atroces. Ce n’est pas un secret.
Notre guerre appelle à l’expression et aux chansons …
Eh bien, qu’elle soit chantée pour cela aussi !

Qu’elle soit chantée alors, pour ces « doux accidents »
Qui s’appellent, par hasard, meurtres.
Qu’on chante les conversations de ceux qui entendent et savent,
Qu’on chante les sourires du renoncement et du pardon

Puis qu’on ne dise pas : « Ce sont juste des détails dans le chapitre de la gloire. »
Un groupe est identique à une personne (Pareil au même)
Si le groupe écoute la personne narratrice
Et ne l’enferme pas dans un cachot !

Parce que ceux qui portent l’habit de la guerre, et nous sommes avec eux,
En effet,
Ou par l’éducation du consentement,
Sont poussés, par le bégaiement de la « Nécessité » et de la « vengeance »,
Du côté des criminels de la guerre.
La guerre est cruelle, le prédicateur naïf sera renvoyé
De devant d’elle par un gnon.
Mais pour cela,
La question de la justice et la question de la miséricorde
Si elles y étaient, elles sont comme elle cruelles.

Et le groupe chanteur du charme de sa gloire,
Ceux qui versent du miel sur son péché
Ô, si seulement (espérant) elle les punit avec une main d’acier
Dans les tribunaux militaires !

La tranquillité qui chouchoute « Vraiment… » s’isolera.
Craint de voir son visage dans le miroir !
Le soldat hébreu se dresse ! S’abrite.
De la léthargie (hébétement) du public hébreu

Et la guerre du peuple, qui a résisté sans peur
Devant les sept armées des rois d’Orient,
Ne craindra pas l’argument « ne propagez pas nos scandales publiquement. »
Elle n’est pas lâche à ce point !

Le 19 novembre 1948, Nathan Alterman publie pour la première fois le poème « Pour cela » dans les colonnes de l’hebdomadaire « Davar ». Au milieu de la guerre de « l’indépendance », telle qu’elle est nommée par les Israéliens, ce poème a eu un énorme écho. Surtout quand à travers celui-ci, Nathan Alterman, qui est devenu entre-temps l’un des plus importants poètes nationalistes (probablement le deuxième après Bialik), a critiqué les crimes de la guerre commis par les soldats israéliens. Il a même demandé qu’ils soient traduits en justice, à un moment où les critiques étaient quasi absentes voir étouffées. À l’époque, Alterman a reçu des éloges sur son audace tandis que certains ont qualifié son poème de « cri de la conscience ». Bien que cela semblait pour certains une sorte d’« exposition publique de son linge sale », le poème « Pour cela » est devenu avec les années un des textes fondateurs de la conscience Israélienne, à un point que jusqu’à aujourd’hui il est enseigné dans les écoles juives d’Israël pour mettre en avant l’éthique (israélienne) de la guerre et plus particulièrement ce qu’ils appellent « La pureté des armes ». Un terme qu’Israël aime utiliser pour revendiquer l’immunité morale de son armée.

Ultérieurement, d’autres théories (analyses) suggéraient que le poème a été publié pour des raisons politiques. Ben Gourion, le ministre de la défense de l’époque, aurait demandé à Alterman, avec qui il était en étroite relation, de l’écrire. Ceci dans le cadre d’un effort pour absorber et contenir les critiques soulevées que suscite ce carnage dans le cœur de quelques-uns, mais aussi pour camoufler les responsabilités des officiels et des responsables politiques. Ce qui confirme cette thèse, c’est le fait qu’Alterman avait ajouté un paragraphe (un quatrain), au début du poème à la suite des ordres qu’aurait émis Ben Gourion pour imprimer milles copies du poème et les distribuer parmi les soldats et ceci après être préalablement intervenu quand la censure militaire a interdit la publication du poème. Voici ce que disent ces vers :

Au milieu des jours de combat, nous nous réveillons sur ces choses.
Le ministre de la Défense, a ajouté à ce qui est dit ici en vertu de ses prérogatives.
Son travail celui-ci, n’est pas courant dans les questions de guerre, digne d’un poème,
Que ça soit en termes d’objectifs, ou en termes d’exemplarité et de force intime (intérieure).

L’écrivain Israélien Yitzhak Loar estime pour sa part : « Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que le poème ait été écrit sur demande. Le pouvoir, n’importe quel pouvoir, divise toujours les crimes en deux catégories, ceux qui sont commis en son nom et dans ce cas il est préférable de ne pas en parler, et ceux qui ne sont pas commis en son nom et dans ce cas il est possible de traduire ses auteurs en justice ou du moins le réclamer. »

Comme Alterman ne désigne pas explicitement le village visé (concerné), la question importante demeure : Où exactement ces crimes ont-ils été commis ?

La croyance dominante est que Alterman désigne les événements qui se sont produits pendant l’opération d’occupation de Lod connue pour sa cruauté, et qui s’est produite environ quatre mois avant la publication du poème. Cependant Menachem Finkelstein qui occupait le poste d’Avocat Général de l’armée estime que le poème désigne d’autres événements produits à la fin du mois de novembre en 1948, un peu avant la publication du poème, dans le village Dawayima (village vidé de ses habitants dans le district d’Hébron).

Certains chercheurs Israéliens confirment cette hypothèse surtout qu’Alterman lui-même a servi dans le Bataillon 89, qui était responsable de ces événements, et dont les soldats juifs ont commis des atrocités envers les habitants du village et envers ceux qui s’y sont réfugiés et où il n’a été épargné aucun enfant, ni femme, ni vieux.

L’historien israélien B. Morris, devenu célèbre grâce à son livre La naissance du problème des réfugiés palestiniens, signale (précise) à cet égard que le plus atroces des « opérations » ont été commises dans Saliha, Deir Yassin, Lydda, Dawayima et Abu Shusha, mais il ajoute par la suite que les massacres les plus atroces dans l’absolu ont été perpétrés à Lod et à Dawayima lors de la « guerre de l’indépendance ».

De son côté l’activiste de l’association « palestiniennes » (pour dire : affaires palestiniennes) et spécialiste des villages palestiniens abandonnés Jihad Abu Raya souligne : « Les gens ont entendu parler du massacre de Lod, mais beaucoup ne savent rien en ce qui concerne le massacre de Dawayima où les crânes des enfants ont été broyés avec des bâtons et où l’on a assisté à la démolition de maisons, à la mise à mort des personnes âgées et à la poursuite des habitants qui se sont réfugiés dans les grottes où l’on a exterminé des familles entières. La plupart des personnes tuées étaient venues de l’extérieur du village, selon les informations dont nous disposons. Ils s’y sont réfugiés fuyant d’autres endroits. C’est pour cette raison nous avons dû faire face à beaucoup de difficultés dans la collecte des récits et des données sur ce qui est arrivé par comparaison à d’autres massacres comme à Deir Yassin et à d’autres endroits. »

Il n’est pas étonnant si Israël impose le secret jusqu’à aujourd’hui pour tous les documents relatifs à l’occupation de Dawayima. Cependant, nous trouvons des preuves claires du massacre dans une lettre qui a était envoyée par le soldat Ch. Kablan, dix jours après le massacre, à son ami Eliezer Berri, qui travaillait comme rédacteur dans le journal Al Hamchmar décrivant les horreurs de ce qui a eu lieu là-bas.

Abu Ria souligne : « Il faut noter que ce message a disparu de l’archive, comme beaucoup d’autres documents, dans une tentative de cacher les horreurs du crime commis à Dawayima. Mais certains historiens israéliens ont réussi à obtenir une copie de la lettre avant qu’elle ne disparaisse. Ce qui a permis à Benny Morris, de l’utiliser dans son livre Correction d’une erreur, ainsi que Tom Segev dans son livre 1949

Nous diffusons dans ce qui suit le contenu de la lettre tel qu’il a été publié le 02 juillet 2016 dans le journal Haaretz qui l’a obtenu de l’historien Benny Morris lui-même

Cher Eliezer,

J’ai lu aujourd’hui l’éditorial de Al Hamchmar traitant des questions concernant notre armée qui contrôle tout sauf son instinct primaire.

