Non, Netanyahou n’est pas le bienvenu ni à Paris, ni à Bruxelles !

Le Président Trump vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de décider d’y transférer son ambassade. Ces décisions qu’Israël et son Premier Ministre Netanyhaou demandaient depuis des années sont illégales au regard du Droit international.

Le Président Macron a jugé cette décision « regrettable » et a affirmé que la France ne la soutenait pas car « elle contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ».

L’Union Européenne a mis en garde contre les graves répercussions que cette décision pourrait entraîner. « Une solution doit être trouvée à travers des négociations pour résoudre le statut de Jérusalem comme future capitale de deux Etats (israélien et palestinien), de façon à ré-pondre aux aspirations des deux parties », a déclaré Fédérica Mogherini au secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson qu’elle recevait mardi.

La décision américaine prise sous la pression des évangélistes, conforte la politique de colonisation et d’annexion du gouvernement d’extrême-droite de Netanyahu, et ses violations constantes des droits de l’Homme et du droit international.

Dans ces conditions, la prochaine visite du premier ministre israélien à Paris le 10 décembre, et à Bruxelles où il s’est invité à une réunion informelle des ministres des affaires étrangères, doit être l’occasion pour les autorités françaises et européennes de manifester une opposition ferme à la politique guerrière du gouvernement israélien et d’adopter enfin des mesures effectives à commencer par la reconnaissance de l’État de Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale.

Rassemblement le 9 décembre à 14h sur la place de la République.

 

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La Terre parle arabe, lundi 12 juin aux 7 Parnassiens

Film documentaire palestinien réalisé par Maryse Gargour en 2007.

Le film de Maryse Gargour est construit essentiellement sur des citations des leaders sionistes, sur des archives audiovisuelles inédites, sur la presse de l’époque et sur des documents diplomatiques occidentaux, croisés avec des témoignages de personnes ayant vécu directement cette période. Le fil conducteur historique est donné par l’historien Nur Masalha. « La Terre parle arabe » croise le regard de l’historien et du cinéaste pour soulever une vérité brûlante, celle du nettoyage et de la spoliation de la terre palestinienne par les sionistes.

Suivi d’un débat animé par Sandrine Mansour

Née d’un père palestinien et d’une mère française, Sandrine Mansour est docteur en histoire (thèse auprès de Henri Laurens) et chercheur au CRHIA (centre de recherches en histoire internationale et atlantique) à l’université de Nantes. Auteure de L’histoire occultée des Palestiniens (1947-1953).

lundi 12 juin à 20 h aux 7 Parnassiens

98 boulevard du Montparnasse 75014 Paris, métro Vavin

Dans le cadre de

  

et de la Campagne 2017 / Justice pour la Palestine !

Tarif réduit sur présentation du tract à télécharger

Les produits AHAVA sont encore fabriqués dans la colonie de Mitzpe Shalem en Palestine occupée

En avril 2015, un protocole d’accord de cession a été passé entre les actionnaires de AHAVA et le groupe chinois FUSON. En novembre 2016, la cession n’était pas totalement effectuée.

Il a aussi été annoncé alors un transfert de l’entreprise de Mitzpe Shalem à Ein Gedi, oasis israélienne de l’autre côté de la Ligne Verte.

En novembre 2016,  Ahava, usine et centre de visiteurs à Mitzpe Shalem, colonie israélienne en Cisjordanie (West Bank sur les emballages)  sont toujours opérationnels.

La colonisation israélienne croissante est un des obstacles majeurs à la paix entre Palestiniens et Israéliens, dans des frontières d’États respectifs  internationalement reconnus.

Étiquetés il y a peu « Israël » ou « West Bank » actuellement, les produits AHAVA sont vendus avec une étiquette trompeuse. (infraction à l’art. L 121-1 du Code de la consommation)

ACHETER DES PRODUITS AHAVA, C’EST PARTICIPER (INVOLONTAIREMENT) À L’OCCUPATION ILLÉGALE  DE LA PALESTINE ET FAIRE OBSTACLE À LA CONSTRUCTION DE L’ÉTAT DE PALESTINE.

Les tribulations d’une Palestinienne à l’aéroport de Roissy… ou « Aussi difficile de retourner en Palestine que d’en sortir ! »

Deux de nos adhérents ont accueilli la semaine dernière une jeune Palestinienne d’Halhul qui achevait un séjour de 6 mois en France comme Volontaire du service européen et l’ont accompagnée à Roissy. Le passage au guichet d’enregistrement leur a inspiré un petit texte.

S., jeune Palestinienne de Halhul, a passé six mois en France comme VSE (Volontaire du Service Européen) auprès de l’association Romans International . C’est l’association d’échanges culturels Hébron-France qui a organisé son départ dans ce cadre. S. est arrivée en France le 7 septembre 2016 avec un visa de 6 mois courant du 5 septembre 2016 au 5 mars 2017.

Ce visa, délivré par le consulat général de France à Jérusalem, ouvre droit à des entrées multiples en France (à l’exclusion des CTOM, collectivités et territoires d’outre-mer comme la Polynésie française), à l’exclusion de tout autre pays. C’est un visa de type D qui porte les mentions suivantes : « long séjour temporaire » et « dispense temporaire de carte de séjour ».

Le samedi 4 mars 2017, nous avons accompagné S. qui repartait sur un vol Lufthansa Paris-Francfort, puis sur un vol Francfort-Amman, trajet inverse de celui qu’elle avait effectué à l’aller. Au guichet d’enregistrement, les choses n’ont pas été simples et l’employé, par ailleurs tout à fait courtois, a dû faire appel à une collègue spécialiste de la réglementation sur l’immigration.

Le premier point litigieux était que S. n’avait pas de justificatif de voyage de Jordanie en Palestine. Rien ne prouvait donc qu’elle rentrerait bien en Cisjordanie. Par ailleurs, comme elle n’avait pas de visa jordanien, nos interlocuteurs en inféraient qu’elle pouvait être refoulée par les Jordaniens et donc renvoyée à son point de départ, Paris. La compagnie aérienne Lufthansa serait alors dans l’obligation de la ramener à Paris, comme en pareil cas de refoulement.