Voici le témoignage d’une histoire qui m’a été racontée par un soldat qui est arrivé à Dawayima une journée après son occupation. Ce soldat est des nôtres, cultivé, fidèle et digne de confiance à cent pour cent. Il m’a ouvert son cœur par besoin psychologique. Il est au bord de l’effondrement et envahi par la dépression à cause des horreurs qu’il a rencontrées et le niveau de barbarie que nos hommes, fils de l’éducation et de la culture, sont capables d’atteindre. Il m’a ouvert son cœur, parce qu’il n’y a pas beaucoup de cœurs disposés à l’écouter.

Il n’y avait pas de batailles, ni de résistance (pas d’Egyptiens non plus). Les premiers occupants ont tué entre 80 et 100 arabes parmi les femmes et les enfants. Ils ont tué des enfants, en brisant et en broyant leurs crânes avec des bâtons. Il n’y avait pas une seule maison sans morts. La deuxième vague était un contingent de l’armée dont faisait partie le soldat qui témoigne.

Il restait dans le village des femmes et des hommes arabes. Ils les ont enfermés dans des maisons sans leur donner à boire ou à manger. Puis vinrent les hommes chargés d’explosifs pour faire sauter les maisons. Un des commandants a ordonné à l’un d’entre eux d’enfermer deux vieilles femmes arabes dans la maison qui était sur le point de sauter. L’artificier a refusé en disant : « je n’exécute que les ordres de mon propre commandant ». Dès lors, son commandant intervient et lui ordonne de faire entrer les deux vieilles. Puis le crime a pu être accompli.

Un autre soldat se vantait d’avoir violé une femme arabe, avant de l’abattre. C’était une femme avec un bébé de deux jours dans ses bras. Ils lui faisaient nettoyer la place où les soldats mangeaient. Elle les a servis pendant deux jours pour qu’à la fin ils lui tirent dessus ainsi que sur son bébé.

Le soldat disait que leurs commandants, hommes moraux, cultivés et considérés comme la crème de la société, se sont transformé en d’abjects et minables tueurs. Cela ne s’est pas produit à un moment d’emportement et d’hystérie qu’on peut atteindre par peur lors d’une bataille chaotique, c’était tout simplement un processus systématique et prémédité dans l’objectif d’expulser et exterminer.

Moins il y a d’arabes, mieux c’est. C’est le motif politique pour expulser et commettre les atrocités que ne conteste ou condamne personne, que cela soit au niveau exécutif ou au niveau du commandement militaire. Moi-même j’étais au front, il y a deux semaines et j’ai entendu les soldats et leurs officiers se vanter de comment ils ont pourchassé et abattu des arabes sans raison. De toute façon on considère que c’est une mission importante et qu’il y a une course à gagner.

Nous sommes dans une situation délicate. Si nous portons nos cris aux médias, nous aurons aidé la ligue arabe à laquelle nos représentants répondent avec des arguments peu convaincants. Si nous ne faisons rien, c’est une complicité avec l’ignoble. Le soldat m’a dit que Deir Yassin n’était pas la pire. Est-ce normal qu’on s’indigne pour Deir Yassin et qu’on ne le fasse pas pour ce qui est de loin plus laid.

Nous devons faire un scandale sur les chaînes internes, demander une enquête interne et punir les coupables. Avant tout il faut créer dans l’armée une unité spéciale pour la retenue. Moi-même j’accuse en premier lieu le gouvernement qui ne se sent pas concerné par l’interdiction de ces phénomènes et qui peut-être au contraire les encourage indirectement. Ne rien faire c’est une sorte d’encouragement. Un commandant m’a dit qu’il y a un ordre non écrit de ne pas garder de prisonniers. La signification de « prisonniers » a été donnée à chaque soldat et commandant.

Un prisonnier peut être un arabe, une arabe ou un enfant arabe. Je t’écris pour que dans les rédactions et dans le parti se sache la vérité et pour qu’ils entreprennent des actions significatives. Au moins, qu’ils ne se fassent pas entraîner derrière une diplomatie fallacieuse qui couvre le sang et le meurtre. Et si c’est possible il ne faut pas se taire au niveau du journal.

                                                                                                                              Kablan

Le massacre de Dawayima s’est déroulé le 29 octobre 1948, le nombre de victimes estimé est de plusieurs centaines. Une rapide enquête de pure forme a été commandée sur le massacre. La Commission Internationale s’est faite berner, a été mal orientée et induite en erreur. En 1955 la colonie « Omtsia » a été construite sur les ruines de Dawayima. « Omtsia » doit son nom à l’un des rois de Juda, mieux connu pour sa cruauté dans la guerre et sa barbarie.

Lire la version originale

Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés

Vendredi 18 novembre de 19h à 23h

Réunion publique organisée avec le CCFD – Terre solidaire

et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme

avec Éléonore Merza Bronstein et Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens,

Kifah  Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël,

Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien

 

Art Attack - Banksy - Palestine mur près de Qalandiya Crédit : Wikimedia Commons

Art Attack – Banksy – Palestine mur près de Qalandiya
Crédit : Wikimedia Commons

 

Éléonore Merza Bronstein, anthropologue du politique et spécialiste  de la société israélienne est une militante anticolonialiste,  cofondatrice de De-Colonizer, centre de recherches et de création artistique pour le changement social, visant à décoloniser l’identité israélienne.

Eitan Bronstein Aparicio est un militant politique israélien, qui a créé en 2001 l’organisation Zochrot, qui remet en cause le discours dominant  sur la Nakba et les réfugiés palestiniens  dans la société israélienne. Il est cofondateur de De-Colonizer.

Kifah Abdul Halim est une Palestinienne d’Israël, journaliste, traductrice et éditrice du site électronique « Al Lassaa » (« La Piqure »).

Mazin Qumsiyeh est professeur à l’université de Bethléem, Directeur du Muséum palestinien d’histoire naturelle et de l’Institut palestinien de biodiversité, militant de la résistance populaire et des droits de l’Homme, auteur d' »Une histoire populaire de la résistance palestinienne ».

 

Salle des fêtes de la Mairie du 14ème arrondissement
12, rue Pierre Castagnou
75014 Paris (Métro : Alésia, Mouton-Duvernet, Pernety)

LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°2

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh 

 

Les travaux au Centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh et dans un premier logement à Chatila

 

Le premier numéro daté du 27 septembre vous avait informé du démarrage effectif du projet. Ce second bulletin vous communique les principales informations sur les réalisations du projet du 27 septembre au 9 octobre.

Les bénévoles

François, électricien, polyvalent dans les métiers du bâtiment, est arrivé à Beyrouth le 27 septembre. Le même jour, Karim, bénévole qui devait arriver le 29 et rester six semaines à Beyrouth, nous a malheureusement indiqué qu’il avait été victime d’un accident du travail et qu’il devait donc annuler son voyage.

Antoine, cinéaste, dont nous avions rappelé le court-métrage sur les activités éducatives de Rêves de réfugiés dans le bulletin précédent, et Solenne, urbaniste, sont arrivés à Beyrouth le 28.

Françoise, psychologue, première bénévole auprès de Najdeh, est arrivée à Beyrouth le 30 septembre.

Avec l’arrivée d’Emmanuel et de Mathieu le dimanche 2 octobre, puis de David le lundi 3 octobre, l’équipe des bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment est maintenant de cinq personnes.

Les travaux et formations au centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh

L’achèvement des travaux de peinture réalisés à l’école de Rêves de réfugiés, qui ont finalement porté sur cinq salles de classe et un couloir, a permis d’engager les premiers travaux dans le centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh (revêtement du plancher, fenêtre).