Au détour des échanges, nous avons pu constater combien nos interlocuteurs étaient ignorants de la situation. C’est ainsi que l’employé du guichet a demandé à S. si elle avait un billet d’avion de Amman à chez elle, ignorant que la Palestine ne dispose d’aucun aéroport sur son territoire, a fortiori d’aéroport international, et que le seul point d’entrée et de sortie pour les Palestiniens est le Pont Allenby.

Le deuxième point litigieux a été le transit par Francfort. En effet, le visa délivré par le consulat de France ne permettait pas à S. d’entrer dans les autres pays de l’espace Shengen. D’après nos interlocuteurs, S. passerait le contrôle de l’immigration à Francfort et pourrait être refoulée et donc, là encore,ramenée par Lufthansa à son point de départ.

Nous avons passé environ une heure au guichet d’embarquement et l’histoire s’est bien terminée puisque les employés Lufthansa de Roissy ont fini par délivrer à S. ses deux cartes d’embarquement et qu’elle est bien arrivée à Amman. Elle ne semble donc pas avoir été inquiétée à Francfort. Il nous reste à vérifier la question de l’obligation ou non du contrôle de l’immigration dans le cas d’un transit dans l’espace Shengen.

De cette petite histoire, on peut tirer quelques conclusions :

  • les Palestiniens – et sans doute les ressortissants d’autres pays « sensibles » – ont quasi autant de mal à sortir de chez nous qu’à y entrer ; avec l’absurdité qu’il y aurait à refouler éventuellement un Palestinien en France ;
  • les compagnies aériennes, par crainte de devoir ré-acheminer à leurs frais des passagers potentiellement « refoulables », sont très sourcilleuses ;
  • le passager peut toujours être à la merci d’un employé qui fait du zèle, notamment quand, comme S. ou comme nous qui l’accompagnions, il ne connaît pas précisément la réglementation attachée aux différents types de visas ou aux voyages aériens ;
  • on a tout intérêt à bien connaître cette réglementation ;
  • tout se passe comme si les autorités françaises et internationales, aéroportuaires et policières, se conformaient sans ciller aux contraintes de « sécurité » imposées par Israël et les USA relativement aux conditions de voyages aériens, d’autant plus intransigeantes qu’elles concernent des porteurs de passeports rares (l’Autorité palestinienne, sans statut de « pays » classique) ou des ressortissants de pays dits « sensibles ». Malheur, alors, à l’individu seul face à des règlements souvent complexes et clairement discriminatoires.

Suspension de l’accord d’association de l’Union européenne avec l’État d’Israël

petitions

Occupation : pas d’accord !

Le Conseil de sécurité de l’ONU, dans sa résolution 2334 du 23 décembre 2016, « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, (…) »
« (…) Demande l’adoption immédiate de mesures énergiques afin d’inverser les tendances négatives sur le terrain, qui mettent en péril la solution des deux États ; (…) »
« Décide de demeurer saisi de la question. »
De simples condamnations formelles sans conséquences concrètes ne pourront aboutir à la fin de l’occupation ni même à l’arrêt de la colonisation.

Il faut mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, par de vraies sanctions !

Nous demandons que l’Union européenne suspende son accord d’association avec Israël tant que ce pays poursuivra la colonisation et l’occupation de la Palestine.

(Accord euro- méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et l’État d’Israël, signé le 20 novembre 1995, entré en vigueur le 1er juin 2000, publié le 20 juin 2000)
Cet accord vise le développement du libre échange, le renforcement de la coopération et l’instauration d’un dialogue politique entre les parties. Il permet aux produits israéliens (à l’exclusion de ceux produits dans les colonies en Palestine) de pénétrer sur le marché européen à un tarif douanier préférentiel.
Les considérants et l’article 2 de l’accord précisent qu’il est fondé sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques. Or l’État d’Israël viole les droits des Palestiniens et les principes démocratiques en ce qui les concerne, pratique la colonisation, qui constitue un crime de guerre, viole la Charte de l’ONU et les résolutions sur la Palestine et les Palestiniens. Il viole des clauses commerciales de l’accord en faisant passer les produits des colonies comme des produits « Made in Israël ».

Depuis le 16 novembre 2016, une campagne nationale lancée par plusieurs dizaines d’associations françaises dont la nôtre, demande à l’Union européenne sa suspension,

et une pétition est à signer : http://www.france-palestine.org/Campagne-pour-la-suspension-de-l-Accord-d-association-UE-Israel

Voir aussi

LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°3

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh

 

Après la fin des travaux et le retour des bénévoles : le temps de l’évaluation et des témoignages.

 

Le premier bulletin daté du 27 septembre vous avait informés du démarrage effectif du projet avec l’arrivée d’André. Un second bulletin diffusé à mi-octobre signalait l’arrivée de François, Emmanuel, Mathieu et David, bénévoles pour les chantiers du bâtiment, et décrivait les premiers chantiers : travaux de peinture à l’école de Rêves de réfugiés à Chatila, améliorations du centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh et travaux dans un premier logement à Chatila, chantier particulièrement difficile, au 8ème étage d’un immeuble, sous une terrasse particulièrement dégradée. Il signalait brièvement le début des appuis à Najdeh, avec l’arrivée de Françoise le 1er octobre.

Ce bulletin se terminait sur une interrogation sur la présence irrégulière des jeunes volontaires, explicable par la recherche quotidienne de petites activités rémunérées, parallèlement à leur participation aux travaux.

Les travaux et formations aux métiers du bâtiment

Les chantiers se sont poursuivis en octobre et novembre par des travaux de peinture au Centre psychosocial de Najdeh à Chatila et par un deuxième, puis un troisième chantier de logement.

Le projet s’est terminé sur le terrain le 12 novembre avec l’achèvement des travaux de remise en état du troisième logement et le retour en France du coordinateur, André, et des trois derniers bénévoles, Vincent, Hubert et Jean-Claude.