La reprise de la couverture de la grande salle située au dernier étage du centre a été remise à plus tard, car les responsables du centre souhaitent maintenant remplacer la toiture en tôles par une dalle en béton ce qui nous dépasse un peu cette année.

Les matériaux pour les travaux de la cage d’escalier (tasseaux, plaques isolantes) ont été commandés le 28 septembre. La fixation de tasseaux aux murs et l’habillage par un mélaminé plastifié laissant respirer et s’assécher les murs constitue une solution durable qui évitera de devoir reprendre rapidement la peinture.

Les matériaux ont été acheminés le 29 septembre par les jeunes volontaires et l’ensemble des bénévoles présents et les travaux d’amélioration de la cage d’escalier ont pu commencer.  Ils se sont terminés le 2 octobre.

La façade du centre et le bureau de la responsable du centre ont également été repeints pendant cette période.

Les travaux d’amélioration d’un premier logement à Chatila

Préparation du béton sur la terrasse

Des travaux ont alors pu commencer à Chatila, avec la rénovation du logement de la famille El Tsaoui, le premier des trois logements visités par André à son arrivée.

L’appartement est situé dans la rue principale, prés du siège de Rêves de réfugié, au 8ème étage d’un immeuble, sous la terrasse qui n’est pas étanche. En conséquence, le béton du plafond se détache dangereusement par endroits et les infiltrations détériorent l’ensemble de l’appartement. La réalisation de l’étanchéité de la terrasse (ragréage de la dalle fissurée avant application de résine) a donc été considérée comme prioritaire.

Les matériaux nécessaires ont été achetés et

Travaux sur le plafond du logement

acheminés le 4 octobre. Le même jour, la dalle de béton de la terrasse a été nettoyée. Il a fallu évacuer du 8ème étage 70 sacs de gravats et détritus divers, puis y faire monter une importante quantité d’outillage et de matériaux. Les travaux sur la terrasse  ont commencé le lendemain, avec l’aide d’un maçon professionnel et avec la participation (pour des durées de présence malheureusement irrégulières) de cinq jeunes volontaires et se sont poursuivis pendant les jours suivants. L’application de la résine d’étanchéité sur la terrasse a commencé le 8 octobre.

Parallèlement, les travaux ont été engagés dans l’appartement lui-même à partir du 6 octobre avec le grattage des murs et une première couche de peinture et avec la reprise du plafond, puis avec les travaux d’électricité (en particulier avec la pose d’une gaine depuis le disjoncteur du rez-de-chaussée sur toute la hauteur de la façade) et de plomberie.

L’appui à Najdeh

Françoise, psychologue arrivée le 1er octobre, apporte son appui au jardin d’enfants de Najdeh à Chatila (70 enfants de 3 à 5 ans, répartis en trois classes et encadrés par trois animatrices).

enfants-de-chatila

Enfants de Chatila

Les activités prévues

Lors d’une rencontre avec plusieurs responsables de Najdeh le 3 octobre, celles-ci avaient demandé s’il était possible de réaliser des travaux de revêtement des murs d’une salle du centre psychosocial de Najdeh de Chatila. Ce centre a été visité le 7 octobre et il est prévu d’y intervenir prochainement.

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Un premier bilan

Les travaux réalisés ou en cours depuis l’arrivée des premiers bénévoles à Beyrouth sont déjà significatifs : salles de classes de Rêves de réfugiés, centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh, étanchéité d’une terrasse et réhabilitation d’un logement choisi par Rêves de réfugiés à Chatila.

La réalisation des travaux et des formations dans ce logement a malheureusement été marquée par une présence irrégulière des volontaires, qui s’expliquerait par la priorité donnée par certains d’entre eux, de manière assez compréhensible, à des opportunités de petites activités rémunérées.

Cette question importante pour l’impact du projet en termes de formation professionnelle, objet principal du projet, sera discutée avec les responsables de Rêves de réfugiés.

LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°1

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh

 

LE PROJET A DÉMARRÉ !

 

Après quelques mois de préparation (voir Un bref rappel de l’historique du projet), notre projet de formation professionnelle a démarré sur le terrain le 22 septembre, avec l’arrivée à Beyrouth d’André, coordinateur du projet. Il a obtenu son visa sans difficulté à l’arrivée et a pu apporter deux valises d’outils.

Dès son arrivée, il a pris contact avec Najdeh pour mettre au point quelques questions logistiques, récupérer une partie des fonds nécessaires aux achats de matériaux et préciser la situation

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

des centres de Najdeh à Chatila et à Borj el Barajneh (voir Nos partenaires dans les camps de réfugiés).

 

Comme nous n’avons pas, pour cette première phase du projet, de bénévoles pour les métiers pratiqués dans le centre de formation professionnelle de Borj el Barajneh, les bénévoles auprès de Najdeh travailleront surtout à Chatila. Les bénévoles auprès de Najdeh seront logés dans un appartement situé rue Raouass.

André a discuté des travaux dans des bâtiments de Najdeh qui pourraient être utilisés pour la formation de jeunes volontaires aux métiers du bâtiment (voir Les activités prévues).

Un logement avant travaux

Un logement avant travaux

André a ensuite rencontré Rêves de réfugiés. Sobhi et Tarek lui ont présenté les quatre

premiers jeunes volontaires et proposé de reprendre la peinture de plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés, chantier non prévu initialement mais particulièrement opportun.

Le matériel nécessaire a immédiatement été acheté et les travaux ont été réalisés avec trois volontaires dès le samedi 24 et le dimanche 25.

André a visité le lendemain des logements dont la rénovation est considérée comme prioritaire par Rêves de réfugiés, en premier lieu un logement où vit une mère et ses cinq enfants, où seront réalisés en urgence des travaux d’étanchéité.

Les bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment pourront être logés dans une guesthouse ou dans un appartement mis à disposition par Rêves de réfugiés à Chatila.

Nos partenaires dans les camps de réfugiés

L’association Rêves de réfugiés est née à Chatila en 2011. Cette association de

réfugiés palestiniens bénévoles agit de façon complémentaire aux activités de Najdeh. Constatant qu’ils ne maîtrisent ni la date ni les modalités du retour mais qu’en attendant cet hypothétique retour, il faut vivre au lieu de se laisser aller au désespoir et à la misère (violences subies et appels à la violence, radicalisation, drogues, criminalité, maladies liées aux conditions inhumaines de vie, tyrannie des petits chefs, manque d’hygiène, etc.), cinq jeunes gens de moins de 30 ans (financièrement aidés par un père de famille qui a tout compris et ne compte pas sa générosité, Mohamed Afifi) passent leur temps libre, au retour de leurs journées de travail à Beyrouth, à faire l’école aux jeunes du camp, efficacement aidés par plusieurs dizaines de jeunes femmes bénévoles, dynamiques, compétentes et motivées. Puis, à côté des activités éducatives, ils se sont lancés dans la réponse pratique aux besoins matériels les plus criants du camp, en particulier la sécurisation des installations électriques, causes de trop nombreuses électrocutions. Ils souhaitent maintenant  former les jeunes hommes et femmes à des métiers de base pour les  aider à sortir du chômage à l’occasion de la rénovation de pièces insalubres où s’entassent des familles misérablement abandonnées : remplacer la terre battue du sol humide par un carrelage, ouvrir une fenêtre, installer un coin toilette, passer un coup de badigeon, et voilà un taudis devenu habitable et des sourires qui illuminent des visages !

Antoine Laurent, cinéaste qui retournera à Chatila pour suivre cette nouvelle phase des activités de Rêves de réfugiés, a réalisé un court-métrage sur les activités éducatives de l’association diffusé sur France 24 pour l’émission « Billet retour ».

L’association Najdeh compte 33 centres travaillant dans dix camps de réfugiés palestiniens au Liban et s’est tournée vers la formation des femmes et des enfants. Najdeh a résolument opté pour la non-violence en préparant activement le retour en Palestine. Il faut d’abord sortir les femmes et les enfants du climat de violence qui empoisonne les camps, puis leur apprendre leurs droits et les moyens légaux de les faire respecter. Et leur permettre de vivre leur indépendance grâce à des professions (coiffeuses, manucures, spécialistes de l’hygiène, réparatrices de téléphones portables et de télévisions, institutrices, etc.) qui les sortiront du chômage et de la dépendance. Avec ses écoles au centre des camps, ses salles de réunions claires, aérées et modernes, ses activités de formations professionnelles féminines, ses psychologues, sa gestion professionnelle et rigoureuse de ses activités, Najdeh est le fer de lance de la lutte des réfugiés palestiniens au Liban : pour sortir aujourd’hui de la misère tout en préparant un Retour quand ce sera possible. Une femme de caractère et de forte personnalité, Leila El Ali, dirige cet impressionnant réseau que nous avons décidé de soutenir par notre appel à bénévoles et par notre appel aux dons.

Najdeh dispose de deux centres à Chatila (un jardin d’enfants et un centre psycho-social) et deux centres à Borj el Barajneh : un centre de formation professionnelle (salon de coiffure et d’esthétique, studio d’apprentissage aux métiers audiovisuels, atelier de productions artisanales) et un centre psycho-social, que nous avions improprement qualifié d’école dans nos documents précédents, parce que fréquenté matin et après-midi par environ 150 enfants.

Un bref rappel de l’historique du projet

Dans sa démarche de recherche de projets, notre Groupe local a décidé de s’orienter vers la formation professionnelle. L’idée d’un projet de formation professionnelle dans les métiers du bâtiment à l’occasion de travaux dans le camp de Chatila, en liaison avec l’association Rêves de réfugiés, a été opportunément présentée début mai par Abeer Hamad, Présidente de l’Associations des Palestiniens en Île-de-France, qui revenait d’un voyage au Liban. Nous avons décidé d’effectuer immédiatement une mission d’identification, incluant une prise de contact avec Najdeh pour tenir compte plus largement des besoins de formation des femmes.

La mission d’identification a été réalisée du 28 mai au 1er juin et ses résultats ont été présentés aux adhérents début juin. Après mise au point et diffusion aux adhérents des documents issus de la mission, un appel à bénévoles a pu être diffusé largement à partir du 20 juin au-delà des adhérents et sympathisants de notre groupe local, à l’ensemble des groupes locaux de l’AFPS et à diverses organisations partenaires : Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, qui l’a repris sur son site, Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF), Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, Electriciens sans frontières.  Il a également a été diffusé début juillet à l’Université d’été des mouvements sociaux et de la solidarité internationale à Besançon et à l’Université d’été de l’AFPS à Angers.

Les premières candidatures nous sont parvenues dès fin juin. Les contacts avec les candidats se sont développés au cours des mois de juillet et d’août.

Les éléments disponibles début août sur le nombre de bénévoles (alors de 12) et les coûts du projet ont été utilisés pour préparer le lancement d’un appel à dons intitulé « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer », qui a été diffusé à partir du 20 août.

Quelques achats ont été effectués en France. Les premiers dons ont été recueillis à la suite de l’appel lancé le 20 août. Un grand nombre de mises au point pratiques, en matière de modalités d’achats, de transferts de fonds, de logistique (voyages aériens et accueil, hébergement) se sont poursuivies jusqu’au départ du coordinateur.

Les bénévoles

Au total, le projet mobilisera sur des durées variables entre le 22 septembre et le 15 novembre, une équipe de 18 personnes, aux profils variés.

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

En dehors d’André, coordinateur du projet, on compte 9 bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment et 5 bénévoles pour l’appui à l’association Najdeh (psychologue, enseignantes, écrivain et journaliste).

Antoine, cinéaste, et Solenne, urbaniste spécialiste de la réhabilitation de quartiers dégradés, seront également présents à Chatila.

Plusieurs bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment arriveront fin septembre et dans les premiers jours d’octobre. Françoise, psychologue en appui à Najdeh, arrivera le 30 septembre.

Les jeunes réfugiés volontaires

Les quatre premiers volontaires, jeunes chômeurs du camp de Chatila, ont été présentés le 24 septembre à André par Sobhi, président de Rêves de réfugiés, et Tarek.

Trois d’entre eux, Bilal, Muhamad et Selim, ont réalisé pendant les deux jours suivants la reprise de la peinture de cinq salles de classe de Rêves de réfugiés.

Les activités prévues

Le document « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » prévoyait la rénovation de cinq logements insalubres à Chatila et l’amélioration du centre psycho-social de Najdeh dans le camp de Borj el Barajneh.

Ce programme fera l’objet des adaptations nécessaires après les diagnostics qui seront approfondis à l’occasion des visites sur le terrain et des discussions avec nos partenaires. C’est ainsi que des travaux de peinture ont immédiatement été réalisés dans plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés à Chatila. Najdeh nous a également demandé de reprendre la peinture de son jardin d’enfant de Chatila.

Comment et pourquoi participer

Le document d’appel à contributions financières « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » a été diffusé à partir du 20 août.

Des dons substantiels ont été recueillis mais un montant très important reste pour le moment à la charge de notre groupe local. Dans la mesure où nous souhaitons prolonger cette première phase du projet par d’autres opérations analogues, sur la base d’une évaluation des résultats obtenus, sans assécher les finances de notre groupe local, de nouvelles contributions financières restent hautement souhaitables.

Vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème – Boîte 52
22 rue Deparcieux – 75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier (centre psycho-social de Najdeh, logements).

Vous pouvez également effectuer un virement.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez. 

Pour nous contacter…

 

 

Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer

Il n’est peut-être pas inutile de nous rappeler d’abord nos motivations pour le choix des projets qu’il nous faut réaliser dans les camps de Chatila et de Borj el Barajneh, à la demande des associations locales « Rêves de Réfugiés » et « Najdeh ». Plus de 30.000 réfugiés sont entassés à Chatila, un camp « provisoire » datant de la « Nakba » en 1949, sur une surface très réduite, de seulement 40.000 m2 à sa création : nous voici à la quatrième génération hors de Palestine ! En attendant le Retour, qui est un Droit reconnu internationalement, même s’il apparaît désormais bien compromis, la vie dans le camp se doit d’être digne et humaine. Ce qui n’est pas le cas. En réalisant des chantiers de réhabilitation de logements insalubres, causes d’asthme et de rhumatismes mais aussi de désespoir chez les plus démunis, nous proposons à de jeunes chômeurs (plus de 60 % de la population active de Chatila est au chômage, mais sans revenus !) d’apprendre sur le tas, sur nos chantiers, les rudiments des métiers du bâtiment. Cette formation professionnelle accélérée peut leur mettre le pied à l’étrier et les aider à sortir de la misère.

Une rue à Chatila

Une rue à Chatila

Huit bénévoles, professionnels du bâtiment et bricoleurs, ont répondu à notre appel lancé en juin dernier, et quelques autres peuvent encore s’inscrire. Les chantiers et formations professionnelles seront organisés par l’association « Rêves de Réfugiés » de Chatila et sont prévus de la mi-septembre à la mi-novembre de cette année. En fonction du profil professionnel des bénévoles inscrits à ce jour, les chantiers retenus sont des remises en état de logements insalubres dans lesquels croupissent les plus pauvres (veuves, souvent avec enfants) du camp. Nous détaillerons, plus bas, les matériaux nécessaires à ces réhabilitations de logements et leur coût. La main d’œuvre étant évidemment gratuite, offerte par les bénévoles et les stagiaires.