Au total, huit bénévoles se sont succédé pour des durées variables entre le 22 septembre, date d’arrivée du coordinateur, et mi-novembre sur les chantiers de bâtiment : amélioration de l’école de Rêves de réfugiés, de centres psychosociaux de Najdeh dans les deux camps et de trois logements à Chatila.

L’intérêt du travail dans des logements a été reconnu. Il permet, outre les améliorations substantielles des conditions de vie de familles pauvres, sélectionnées par Rêves de réfugiés de traiter des métiers diversifiés, incluant la plomberie et l’électricité.

Travaux de peinture dans un logement

Travaux de peinture dans un logement

Si ces travaux se sont achevés avec succès, le nombre des jeunes volontaires n’a pas répondu à nos attentes : Rêves de réfugiés avait évoqué 25 volontaires, nombre excessif et dont l’encadrement n’aurait pas pu être réalisé dans de bonnes conditions. Sept volontaires se sont présentés et quatre ont finalement été formés. Des diplômes leur ont été remis à l’occasion de la réception des travaux du logement de Maryam. L’un d’entre eux s’est immédiatement engagé dans une activité professionnelle.

La remise des diplômes

La remise des diplômes

L’appui à Najdeh

Françoise, psychologue a apporté son appui au jardin d’enfants de Najdeh à Chatila (70 enfants de 3 à 5 ans, répartis en trois classes et encadrés par trois animatrices) et a transmis à Najdeh un rapport sur son activité. Elle a ensuite poursuivi ses observations au Centre psychosocial de Najdeh à Chatila. Elle a été sollicitée par Najdeh pour participer à la formation de l’ensemble de ses psychologues.

Elisabeth, professeur d’anglais retraitée, a constaté l’intérêt de l’apprentissage de l’anglais pour les réfugiés, particulièrement pour les animatrices de Najdeh, dans un contexte où tous les manuels scolaires, fournis par l’UNRWA, sont rédigés en anglais. Amara, professeur de français, a malheureusement constaté l’absence d’intérêt pour l’apprentissage de notre langue et a dû passer à l’anglais. Isabelle, enseignante en Sciences de la vie et de la terre et monitrice de secourisme, a donné des cours de secourisme à des enfants et adolescents.

Bien que toutes les candidatures de bénévoles aient été présentées à Najdeh, les bénévoles déplorent une préparation insuffisante et de sérieuses lacunes dans l’accueil, du moins au niveau de la direction de Najdeh, grande association où l’information a parfois mal circulé.

Au-delà de ces difficultés, la mission aura permis de faire connaître la réalité des camps, le fonctionnement des écoles et des centres psychosociaux de Najdeh, d’établir de précieux contacts, de suggérer des idées nouvelles de futures coopérations, qui pourraient viser la formation des équipes d’animatrices et des psychologues avec qui des liens ont été créés pendant la mission, mais en prenant le temps d’identifier les besoins et de discuter en détails les conditions de réalisation de futurs projets.

Une classe de Najdeh à Chatila

Une classe de Najdeh à Chatila

Les témoignages

René, journaliste et écrivain, a bénéficié de l’appui d’Hervé Sabourin, directeur régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie (Bureau Moyen-Orient), qui  l’a mis en contact avec sept jeunes élèves-interprètes libanaises, grâce auxquelles il a pu interviewer des réfugiés.

Un livret de témoignages est en cours de préparation. Il regroupera « Treize jours à Chatila – Portraits et paysage », réalisé par René, et les témoignages de Françoise, d’Elisabeth et d’Amara, et sera illustré par des photographies prises par François.

Ce livret sera diffusé aux adhérents de notre groupe local, à l’ensemble des groupes locaux de l’AFPS et à tous ceux qui ont participé au projet ou qui l’ont soutenu.

L’évaluation du projet

La déroulement et les résultats du projet posent de nombreuses questions sur sa préparation et sur son organisation, sur d’éventuels malentendus linguistiques ou culturels, voire sur la pertinence d’un projet de formation professionnelle dans un camp de réfugiés, en particulier à Chatila, lieu emblématique qui concentre déjà l’attention et les financements de multiples ONG. Les avis des bénévoles sont partagés sur ces questions.

L’évaluation du projet s’efforcera d’y répondre, en recueillant les avis de tous les bénévoles et de nos partenaires locaux.

Cette évaluation a commencé en décembre. Elle est encore en cours. Elle a été basée dans une première étape sur des entretiens avec l’ensemble des bénévoles, ayant travaillé sur les chantiers du bâtiment ou en appui à Najdeh, presque achevés.

Une réflexion menée sur la base des résultats de ces entretiens et de leur synthèse va permettre de préciser le contenu du dialogue qui sera mené avec les deux associations partenaires, d’en tirer des enseignements  pour la préparation de projets en général, sur la situation des réfugiés palestiniens et les perspectives de travail dans les camps, sur la pertinence et l’organisation souhaitable de projets de formation professionnelle

Nous prévoyons d’organiser une réunion début mai avec la participation des bénévoles disponibles pour présenter et discuter les conclusions de l’évaluation, avant de décider de suites à donner pour de nouveaux projets, en matière de formation ou dans d’autres domaines, avec les partenaires de ce premier projet ou avec de nouveaux partenaires, au Liban ou en Palestine.

Un grand merci à André et à tous les bénévoles, à nos partenaires, animateurs et animatrices de Rêves de réfugiés et de Najdeh, aux jeunes volontaires et élèves-interprètes !

Le massacre de Dawayima – 29 octobre 1948

Nous traduisons ici un article de Kifah Abdul Halim, rédactrice en chef du site « Al Lassaa » (morsure/Piqûre en arabe). 

Kifah Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël, interviendra le 18 novembre aux côtés d’Eléonore Merza Bronstein et d’Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens, et de Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien, lors de la conférence-débat que nous organisons à la salle des fêtes de la mairie du 14ème avec les équipe de Paris 14ème du CCFD-Terre Solidaire et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme, sur le thème « Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés ».