En parallèle, l’association « Najdeh », qui s’est spécialisée dans l’accueil des femmes, les soins psychologiques à leur apporter en les sortant du climat de violence qui empoisonne les camps et dans la formation professionnelle des femmes, accueillera quatre bénévoles (et peut-être davantage : les inscriptions sont encore possible !) à partir de fin septembre. Cette association reçoit depuis plusieurs années des bénévoles, particulièrement spécialisés dans la thérapie psychologique, mais aussi dans l’enseignement du Droit, et dans toutes les professions pouvant être utiles à la libération des femmes. Un ensemble de professions dites « féminines » nous ont été citées comme très utiles dans ce contexte des camps du Liban. La coopération des bénévoles avec « Najdeh » peut donc se faire toute l’année, aux dates qui conviennent le mieux aux bénévoles.

De la mi-septembre à la mi-novembre (saison des pluies, période difficile pour les chantiers) nous tablons sur 14 bénévoles. Chacun a des dates de séjour propres.

Immeubles à Chatila

Immeubles à Chatila

Les grands postes des dépenses sont :

  1. Les voyages aériens ;
  2. L’hébergement, en fonction du type d’hébergement choisi ou accepté et de la durée globale des bénévoles sur place ;
  3. Les matériaux à acheter chez les grossistes de Beyrouth pour rendre habitables des logements insalubres et pour deux chantiers précis dans une école de Borj el Barajneh. Nous ne savons pas encore combien de logements pourront être réhabilités, ignorant à ce jour la durée globale de séjour des bénévoles. Nous estimons cependant pouvoir mettre en état cet automne cinq logements et nous établissons notre budget prévisionnel sur ce nombre, modifiable si évolution. Et les deux chantiers de l’école de Borj el Barajnej, aux devis plus faciles à établir.
  4. Les outils à louer sur place (poste à soudure et bouteilles, perceuses électriques, échelles, etc.)
  5. L’ensemble des frais annexes : voiturage aéroport-camps, achat de l’outillage manquant, du petit matériel, papeterie et bureautique, divers et imprévus.

Tous les bénévoles paieront leur nourriture et leurs frais personnels durant leur séjour.

Les adhérents et militants solidaires des réfugiés palestiniens, qui ne peuvent être bénévoles pour passer quelques semaines de travail là-bas, peuvent alors solliciter leurs amis et parents, leurs voisins et toutes les personnes susceptibles d’être concernées ou intéressées par ce projet devenu programme. Chacun/e peut ainsi participer activement, soit en mettant au pot commun, soit en finançant tout ou partie d’un des postes que nous allons détailler et que vous choisissez particulièrement.

En versant votre participation financière et indiquant que c’est pour le pot commun, vous participerez à payer l’ensemble des dépenses qui ne seront pas couvertes par les bénévoles eux-mêmes ni par des dons spécifiques. Vous  recevrez le reçu fiscal correspondant au montant de votre don, et vous serez tenus régulièrement au courant de l’avancement du programme de tous les chantiers et des formations professionnelles.

En versant votre participation financière tout en notifiant le poste précis que vous aurez choisi à partir de la liste de dépenses ci-dessous, vous financerez tout ou partie d’un chantier précis et de la formation professionnelle correspondante. Vous recevrez également le reçu fiscal correspondant au montant de votre don. Et nous nous engageons à vous faire parvenir par l’AFPS 14 ème-6ème, en plus du compte-rendu général de l’opération,  un compte-rendu et des photos vous permettant de comparer l’ « Avant » votre chantier, le « Pendant » votre chantier et la formation des stagiaires, et l’ « Après » la fin de votre chantier et de la formation.

Avec votre don, spécifiez donc « Pour le Pot commun » ou « Pour tel chantier ou telle utilisation précise ».

Nous détaillons maintenant les cinq postes de dépenses, pour vous permettre de faire votre choix.

1. Les voyages aériens

Actuellement, sur les 12 bénévoles inscrits, 6 se sont engagés à offrir à l’opération leurs vols Aller-Retour (environ 500 € par personne), l’AFPS s’engageant à payer les 6 autres A-R, soit environ 3000 €. Il va de soi que les noms n’ont pas à être diffusés. Les dépenses du poste « Voyages aériens» font donc partie du « Pot commun » auquel vous souhaitez peut-être participer.

2. Les hébergements

Dans la même proportion que pour les voyages avion, la moitié des bénévoles inscrits à ce jour ont décidé de payer eux-mêmes leurs hébergements durant leur séjour. D’autres bénévoles ne pouvant pas le faire, c’est l’AFPS qui réglera ce poste de dépenses. Nous ne connaîtrons précisément le nombre de nuitées à payer que lorsque tous les bénévoles auront pris leur billet d’avion, auront donc décidé de la durée de leur séjour. Mais une estimation de 5000 € restant à la charge de l’AFPS nous paraît proche de la réalité. Là encore, l’anonymat des bénévoles hébergés au compte de l’AFPS sera respecté. Leur travail bénévole sur place dans des conditions très difficiles, leur propre prise en charge de leur nourriture pour la durée du séjour, ainsi que de leurs frais annexes, est déjà très généreux. Le poste « Hébergements» fait donc partie au budget général et du « Pot commun » géré par l’AFPS.

3. L’achat des matériaux

Ce poste va être détaillé de façon beaucoup plus précise et n’entre donc plus dans la ligne « Pot Commun », sauf si notre appel à financements ne reçoit pas de réponses précisant l’emploi des dons. Vous allez pouvoir, ici, choisir le chantier précis que vous souhaitez financer soit en partie soit en totalité. La main d’œuvre étant offerte (par les bénévoles au travail et par les stagiaires en formation) les chantiers ne coûteront donc « que » le montant des matériaux nécessaires à leur réalisation et que nous achèterons sur place. Nous avons identifié deux chantiers à l’école « Najdeh » du camp de Borj el Barajneh, et estimé à 5 le nombre de logements insalubres que nous pourrions raisonnablement mettre en état habitable au camp de Chatila, tout en formant les volontaires stagiaires aux métiers du bâtiment. Ce qui ferait 7 chantiers au total. En vous les décrivant ici nous vous permettons de choisir celui ou ceux dont vous souhaitez la réalisation en la rendant possible par votre don. Votre don sera donc accompagné de la précision : « Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh » ou « Pour la réfection du mur de la cage d’escalier du camp de Borj el Barajneh », ou « Pour rendre habitable un logement insalubre du camp de Chatila ». Si deux financements se chevauchaient pour le même chantier, nous vous en aviserions immédiatement et vous pourrez modifier votre choix.

« Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh »

Le toit, d’un peu moins de 100 m2, de la salle du dernier étage du centre d’accueil des femmes du camp de Borj el Barajneh, géré par l’association « Najdeh », est fait de tôles métalliques (appelées ‘’zinco’’) absorbant la chaleur, posées directement sur les quatre murs, sans aération suffisante, ce qui rend l’utilisation de cette salle quasi impossible pour les 150 enfants qui fréquentent ce centre en soutien scolaire. Le traitement de ce chantier primordial fera en même temps un excellent cours pour les stagiaires en formation professionnelle. Nous aurons quelques tôles de ‘’zinco’’, rouillées et percées, à changer (cours sur la sécurité). Puis nous aurons à fixer sous ces tôles une couche épaisse et efficace d’isolant que nous recouvrirons d’un contreplaqué à peindre. Et nous percerons des trous d’aération en bas et en haut des murs, permettant une ventilation naturelle et économique (sans parler d’être aussi écologique), trous que nous protégerons par des grilles. L’achat des tôles, de l’isolant réflecteur (type Expert 70**, constitué de 17 éléments, trouvé à la « Plateforme du Bâtiment » à près de 20 € le m2), du contreplaqué, de la visserie et autres à côté, de la peinture, nous amène à estimer le coût de ce chantier à 3.000 €. Il nous sera facile, sur place, de réaliser le petit reportage « Avant », « Pendant » et « Après » que nous vous enverrons.