Malgré l’opacité autour du massacre de Dawayima  et l’interdiction d’accès à l’ensemble des documents d’archives associés, des preuves montrent que, durant ce que les Israéliens appellent « la guerre d’indépendance », ce fut dans l’absolu l’un des massacres le plus horrible.

Dans ce qui suit, nous publions un rapport spécial à l’occasion de l’anniversaire du massacre du 29 octobre 1948.

Kifah Abdul Halim, le 29 Octobre 2016

 

Pour cela

Il a pénétré le village occupé sur le dos d’une jeep,
Un jeune audacieux et armé… comme un lionceau
Dans la rue dévastée,
Face à lui un vieux et une femme collés contre le mur.

Le jeune a souri, découvrant ses dents de lait.
« Testons la mitraillette » … et il a testé.
Avec ses mains, le vieux a caché son visage…
et puis il a couvert le mur de son sang.

Mes chers, c’est l’image des batailles de la liberté,
Il y en a bien plus atroces. Ce n’est pas un secret.
Notre guerre appelle à l’expression et aux chansons …
Eh bien, qu’elle soit chantée pour cela aussi !

Qu’elle soit chantée alors, pour ces « doux accidents »
Qui s’appellent, par hasard, meurtres.
Qu’on chante les conversations de ceux qui entendent et savent,
Qu’on chante les sourires du renoncement et du pardon

Puis qu’on ne dise pas : « Ce sont juste des détails dans le chapitre de la gloire. »
Un groupe est identique à une personne (Pareil au même)
Si le groupe écoute la personne narratrice
Et ne l’enferme pas dans un cachot !

Parce que ceux qui portent l’habit de la guerre, et nous sommes avec eux,
En effet,
Ou par l’éducation du consentement,
Sont poussés, par le bégaiement de la « Nécessité » et de la « vengeance »,
Du côté des criminels de la guerre.
La guerre est cruelle, le prédicateur naïf sera renvoyé
De devant d’elle par un gnon.
Mais pour cela,
La question de la justice et la question de la miséricorde
Si elles y étaient, elles sont comme elle cruelles.

Et le groupe chanteur du charme de sa gloire,
Ceux qui versent du miel sur son péché
Ô, si seulement (espérant) elle les punit avec une main d’acier
Dans les tribunaux militaires !

La tranquillité qui chouchoute « Vraiment… » s’isolera.
Craint de voir son visage dans le miroir !
Le soldat hébreu se dresse ! S’abrite.
De la léthargie (hébétement) du public hébreu

Et la guerre du peuple, qui a résisté sans peur
Devant les sept armées des rois d’Orient,
Ne craindra pas l’argument « ne propagez pas nos scandales publiquement. »
Elle n’est pas lâche à ce point !

Le 19 novembre 1948, Nathan Alterman publie pour la première fois le poème « Pour cela » dans les colonnes de l’hebdomadaire « Davar ». Au milieu de la guerre de « l’indépendance », telle qu’elle est nommée par les Israéliens, ce poème a eu un énorme écho. Surtout quand à travers celui-ci, Nathan Alterman, qui est devenu entre-temps l’un des plus importants poètes nationalistes (probablement le deuxième après Bialik), a critiqué les crimes de la guerre commis par les soldats israéliens. Il a même demandé qu’ils soient traduits en justice, à un moment où les critiques étaient quasi absentes voir étouffées. À l’époque, Alterman a reçu des éloges sur son audace tandis que certains ont qualifié son poème de « cri de la conscience ». Bien que cela semblait pour certains une sorte d’« exposition publique de son linge sale », le poème « Pour cela » est devenu avec les années un des textes fondateurs de la conscience Israélienne, à un point que jusqu’à aujourd’hui il est enseigné dans les écoles juives d’Israël pour mettre en avant l’éthique (israélienne) de la guerre et plus particulièrement ce qu’ils appellent « La pureté des armes ». Un terme qu’Israël aime utiliser pour revendiquer l’immunité morale de son armée.

Ultérieurement, d’autres théories (analyses) suggéraient que le poème a été publié pour des raisons politiques. Ben Gourion, le ministre de la défense de l’époque, aurait demandé à Alterman, avec qui il était en étroite relation, de l’écrire. Ceci dans le cadre d’un effort pour absorber et contenir les critiques soulevées que suscite ce carnage dans le cœur de quelques-uns, mais aussi pour camoufler les responsabilités des officiels et des responsables politiques. Ce qui confirme cette thèse, c’est le fait qu’Alterman avait ajouté un paragraphe (un quatrain), au début du poème à la suite des ordres qu’aurait émis Ben Gourion pour imprimer milles copies du poème et les distribuer parmi les soldats et ceci après être préalablement intervenu quand la censure militaire a interdit la publication du poème. Voici ce que disent ces vers :

Au milieu des jours de combat, nous nous réveillons sur ces choses.
Le ministre de la Défense, a ajouté à ce qui est dit ici en vertu de ses prérogatives.
Son travail celui-ci, n’est pas courant dans les questions de guerre, digne d’un poème,
Que ça soit en termes d’objectifs, ou en termes d’exemplarité et de force intime (intérieure).

L’écrivain Israélien Yitzhak Loar estime pour sa part : « Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que le poème ait été écrit sur demande. Le pouvoir, n’importe quel pouvoir, divise toujours les crimes en deux catégories, ceux qui sont commis en son nom et dans ce cas il est préférable de ne pas en parler, et ceux qui ne sont pas commis en son nom et dans ce cas il est possible de traduire ses auteurs en justice ou du moins le réclamer. »

Comme Alterman ne désigne pas explicitement le village visé (concerné), la question importante demeure : Où exactement ces crimes ont-ils été commis ?

La croyance dominante est que Alterman désigne les événements qui se sont produits pendant l’opération d’occupation de Lod connue pour sa cruauté, et qui s’est produite environ quatre mois avant la publication du poème. Cependant Menachem Finkelstein qui occupait le poste d’Avocat Général de l’armée estime que le poème désigne d’autres événements produits à la fin du mois de novembre en 1948, un peu avant la publication du poème, dans le village Dawayima (village vidé de ses habitants dans le district d’Hébron).

Certains chercheurs Israéliens confirment cette hypothèse surtout qu’Alterman lui-même a servi dans le Bataillon 89, qui était responsable de ces événements, et dont les soldats juifs ont commis des atrocités envers les habitants du village et envers ceux qui s’y sont réfugiés et où il n’a été épargné aucun enfant, ni femme, ni vieux.

L’historien israélien B. Morris, devenu célèbre grâce à son livre La naissance du problème des réfugiés palestiniens, signale (précise) à cet égard que le plus atroces des « opérations » ont été commises dans Saliha, Deir Yassin, Lydda, Dawayima et Abu Shusha, mais il ajoute par la suite que les massacres les plus atroces dans l’absolu ont été perpétrés à Lod et à Dawayima lors de la « guerre de l’indépendance ».

De son côté l’activiste de l’association « palestiniennes » (pour dire : affaires palestiniennes) et spécialiste des villages palestiniens abandonnés Jihad Abu Raya souligne : « Les gens ont entendu parler du massacre de Lod, mais beaucoup ne savent rien en ce qui concerne le massacre de Dawayima où les crânes des enfants ont été broyés avec des bâtons et où l’on a assisté à la démolition de maisons, à la mise à mort des personnes âgées et à la poursuite des habitants qui se sont réfugiés dans les grottes où l’on a exterminé des familles entières. La plupart des personnes tuées étaient venues de l’extérieur du village, selon les informations dont nous disposons. Ils s’y sont réfugiés fuyant d’autres endroits. C’est pour cette raison nous avons dû faire face à beaucoup de difficultés dans la collecte des récits et des données sur ce qui est arrivé par comparaison à d’autres massacres comme à Deir Yassin et à d’autres endroits. »

Il n’est pas étonnant si Israël impose le secret jusqu’à aujourd’hui pour tous les documents relatifs à l’occupation de Dawayima. Cependant, nous trouvons des preuves claires du massacre dans une lettre qui a était envoyée par le soldat Ch. Kablan, dix jours après le massacre, à son ami Eliezer Berri, qui travaillait comme rédacteur dans le journal Al Hamchmar décrivant les horreurs de ce qui a eu lieu là-bas.

Abu Ria souligne : « Il faut noter que ce message a disparu de l’archive, comme beaucoup d’autres documents, dans une tentative de cacher les horreurs du crime commis à Dawayima. Mais certains historiens israéliens ont réussi à obtenir une copie de la lettre avant qu’elle ne disparaisse. Ce qui a permis à Benny Morris, de l’utiliser dans son livre Correction d’une erreur, ainsi que Tom Segev dans son livre 1949

Nous diffusons dans ce qui suit le contenu de la lettre tel qu’il a été publié le 02 juillet 2016 dans le journal Haaretz qui l’a obtenu de l’historien Benny Morris lui-même

Cher Eliezer,

J’ai lu aujourd’hui l’éditorial de Al Hamchmar traitant des questions concernant notre armée qui contrôle tout sauf son instinct primaire.

Voici le témoignage d’une histoire qui m’a été racontée par un soldat qui est arrivé à Dawayima une journée après son occupation. Ce soldat est des nôtres, cultivé, fidèle et digne de confiance à cent pour cent. Il m’a ouvert son cœur par besoin psychologique. Il est au bord de l’effondrement et envahi par la dépression à cause des horreurs qu’il a rencontrées et le niveau de barbarie que nos hommes, fils de l’éducation et de la culture, sont capables d’atteindre. Il m’a ouvert son cœur, parce qu’il n’y a pas beaucoup de cœurs disposés à l’écouter.

Il n’y avait pas de batailles, ni de résistance (pas d’Egyptiens non plus). Les premiers occupants ont tué entre 80 et 100 arabes parmi les femmes et les enfants. Ils ont tué des enfants, en brisant et en broyant leurs crânes avec des bâtons. Il n’y avait pas une seule maison sans morts. La deuxième vague était un contingent de l’armée dont faisait partie le soldat qui témoigne.

Il restait dans le village des femmes et des hommes arabes. Ils les ont enfermés dans des maisons sans leur donner à boire ou à manger. Puis vinrent les hommes chargés d’explosifs pour faire sauter les maisons. Un des commandants a ordonné à l’un d’entre eux d’enfermer deux vieilles femmes arabes dans la maison qui était sur le point de sauter. L’artificier a refusé en disant : « je n’exécute que les ordres de mon propre commandant ». Dès lors, son commandant intervient et lui ordonne de faire entrer les deux vieilles. Puis le crime a pu être accompli.

Un autre soldat se vantait d’avoir violé une femme arabe, avant de l’abattre. C’était une femme avec un bébé de deux jours dans ses bras. Ils lui faisaient nettoyer la place où les soldats mangeaient. Elle les a servis pendant deux jours pour qu’à la fin ils lui tirent dessus ainsi que sur son bébé.

Le soldat disait que leurs commandants, hommes moraux, cultivés et considérés comme la crème de la société, se sont transformé en d’abjects et minables tueurs. Cela ne s’est pas produit à un moment d’emportement et d’hystérie qu’on peut atteindre par peur lors d’une bataille chaotique, c’était tout simplement un processus systématique et prémédité dans l’objectif d’expulser et exterminer.

Moins il y a d’arabes, mieux c’est. C’est le motif politique pour expulser et commettre les atrocités que ne conteste ou condamne personne, que cela soit au niveau exécutif ou au niveau du commandement militaire. Moi-même j’étais au front, il y a deux semaines et j’ai entendu les soldats et leurs officiers se vanter de comment ils ont pourchassé et abattu des arabes sans raison. De toute façon on considère que c’est une mission importante et qu’il y a une course à gagner.

Nous sommes dans une situation délicate. Si nous portons nos cris aux médias, nous aurons aidé la ligue arabe à laquelle nos représentants répondent avec des arguments peu convaincants. Si nous ne faisons rien, c’est une complicité avec l’ignoble. Le soldat m’a dit que Deir Yassin n’était pas la pire. Est-ce normal qu’on s’indigne pour Deir Yassin et qu’on ne le fasse pas pour ce qui est de loin plus laid.