« Pour la réfection du mur de la cage d’escalier de l’école de Borj el Barajneh»

Dans cette même école ou plus exactement ce centre pour femmes du camp de Borj el Barajneh, un mur d’escalier est rongé par l’humidité. La responsable du centre, Mariama, tente de le faire enduire et repeindre tous les ans, et c’est tous les ans la même catastrophe, la peinture s’écaille et elle a honte de recevoir ici des femmes qui ont besoin d’un accueil plus adapté à leur moral en berne. Le traitement efficace de l’humidité nécessiterait des travaux extérieurs (impossible dans ce cas) ou d’empêcher les remontées humides par capillarité (autres travaux impossibles). Il ne nous reste qu’à recouvrir le mur de plaques de BA13 hydrofuge (sorte de placoplâtre) vissées sur tasseaux, et percées d’ouvertures d’aération naturelle en haut et en bas. Ces plaques hydrofuges pourront alors être peintes durablement. Nous avons estimé le coût des matériaux de ce chantier si utile à 500 €. Là encore, ce chantier servira d’excellente école de formation à la menuiserie pour les stagiaires en formation professionnelle. Là encore, reportage-photos facile des divers stades de réalisation du chantier-formation et des stagiaires y participant.

Et comme Mariama, dynamique et courageuse, refusant de se laisser gagner par le découragement, a eu confiance en nous, elle nous a montré d’autres « bricolages » à faire dans son centre-école et qu’elle espère que nous réaliserons : bricoler une fenêtre qui laisse passer la pluie dans une salle ; un lino qui s’est décollé et qui se coupe ; des étanchéités à revoir, etc. L’achat ici (chez Leroy-Merlin ou Castorama) pour être emmené dans la valise en soute, du matériel et petit outillage nécessaire à ces chantiers (pistolet à colle et colle à verre et métal, silicone et produits d’étanchéité, rouleaux d’adhésif pour lino, cutter et lames, petit outillage qui sera laissé aux stagiaires pour les inciter à s’en servir, par exemple une mallette d’outils vue à 55 € chez Lidl, etc.) mais aussi l’achat de matériel de sécurité pour travailler sur le toit (changement des tôles) et en hauteur (à la fenêtre), tels que casques de chantier, harnais de sécurité et cordages, etc. peuvent être estimés aussi au bas mot à 500€. Le libellé serait alors : « Divers travaux à Borj el Barajneh. Et achat des matériels de sécurité ».

« Pour rendre habitables des logements insalubres du camp de Chatila».

Dans le camp de Chatila, ce sont les fondateurs et animateurs de l’association « Rêves de Réfugiés », Sobhi, Othman, Tarek et Jalal, qui connaissent le mieux les personnes et familles les plus démunies, abandonnées, qui souffrent à vivre dans des taudis infects, Qui sont donc en priorité les gens à sauver de cette misère profonde. En fonction du nombre de bénévoles et de leur profil professionnel, et de la durée de leur séjour, nous pouvons aujourd’hui estimer à 5 le nombre de pièces-logements que nous pourrions rendre habitables tout en prenant le temps de former les stagiaires volontaires à la formation professionnelle. Là encore, le compte-rendu « Avant », « Pendant » et « Après » sera aisé pour nous à votre intention si, au lieu d’un don au « Pot commun » vous avez spécifié « réfection d’un logement de Chatila ».

La terre battue du sol, encrassée depuis 70 ans de camp, doit être remplacée par du carrelage (les plus pauvres, les veuves et les personnes âgées, les plus démunis, restent vivre à raz du sol des ruelles, dans les miasmes des égouts et des détritus, dans une pièce souvent sans fenêtre. Avec un peu d’argent, on peut aménager dans un étage, où la fenêtre laisse passer la lumière et un peu d’air moins puant). Donc couche de sable, chape de béton, ciment-colle et carrelage. Pose gratuite par les bénévoles et les stagiaires en apprentissage. Achat des matériaux pour 15-20 m2 de sol : environ 300 €.

Installation de l’arrivée d’eau dans le logement (au lieu d’aller la chercher au broc à la fontaine, même si l’eau de Chatila est calcaire et saumâtre), tuyaux en plastique (moins cher que le cuivre ou l’acier) à amener à un robinet d’évier, à un lavabo-douchette, à un W.C. avec chasse d’eau. Entre 300 et 450 € de matériel (évier, W.C., lavabo, douchette, tuyaux d’adduction).

Le raccordement au tout-à-l’égout dans la ruelle (un tout-à-l’égout très relatif, crevé à de multiples endroits), environ 100 €.

L’installation électrique du logement. Fils sécurisés, prises, interrupteurs, points d’éclairage. Compter 250 €.

La menuiserie pour une fenêtre et une porte : 350 €.

L’enduit des murs et du plafond (souvent infiltré d’eau de pluie, par manque d’étanchéité), les peintures. Achat plaques étanches, enduits, peintures : 450 à 500 €. Le coût des fournitures nécessaires à la réfection totale d’un logement insalubre est ainsi estimé à entre 1.500 et 1.900 €.

Nous espérons pouvoir en offrir au moins 5 aux plus démunis de Chatila le temps de notre présence dans le camp. Et en même temps former aux métiers du bâtiment, afin que ces rénovations puissent continuer après notre départ, le plus grand nombre possible de stagiaires, pour les aider à sortir du chômage et de la misère.

4. Les locations d’outils.

Nous serons obligés de louer sur place un poste à soudure et ses bouteilles, deux perceuses électriques, une ou deux échelles, une carrelette pour tailler les carrelages à la bonne dimension, etc. Acheter une ou deux pelles pour faire le ciment-colle, etc. Ce poste va avoisiner au total les 500 €. Mais peut être détaillé et correspondre à des dons d’un montant inférieur. Toutes les factures acquittées seront évidemment ramenées à l’AFPS et seront consultables par tout donateur. Les dons pour ce poste « Location d’outils » vont vraisemblablement, sauf décision d’une donatrice ou d’un donateur, faire partie du « Pot commun », du budget général.

5. L’ensemble des frais annexes mais nécessaires : le voiturage de l’aéroport aux camps lors de l’arrivée des bénévoles, et pour leur départ, l’achat de l’outillage manquant et de la visserie, les imprévus, la petite fête pour la remise des certificats ou diplômes aux stagiaires méritants que cette reconnaissance de leur volonté de s’en sortir pourra stimuler, etc. Là aussi, chaque dépense sera acquittée sur facture archivée ensuite à l’AFPS. Les dons spécifiques pour ce poste seront donc dûment justifiés. En cas de carence de dons spécifiques pour les frais annexes, ce poste sera assumé par le « Pot commun », le budget général.

Il restera un très gros chantier que les responsables de « Rêves de Réfugiés » avaient pointé comme primordial, essentiel, c’est celui de l’amélioration du réseau électrique, en particulier du gainage des fils électriques tapissant les ruelles du camp. Les électrocutions mortelles sont trop nombreuses pour que l’on ne s’en soucie pas et ne mettions pas fin à cette insécurité. Le profil des bénévoles inscrits à ce jour ne permet pas d’attaquer de façon efficace et significative cet énorme chantier. Mais nous avons rendez-vous le 15 septembre à Paris avec des représentants de l’association « Electriciens Sans Frontières », qui pourraient venir établir sur place pour réaliser une mission d’identification : diagnostic, estimation des coûts, étude de faisabilité. Nous en reparlerons donc plus tard.

Pour le moment, vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème
Boîte 52
22 rue Deparcieux
75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier ou pour telle ou telle utilisation.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez.

Mille mercis !

Avec toutes les amitiés de l’équipe !

Contact

 

Appel à bénévoles pour projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés de Chatila et de Borj el Barajneh

L’AFPS plaide et agit pour le retour légitime des Palestiniens sur une terre dont ils ont été chassés. Devant le blocage de la situation diplomatique et politique, et le maintien des réfugiés depuis 1948, dans des camps qui devaient être provisoires, l’AFPS souhaite, à court terme, et sans aucunement remettre en cause le droit au Retour, alléger les conditions souvent inhumaines et indignes dans lesquelles ils se débattent en 2016, près de 70 ans après la Naqba.