Nous devons faire un scandale sur les chaînes internes, demander une enquête interne et punir les coupables. Avant tout il faut créer dans l’armée une unité spéciale pour la retenue. Moi-même j’accuse en premier lieu le gouvernement qui ne se sent pas concerné par l’interdiction de ces phénomènes et qui peut-être au contraire les encourage indirectement. Ne rien faire c’est une sorte d’encouragement. Un commandant m’a dit qu’il y a un ordre non écrit de ne pas garder de prisonniers. La signification de « prisonniers » a été donnée à chaque soldat et commandant.

Un prisonnier peut être un arabe, une arabe ou un enfant arabe. Je t’écris pour que dans les rédactions et dans le parti se sache la vérité et pour qu’ils entreprennent des actions significatives. Au moins, qu’ils ne se fassent pas entraîner derrière une diplomatie fallacieuse qui couvre le sang et le meurtre. Et si c’est possible il ne faut pas se taire au niveau du journal.

                                                                                                                              Kablan

Le massacre de Dawayima s’est déroulé le 29 octobre 1948, le nombre de victimes estimé est de plusieurs centaines. Une rapide enquête de pure forme a été commandée sur le massacre. La Commission Internationale s’est faite berner, a été mal orientée et induite en erreur. En 1955 la colonie « Omtsia » a été construite sur les ruines de Dawayima. « Omtsia » doit son nom à l’un des rois de Juda, mieux connu pour sa cruauté dans la guerre et sa barbarie.

Lire la version originale

Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés

Vendredi 18 novembre de 19h à 23h

Réunion publique organisée avec le CCFD – Terre solidaire

et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme

avec Éléonore Merza Bronstein et Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens,

Kifah  Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël,

Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien

 

Art Attack - Banksy - Palestine mur près de Qalandiya Crédit : Wikimedia Commons

Art Attack – Banksy – Palestine mur près de Qalandiya
Crédit : Wikimedia Commons

 

Éléonore Merza Bronstein, anthropologue du politique et spécialiste  de la société israélienne est une militante anticolonialiste,  cofondatrice de De-Colonizer, centre de recherches et de création artistique pour le changement social, visant à décoloniser l’identité israélienne.

Eitan Bronstein Aparicio est un militant politique israélien, qui a créé en 2001 l’organisation Zochrot, qui remet en cause le discours dominant  sur la Nakba et les réfugiés palestiniens  dans la société israélienne. Il est cofondateur de De-Colonizer.

Kifah Abdul Halim est une Palestinienne d’Israël, journaliste, traductrice et éditrice du site électronique « Al Lassaa » (« La Piqure »).

Mazin Qumsiyeh est professeur à l’université de Bethléem, Directeur du Muséum palestinien d’histoire naturelle et de l’Institut palestinien de biodiversité, militant de la résistance populaire et des droits de l’Homme, auteur d' »Une histoire populaire de la résistance palestinienne ».

 

Salle des fêtes de la Mairie du 14ème arrondissement
12, rue Pierre Castagnou
75014 Paris (Métro : Alésia, Mouton-Duvernet, Pernety)

LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°2

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh 

 

Les travaux au Centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh et dans un premier logement à Chatila

 

Le premier numéro daté du 27 septembre vous avait informé du démarrage effectif du projet. Ce second bulletin vous communique les principales informations sur les réalisations du projet du 27 septembre au 9 octobre.

Les bénévoles

François, électricien, polyvalent dans les métiers du bâtiment, est arrivé à Beyrouth le 27 septembre. Le même jour, Karim, bénévole qui devait arriver le 29 et rester six semaines à Beyrouth, nous a malheureusement indiqué qu’il avait été victime d’un accident du travail et qu’il devait donc annuler son voyage.

Antoine, cinéaste, dont nous avions rappelé le court-métrage sur les activités éducatives de Rêves de réfugiés dans le bulletin précédent, et Solenne, urbaniste, sont arrivés à Beyrouth le 28.

Françoise, psychologue, première bénévole auprès de Najdeh, est arrivée à Beyrouth le 30 septembre.

Avec l’arrivée d’Emmanuel et de Mathieu le dimanche 2 octobre, puis de David le lundi 3 octobre, l’équipe des bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment est maintenant de cinq personnes.

Les travaux et formations au centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh

L’achèvement des travaux de peinture réalisés à l’école de Rêves de réfugiés, qui ont finalement porté sur cinq salles de classe et un couloir, a permis d’engager les premiers travaux dans le centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh (revêtement du plancher, fenêtre).

La reprise de la couverture de la grande salle située au dernier étage du centre a été remise à plus tard, car les responsables du centre souhaitent maintenant remplacer la toiture en tôles par une dalle en béton ce qui nous dépasse un peu cette année.

Les matériaux pour les travaux de la cage d’escalier (tasseaux, plaques isolantes) ont été commandés le 28 septembre. La fixation de tasseaux aux murs et l’habillage par un mélaminé plastifié laissant respirer et s’assécher les murs constitue une solution durable qui évitera de devoir reprendre rapidement la peinture.

Les matériaux ont été acheminés le 29 septembre par les jeunes volontaires et l’ensemble des bénévoles présents et les travaux d’amélioration de la cage d’escalier ont pu commencer.  Ils se sont terminés le 2 octobre.

La façade du centre et le bureau de la responsable du centre ont également été repeints pendant cette période.

Les travaux d’amélioration d’un premier logement à Chatila

Préparation du béton sur la terrasse

Des travaux ont alors pu commencer à Chatila, avec la rénovation du logement de la famille El Tsaoui, le premier des trois logements visités par André à son arrivée.

L’appartement est situé dans la rue principale, prés du siège de Rêves de réfugié, au 8ème étage d’un immeuble, sous la terrasse qui n’est pas étanche. En conséquence, le béton du plafond se détache dangereusement par endroits et les infiltrations détériorent l’ensemble de l’appartement. La réalisation de l’étanchéité de la terrasse (ragréage de la dalle fissurée avant application de résine) a donc été considérée comme prioritaire.

Les matériaux nécessaires ont été achetés et

Travaux sur le plafond du logement

acheminés le 4 octobre. Le même jour, la dalle de béton de la terrasse a été nettoyée. Il a fallu évacuer du 8ème étage 70 sacs de gravats et détritus divers, puis y faire monter une importante quantité d’outillage et de matériaux. Les travaux sur la terrasse  ont commencé le lendemain, avec l’aide d’un maçon professionnel et avec la participation (pour des durées de présence malheureusement irrégulières) de cinq jeunes volontaires et se sont poursuivis pendant les jours suivants. L’application de la résine d’étanchéité sur la terrasse a commencé le 8 octobre.

Parallèlement, les travaux ont été engagés dans l’appartement lui-même à partir du 6 octobre avec le grattage des murs et une première couche de peinture et avec la reprise du plafond, puis avec les travaux d’électricité (en particulier avec la pose d’une gaine depuis le disjoncteur du rez-de-chaussée sur toute la hauteur de la façade) et de plomberie.

L’appui à Najdeh

Françoise, psychologue arrivée le 1er octobre, apporte son appui au jardin d’enfants de Najdeh à Chatila (70 enfants de 3 à 5 ans, répartis en trois classes et encadrés par trois animatrices).

enfants-de-chatila

Enfants de Chatila

Les activités prévues

Lors d’une rencontre avec plusieurs responsables de Najdeh le 3 octobre, celles-ci avaient demandé s’il était possible de réaliser des travaux de revêtement des murs d’une salle du centre psychosocial de Najdeh de Chatila. Ce centre a été visité le 7 octobre et il est prévu d’y intervenir prochainement.

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Un premier bilan

Les travaux réalisés ou en cours depuis l’arrivée des premiers bénévoles à Beyrouth sont déjà significatifs : salles de classes de Rêves de réfugiés, centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh, étanchéité d’une terrasse et réhabilitation d’un logement choisi par Rêves de réfugiés à Chatila.

La réalisation des travaux et des formations dans ce logement a malheureusement été marquée par une présence irrégulière des volontaires, qui s’expliquerait par la priorité donnée par certains d’entre eux, de manière assez compréhensible, à des opportunités de petites activités rémunérées.

Cette question importante pour l’impact du projet en termes de formation professionnelle, objet principal du projet, sera discutée avec les responsables de Rêves de réfugiés.

LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°1

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh

 

LE PROJET A DÉMARRÉ !

 

Après quelques mois de préparation (voir Un bref rappel de l’historique du projet), notre projet de formation professionnelle a démarré sur le terrain le 22 septembre, avec l’arrivée à Beyrouth d’André, coordinateur du projet. Il a obtenu son visa sans difficulté à l’arrivée et a pu apporter deux valises d’outils.

Dès son arrivée, il a pris contact avec Najdeh pour mettre au point quelques questions logistiques, récupérer une partie des fonds nécessaires aux achats de matériaux et préciser la situation

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

des centres de Najdeh à Chatila et à Borj el Barajneh (voir Nos partenaires dans les camps de réfugiés).

 

Comme nous n’avons pas, pour cette première phase du projet, de bénévoles pour les métiers pratiqués dans le centre de formation professionnelle de Borj el Barajneh, les bénévoles auprès de Najdeh travailleront surtout à Chatila. Les bénévoles auprès de Najdeh seront logés dans un appartement situé rue Raouass.

André a discuté des travaux dans des bâtiments de Najdeh qui pourraient être utilisés pour la formation de jeunes volontaires aux métiers du bâtiment (voir Les activités prévues).

Un logement avant travaux

Un logement avant travaux

André a ensuite rencontré Rêves de réfugiés. Sobhi et Tarek lui ont présenté les quatre

premiers jeunes volontaires et proposé de reprendre la peinture de plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés, chantier non prévu initialement mais particulièrement opportun.

Le matériel nécessaire a immédiatement été acheté et les travaux ont été réalisés avec trois volontaires dès le samedi 24 et le dimanche 25.

André a visité le lendemain des logements dont la rénovation est considérée comme prioritaire par Rêves de réfugiés, en premier lieu un logement où vit une mère et ses cinq enfants, où seront réalisés en urgence des travaux d’étanchéité.

Les bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment pourront être logés dans une guesthouse ou dans un appartement mis à disposition par Rêves de réfugiés à Chatila.

Nos partenaires dans les camps de réfugiés

L’association Rêves de réfugiés est née à Chatila en 2011. Cette association de

réfugiés palestiniens bénévoles agit de façon complémentaire aux activités de Najdeh. Constatant qu’ils ne maîtrisent ni la date ni les modalités du retour mais qu’en attendant cet hypothétique retour, il faut vivre au lieu de se laisser aller au désespoir et à la misère (violences subies et appels à la violence, radicalisation, drogues, criminalité, maladies liées aux conditions inhumaines de vie, tyrannie des petits chefs, manque d’hygiène, etc.), cinq jeunes gens de moins de 30 ans (financièrement aidés par un père de famille qui a tout compris et ne compte pas sa générosité, Mohamed Afifi) passent leur temps libre, au retour de leurs journées de travail à Beyrouth, à faire l’école aux jeunes du camp, efficacement aidés par plusieurs dizaines de jeunes femmes bénévoles, dynamiques, compétentes et motivées. Puis, à côté des activités éducatives, ils se sont lancés dans la réponse pratique aux besoins matériels les plus criants du camp, en particulier la sécurisation des installations électriques, causes de trop nombreuses électrocutions. Ils souhaitent maintenant  former les jeunes hommes et femmes à des métiers de base pour les  aider à sortir du chômage à l’occasion de la rénovation de pièces insalubres où s’entassent des familles misérablement abandonnées : remplacer la terre battue du sol humide par un carrelage, ouvrir une fenêtre, installer un coin toilette, passer un coup de badigeon, et voilà un taudis devenu habitable et des sourires qui illuminent des visages !