Or les réfugiés palestiniens des camps de Chatila et de Borj el Barajneh, à Beyrouth, lancent un appel à bénévoles pour les accompagner dans leur double initiative.

Projet

Avec leur association Rêves de Réfugiés, ils ont commencé à réhabiliter des logements insalubres et des ruelles du camp de Chatila (en particulier réseaux électriques qui présentent d’importants risques d’électrocution) afin d’améliorer leurs conditions de vie, quel que soit leur futur (retour ou enlisement pour encore longtemps). Et ils ont besoin de compagnons bénévoles connaissant les techniques et métiers du bâtiment pour mener à bien ces rénovations.

A l’occasion de ces chantiers de rénovation des bâtiments, de voirie et de réseaux, ils demandent qu’on les aide à se former professionnellement aux métiers de la vie de tous les jours. Cette formation professionnelle assurée par les bénévoles a pour but d’aider les jeunes Palestiniens à sortir du chômage, donc de la misère et de la dépendance aux organismes internationaux et à Israël (plus tard, nous envisagerons des activités analogues en Cisjordanie.

Yann Renoult - Wostok Press

Yann Renoult – Wostok Press

Dangers et insalubrité existent également au camp de Borj el Barajneh, où l’amélioration indispensable d’une école de 150 élèves a été identifiée avec Najdeh, association d’aide sociale aux femmes réfugiées palestiniennes. Cette association a également exprimé le souhait d’un appui à la formation professionnelle pour femmes.

Profil des bénévoles

Professionnels du bâtiment (maçons, carreleurs, électriciens, plombiers, peintres, menuisiers, etc.) ou excellents bricoleurs, même retraités, passionnés de rénovation. Les bénévoles auront à former professionnellement les jeunes du camp à ces métiers de façon à leur permettre d’entrer dans le marché du travail (au camp, au Liban ou à l’étranger) voire de se mettre à leur compte, et de gagner leur vie.

Les bénévoles peuvent être des adhérents de l’AFPS, des membres d’organisations partenaires, des sympathisants, des personnes voulant agir en faveur des Palestiniens, et toute personne, quel que soit son âge, voulant participer activement à ces chantiers, à ces formations professionnelles..

Est possible un séjour seul, en couple, ou à deux ou trois copains/copines, ce qui peut rendre le séjour très agréable et votre action à Chatila tout aussi efficace.

Pas seulement les hommes ! En parallèle aux chantiers qui formeront aux divers métiers du bâtiment, vous pourriez, mesdames qui possédez des connaissances professionnelles en divers domaines, les transmettre aux jeunes femmes des camps de Chatila et de Borj el Barajneh afin de les aider à sortir du chômage et de la misère. Venez en couple ou bien à deux ou trois copines et nous organiserons des stages pour la formation professionnelle féminine dans les camps. Quelques souhaits de formation ont été exprimés : coiffure, manucure, esthétique, hygiène personnelle et collective, restauration, décoration, lutte contre la violence, soutien psychologique, etc. Ces activités seront menées principalement avec l’association Najdeh.

Opérations de formation professionnelle

Les opérations de formation professionnelle (travaux de réhabilitation de bâtiments et d’infrastructures, réseaux électriques, formation aux métiers féminins, etc.) seront définies conjointement avec les représentants des associations partenaires et avec le représentant de l’AFPS. Les matériaux et outillages nécessaires aux opérations seront fournis par l’AFPS et les associations partenaires. La réussite de chaque opération fera l’objet d’une évaluation. Elle ne se limitera pas à la bonne réalisation des travaux envisagés mais privilégiera la réussite de la formation professionnelle.

Dates

Entre la mi-septembre et la mi-novembre 2016, pour une première phase du projet. Une semaine, deux semaines… La durée que vous pouvez et que vous voulez ! Nous organiserons les stages en fonction des disponibilités que vous nous aurez précisées. Profitez de cette souplesse pour vous engager !

Organisation

Le groupe local de l’AFPS Paris 14ème-6ème pilote cette action. Un militant français de l’AFPS sera présent à Chatila de la mi-septembre à la mi-novembre afin d’accueillir les bénévoles à leur arrivée à l’aéroport, les installer dans les hébergements proposés par l’association Najdeh, leur donner toutes les indications concernant leur séjour et leur implication, et leur assurer les meilleures conditions de séjour. Les coordonnées de ce permanent (adresse mail et téléphone) seront communiquées aux bénévoles à la suite de leur inscription.

Il est envisagé en principe que les volontaires organisent eux-mêmes et prennent en charge leur voyage. Notre groupe local prendra en charge, si nécessaire, tout ou partie des frais de logement. Pour toute question ou suggestion relative au voyage et à l’hébergement, merci de nous contacter.

Présentation du contexte

Nous avons élaboré un cahier de présentation du Liban et de Beyrouth (historique et généralités), du camp de Chatila, de l’association locale à l’initiative des stages, des travaux à réaliser et des formations conjointes, des sites historiques et touristiques libanais à visiter hors des jours de travail (avant ou après la mission), des conditions de séjour (visa, argent, téléphone, avions, hébergements, etc.). Ce cahier « Chatila pratique » vous sera envoyé en fichier par mail sur simple demande.

Nous pouvons vous transmettre le compte rendu de la mission d’identification du projet qui a été réalisée du 25 mai au 1er juin et nous nous tenons à votre disposition pour toute information complémentaire.

Pour vous inscrire

Envoyez-nous par mail un bref document mentionnant vos nom et prénoms, votre âge et vos coordonnées (adresse postale, adresse mail, téléphone) et présentant brièvement votre expérience professionnelle, vos compétences, techniques ou pédagogiques, en rapport avec le projet, les précisions que vous souhaiteriez donner sur vos motivations, en nous signalant les remarques ou interrogations particulières que vous souhaiteriez formuler. Nous vous contacterons.

Contributions financières et diverses

Celles et ceux qui ne peuvent pas faire le voyage cet automne ou qui ne se sentiraient de vocation de formateurs bénévoles peuvent cependant participer au soutien aux réfugiés palestiniens et à nos partenaires, de multiples manières, en prenant des contacts utiles pour l’organisation et le développement du projet et pour le renforcement des partenariats, en diffusant l’appel à bénévoles et en recherchant des candidats, en participant aux diverses activités répondant à des demandes de nos partenaires, en se rendant sur place pour prendre connaissance de la situation des réfugiés et de l’action des associations partenaires, apporter un soutien aux équipes, et apprécier les réalisations du projet et l’impact des opérations de formation.

Ils peuvent aussi contribuer au financement des opérations de formation ou d’autres actions de solidarité qui seront proposées (parrainages en particulier). Un reçu fiscal correspondant sera envoyé. Vous serez informés du déroulement des opérations et des résultats obtenus.

 

Contacts :

Groupe local AFPS Paris 14ème-6ème

Boîte 52 – Maison des Associations du 14ème
22 rue Deparcieux – 75014 Paris

E-mail : afps.paris14.6@gmail.com

Contre la présence provocatrice d’Israël au Salon Eurosatory du 13 au 17 juin

Le Salon international de défense et de sécurité Eurosatory se tiendra du 13 au 17 juin à Villepinte. Le précédent salon, marqué par une présence israélienne massive, s’était tenu en juin 2014, quelques jours avant le début de l’agression contre Gaza.

Le site de la Chambre de commerce France-Israël indique :

« Les meilleurs Officiers et Généraux de Tsahal vont assister au Salon Eurosatory 2016 qui ouvrira ses portes en Juin. Ce salon mondial de la Défense et de la Sécurité terrestres et aéroterrestres donne une place très importante au savoir-faire technologique israélien. Des exposants de nombreux pays, dont Israël, donnent rendez-vous aux visiteurs.

Israeli_Defense_Industries_a_wide_range_of_combat_solutions_for_asymmetric_and_urban_warfare_Eurosatory_2014_640_001

Au programme, des démonstrations dynamiques de robots et de drones en évolution, des simulations, des débats pour confronter la doctrine, les choix technologiques et l’occasion aussi de découvrir réunies en en même lieu l’ensemble des innovations technologiques en matière de médecine opérationnelle, cyber sécurité, vidéo protection, vision de jour et de nuit, sous-traitance de haute technologie, électronique embarquée ».

Ce « savoir-faire technologique israélien » est largement testé sur le terrain contre les Palestiniens, ce qui constitue pour les marchands d’armes un puissant argument de vente.

Le site mentionne SIBAT, Direction de la coopération internationale du Ministère israélien de la Défense, et sept entreprises israéliennes mais la vidéo de présentation de SIBAT à Eurosatory  parle de plus de trente entreprises israéliennes, coordonnées par le Ministère de la défense. Le Ministère de la défense, dont le chef est désormais le raciste ultranationaliste Avigdor Liberman, est chargé en particulier de l’administration des territoires occupés, c’est-à-dire de l’appui à la colonisation et de la répression du peuple palestinien.

L’AFPS refuse et condamne toute coopération avec l’appareil militaro-sécuritaire israélien. Elle demande au gouvernement français, aux organismes publics et aux sociétés privées françaises d’y mettre fin, tant qu’Israël ne se conformera pas au droit international. Elle leur demande de ne pas se rendre complice des crimes exercés contre le peuple palestinien, notamment par l’expérimentation contre ce peuple de nouvelles armes mortifères. Et dans un premier temps, elle demande que soit annulée la participation à Eurosatory de tous les acteurs publics et privés israéliens qui participent à cette politique criminelle.

Le Bureau national de l’AFPS

1er juin 2016


Pour en savoir plus sur le système militaro-industriel israélien, voir The Lab ou cette longue présentation du film :

L’Europe doit suspendre l’accord d’association avec Israël !

Seule la fin de l’occupation militaire et de la colonisation du territoire palestinien par Israël ouvrira la voie à l’effectivité de l’État de Palestine. Créant les conditions de la fin du conflit, elle permettra d’assurer aux sociétés israélienne et palestinienne la sécurité et la paix auxquelles elles aspirent.

Israël refuse catégoriquement le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et l’État de Palestine. L’État d’Israël est le seul État membre de l’ONU qui refuse de fixer ses frontières. Il gagne du temps pour créer des faits accomplis sur le terrain par des mesures dilatoires telles que « le dialogue bilatéral » entre l’occupant puissant et reconnu et l’occupé totalement dépendant de l’occupant.

Les objectifs de la fin de l’occupation, voire du seul arrêt de la colonisation du territoire palestinien ne peuvent être atteints par de simples condamnations formelles qu’Israël méprise car il sait qu’elles seront sans conséquences concrètes.

Il faut mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, par de vraies sanctions des États et de la communauté internationale.

L’Europe, premier partenaire économique d’Israël, dispose d’un moyen de pression :

l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

(Accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et l’État d’Israël, signé le 20 novembre 1995, entré en vigueur le 1er juin 2000, publié le 20 juin 2000)

Cet accord vise le développement du libre échange, le renforcement de la coopération et l’instauration d’un dialogue politique entre les parties. Il permet aux produits israéliens (à l’exclusion de ceux produits dans les colonies en Palestine) de pénétrer sur le marché européen à un tarif douanier préférentiel.

Les considérants et l’article 2 de l’accord précisent qu’il est fondé sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques. Or l’État d’Israël viole les droits des Palestiniens et les principes démocratiques en ce qui les concerne, pratique la colonisation, qui constitue un crime de guerre, viole la Charte de l’ONU et les résolutions de l’ONU concernant la Palestine et les Palestiniens. Il viole également des clauses commerciales de l’accord en faisant passer les produits des colonies comme des produits « Made in Israël ».

Nous demandons à la France et à l’Union européenne de suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël tant qu’Israël poursuivra la colonisation et l’occupation de la Palestine.


Rapport FMEP 2013

Rapport FMEP 2013

Occupation : pas d’accord !

Le territoire palestinien est occupé militairement par Israël depuis juin 1967. Selon l’ONU, ce territoire est composé de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-est, et de la bande de Gaza, délimités dans les accords d’armistice après la guerre israélo-arabe de 1948-1949 par ce que l’on appelle la « Ligne verte ». Le 29 novembre 2012, l’Assemblée générale de l’ONU, à une écrasante majorité de ses membres (138 voix pour dont la France et 9 contre), a reconnu l’État de Palestine dans ces frontières. De plus, 137 États ont déjà fait des gestes de reconnaissance de l’État de façon bilatérale (mais pas encore la France).  Cet État de Palestine n’est pour le moment admis à l’Assemblée générale que comme membre « observateur ». Il peut prendre part aux débats mais ne vote pas. Notons aussi que l’État de Palestine est membre de la Cour Pénale internationale depuis avril 2015 et de l’Unesco depuis octobre 2011 et qu’il a signé plusieurs conventions internationales, par exemple la convention de Genève de 1949 sur les prisonniers de guerre en avril 2014, la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques en mars 2016.

Cependant, Israël poursuit la colonisation à marche forcée du territoire palestinien au mépris de toutes les condamnations de la communauté internationale, du droit international, notamment la convention de Genève sur la protection des populations civiles. Cela pour empêcher à tout prix l’effectivité de l’État de Palestine. Cette situation est une menace pour la paix mondiale.

Il faut mettre fin à l’impunité d’Israël.

Après l’échec de toutes les négociations bilatérales depuis 22 ans (accords d’Oslo), la communauté internationale (Etats et société civile) a pris conscience de la nécessité d’imposer de l’extérieur une pression suffisante sur Israël, pour le contraindre respecter les résolutions de l’ONU.

Il faut privilégier le droit et l’action non-violente.

C’est ce que réclame le mouvement mondial des sociétés civiles « boycott, désinvestissement, sanctions – BDS ». Pour isoler politiquement Israël et déboucher sur des pressions contraignantes tant qu’il colonise un territoire qui appartient à un autre État, il faut des sanctions économiques. L’Union européenne a signé en 1995 un accord d’association avec l’État d’Israël, entré en vigueur en juin 2000. La sanction la plus  efficace et la plus simple à mettre en œuvre car elle résulterait de l’application de l’accord lui-même est

la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

En effet, le préambule de l’accord rappelle les engagements politiques des signataires dont le respect des « principes de la charte des Nations unies, en particulier le respect des droits de l’Homme et de la démocratie, qui constituent le fondement même de l’association ».

Or, plusieurs clauses de l’accord sont violées par la partie israélienne. Ces violations constituent également une violation plus générale des principes de la Charte des Nations unies, de la IVe convention de Genève sur la protection des populations civiles en temps de guerre, qui impose un traitement discriminé entre combattants et non-combattants., etc. Suivant l’article 2 de l’accord, « les relations entre les parties, ainsi que toutes les dispositions de l’accord lui-même se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques qui (…) constitue un élément essentiel de cet accord ». Israël viole systématiquement les droits de l’Homme dans les Territoires occupés : usage disproportionné de la force, sanctions collectives, destructions de maisons, arrestations et détentions arbitraires, assassinats politiques ou exécutions extra-judiciaires, etc.

D’autre part, Israël viole des clauses commerciales de l’accord d’association en particulier la règle d’origine. Le Protocole 4 de l’accord « concernant la définition du concept de « produit d’origine » et les méthodes de coopération administrative », prévoit que le traitement préférentiel est accordé aux produits provenant des territoires des parties, excluant ainsi les produits provenant en tout ou pour une grande part des territoires occupés. Israël fait entrer dans l’UE sous la mention « Made in Israël » de nombreuses marchandises produites dans des colonies en Palestine.

L’Europe doit suspendre l’accord d’association avec Israël !