Antoine Laurent, cinéaste qui retournera à Chatila pour suivre cette nouvelle phase des activités de Rêves de réfugiés, a réalisé un court-métrage sur les activités éducatives de l’association diffusé sur France 24 pour l’émission « Billet retour ».

L’association Najdeh compte 33 centres travaillant dans dix camps de réfugiés palestiniens au Liban et s’est tournée vers la formation des femmes et des enfants. Najdeh a résolument opté pour la non-violence en préparant activement le retour en Palestine. Il faut d’abord sortir les femmes et les enfants du climat de violence qui empoisonne les camps, puis leur apprendre leurs droits et les moyens légaux de les faire respecter. Et leur permettre de vivre leur indépendance grâce à des professions (coiffeuses, manucures, spécialistes de l’hygiène, réparatrices de téléphones portables et de télévisions, institutrices, etc.) qui les sortiront du chômage et de la dépendance. Avec ses écoles au centre des camps, ses salles de réunions claires, aérées et modernes, ses activités de formations professionnelles féminines, ses psychologues, sa gestion professionnelle et rigoureuse de ses activités, Najdeh est le fer de lance de la lutte des réfugiés palestiniens au Liban : pour sortir aujourd’hui de la misère tout en préparant un Retour quand ce sera possible. Une femme de caractère et de forte personnalité, Leila El Ali, dirige cet impressionnant réseau que nous avons décidé de soutenir par notre appel à bénévoles et par notre appel aux dons.

Najdeh dispose de deux centres à Chatila (un jardin d’enfants et un centre psycho-social) et deux centres à Borj el Barajneh : un centre de formation professionnelle (salon de coiffure et d’esthétique, studio d’apprentissage aux métiers audiovisuels, atelier de productions artisanales) et un centre psycho-social, que nous avions improprement qualifié d’école dans nos documents précédents, parce que fréquenté matin et après-midi par environ 150 enfants.

Un bref rappel de l’historique du projet

Dans sa démarche de recherche de projets, notre Groupe local a décidé de s’orienter vers la formation professionnelle. L’idée d’un projet de formation professionnelle dans les métiers du bâtiment à l’occasion de travaux dans le camp de Chatila, en liaison avec l’association Rêves de réfugiés, a été opportunément présentée début mai par Abeer Hamad, Présidente de l’Associations des Palestiniens en Île-de-France, qui revenait d’un voyage au Liban. Nous avons décidé d’effectuer immédiatement une mission d’identification, incluant une prise de contact avec Najdeh pour tenir compte plus largement des besoins de formation des femmes.

La mission d’identification a été réalisée du 28 mai au 1er juin et ses résultats ont été présentés aux adhérents début juin. Après mise au point et diffusion aux adhérents des documents issus de la mission, un appel à bénévoles a pu être diffusé largement à partir du 20 juin au-delà des adhérents et sympathisants de notre groupe local, à l’ensemble des groupes locaux de l’AFPS et à diverses organisations partenaires : Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, qui l’a repris sur son site, Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF), Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, Electriciens sans frontières.  Il a également a été diffusé début juillet à l’Université d’été des mouvements sociaux et de la solidarité internationale à Besançon et à l’Université d’été de l’AFPS à Angers.

Les premières candidatures nous sont parvenues dès fin juin. Les contacts avec les candidats se sont développés au cours des mois de juillet et d’août.

Les éléments disponibles début août sur le nombre de bénévoles (alors de 12) et les coûts du projet ont été utilisés pour préparer le lancement d’un appel à dons intitulé « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer », qui a été diffusé à partir du 20 août.

Quelques achats ont été effectués en France. Les premiers dons ont été recueillis à la suite de l’appel lancé le 20 août. Un grand nombre de mises au point pratiques, en matière de modalités d’achats, de transferts de fonds, de logistique (voyages aériens et accueil, hébergement) se sont poursuivies jusqu’au départ du coordinateur.

Les bénévoles

Au total, le projet mobilisera sur des durées variables entre le 22 septembre et le 15 novembre, une équipe de 18 personnes, aux profils variés.

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

En dehors d’André, coordinateur du projet, on compte 9 bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment et 5 bénévoles pour l’appui à l’association Najdeh (psychologue, enseignantes, écrivain et journaliste).

Antoine, cinéaste, et Solenne, urbaniste spécialiste de la réhabilitation de quartiers dégradés, seront également présents à Chatila.

Plusieurs bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment arriveront fin septembre et dans les premiers jours d’octobre. Françoise, psychologue en appui à Najdeh, arrivera le 30 septembre.

Les jeunes réfugiés volontaires

Les quatre premiers volontaires, jeunes chômeurs du camp de Chatila, ont été présentés le 24 septembre à André par Sobhi, président de Rêves de réfugiés, et Tarek.

Trois d’entre eux, Bilal, Muhamad et Selim, ont réalisé pendant les deux jours suivants la reprise de la peinture de cinq salles de classe de Rêves de réfugiés.

Les activités prévues

Le document « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » prévoyait la rénovation de cinq logements insalubres à Chatila et l’amélioration du centre psycho-social de Najdeh dans le camp de Borj el Barajneh.

Ce programme fera l’objet des adaptations nécessaires après les diagnostics qui seront approfondis à l’occasion des visites sur le terrain et des discussions avec nos partenaires. C’est ainsi que des travaux de peinture ont immédiatement été réalisés dans plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés à Chatila. Najdeh nous a également demandé de reprendre la peinture de son jardin d’enfant de Chatila.

Comment et pourquoi participer

Le document d’appel à contributions financières « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » a été diffusé à partir du 20 août.

Des dons substantiels ont été recueillis mais un montant très important reste pour le moment à la charge de notre groupe local. Dans la mesure où nous souhaitons prolonger cette première phase du projet par d’autres opérations analogues, sur la base d’une évaluation des résultats obtenus, sans assécher les finances de notre groupe local, de nouvelles contributions financières restent hautement souhaitables.

Vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème – Boîte 52
22 rue Deparcieux – 75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier (centre psycho-social de Najdeh, logements).

Vous pouvez également effectuer un virement.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez. 

Pour nous contacter…