Rencontre-débat – Enfances brisées de Palestine – 23 novembre

Dans le cadre du Festival des Solidarités du 17/11 au 02/12, le groupe local 14-6 de l’AFPS organise une rencontre-débat « Enfances brisées de Palestine » le vendredi 23 novembre de 18h30 à 22h30. Des invités palestiniens et français exposeront ce que être enfant à Gaza et en Cisjordanie veut dire. Cette soirée aura lieu à l’annexe de la mairie du 14e, 12 rue Pierre Castagnou à Paris.

Au programme : exposition, témoignages filmés, conférence-débat avec trois invités :

  • Dr Samah Jabr, psychiatre, chef du département de santé mentale au Ministère de la santé palestinien, auteur de l’ouvrage « Derrière les fronts » et protagoniste du film du même nom.
  • Wajdi Yaeesh, directeur de l’ONG Human Supporters de Naplouse
  • Dr Jeanne Dinomais, pédopsychiatre, chef du projet « Enfants de Gaza »

 

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Cet évènement est organisé par AFPS Paris 14-6, CCFD-Terre solidaire, LDH Paris 14-
6 et LDH Paris 15ème, Amnesty International 15ème, Chrétiens de la Méditerranée.

Pour en savoir plus sur notre groupe local, vous pouvez consulter notre page « Qui sommes-nous ? ».

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Conférences septembre 2018 – février 2019

A la rentrée 2018, le groupe local de l’AFPS des 14e et 6e arrondissements à Paris recommence sa série de conférences mensuelles, avec un thème et un invité différents tous les mois.

La première a eu lieu le 11 septembre à 20h15 à la Maison des Associations du 14e, 22 Rue Deparcieux, at accueillera Majed Nehmé, éditeur, chercheur, ancien directeur du magazine Afrique-Asie, sur le thème : « L’Iran après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire : quelles perspectives ?« .

Le deuxième a eu lieu le 2 octobre à 19h45 et deux invités du parti travailliste britannique étaient invités – Leah Levane et Roy Sirotkin – pour commenter les récentes accusations d’antisémitisme vis à vis du parti travailliste et leurs conséquences sur la position du parti sur la question palestinienne. L’une d’entre elles est co-dirigeante du Jewish Voice for Labour. Voici l’évènement Facebook pour plus d’informations.

La prochaine conférence est le 11 décembre, à 20h15, toujours à la Maison des Associations, avec Pierre Blanc, enseignant-chercheur à Bordeaux Sciences Agro et Sciences Po Bordeaux (LAM), rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée, co-auteur de Atlas des Palestiniens (2017) et Terres, pouvoirs et conflits : une agro-histoire du monde (2018). Le thème de la conférence sera « Terres, eau et conflits au Proche-orient« .

Les autres conférences auront lieu le 8 janvier, avec François Ceccaldi et le 5 février avec Xavier Guignard.

Pour en savoir plus sur notre groupe local, vous pouvez consulter notre page « Qui sommes-nous ? ».

Mirage gay à Tel-Aviv – Conférence avec Jean Stern – Janvier 2018

arton990-3d4d1Le 9 janvier 2018, nous avons reçu Jean Stern pour qu’il nous parle de son livre Mirage gay à Tel Aviv traitant de l’utilisation par Israël d’une démarche de marketing politique bien particulière, le pinkwashing. Cela a été un modèle de déconstruction de la propagande israélienne qui s’inscrivait parfaitement dans la Campagne 2018.

Après avoir rappeler ses engagements passés dans un groupe de libération homosexuelle et au sein du magazine Le Gai Pied dont il a été l’un des cofondateurs à la fin des années 70 mais également comme membre de l’UJFP et fondateur avec Eyal Sivan de la revue De l’autre côtéil a dit s’être éloigné pendant une douzaine d’années de la question israélo-palestinienne, se refusant à se rendre sur place. En 2009 cependant, il a fait le voyage avec un groupe d’étudiants en journalisme et découvert qu’il existe une communauté Gay importante à Tel Aviv, à l’occasion d’un attentat perpétré contre un lieu de rassemblement de cette communauté. Il a été surpris par un discours très pro-gay de Netanyahu et par le fait que la foule réunie à l’occasion de ce discours entonne l’hymne sioniste (et non l’hymne israélien). Il a alors décidé de s’intéresser à la question et c’est ainsi qu’a commencé une enquête de plusieurs années qui a aboutis au livre Mirage gay à Tel-Aviv.

Jean Stern au cours de cette conférence a magistralement démontré comment le pinkwashing s’intègre dans une stratégie globale de camouflage de la réalité et d’effacement des réalités sombres de la colonisation, de l’occupation et aussi de la société israélienne elle-même. Il a également rendu compte et explicité avec beaucoup de clarté ce qui peut apparaître comme paradoxal dans la politique israélienne, mais qui, de fait, se combine de façon très cohérente car tout vise un objectif : faire disparaître la face noire d’Israël – et donc les Palestiniens – aux yeux des occidentaux notamment.arton939-9d9f9

Pour plus d’information, voir l’entretien que Jean Stern a donné au magazine en ligne Lundi matin, le 17 juillet 2017 : Pinkwashing à Tel-Aviv ou son interview pour Médiapart

70 ans après l’expulsion des Palestiniens en 1948 : l’épuration ethnique toujours d’actualité

Conférence-débat avec Sandrine Mansour

Mardi 6 février à 20h

Sandrine Mansour est une historienne spécialiste de la Palestine, chercheuse associée au Centre de recherche internationale et atlantique (CRHIA) de l’université de Nantes, auteur de L’histoire occultée des Palestiniens : 1947-1953 – Privat – 2013

Mairie du 14ème arrondissement , 2 Place Ferdinand Brunot, 75014 Paris
(Métro Mouton-Duvernet ou Denfert-Rochereau)
Salle des mariages

 

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Dans le cadre de la Campagne 2018 Justice pour la Palestine

Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés

Vendredi 18 novembre de 19h à 23h

Réunion publique organisée avec le CCFD – Terre solidaire

et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme

avec Éléonore Merza Bronstein et Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens,

Kifah  Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël,

Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien

 

Art Attack - Banksy - Palestine mur près de Qalandiya Crédit : Wikimedia Commons

Art Attack – Banksy – Palestine mur près de Qalandiya
Crédit : Wikimedia Commons

 

Éléonore Merza Bronstein, anthropologue du politique et spécialiste  de la société israélienne est une militante anticolonialiste,  cofondatrice de De-Colonizer, centre de recherches et de création artistique pour le changement social, visant à décoloniser l’identité israélienne.

Eitan Bronstein Aparicio est un militant politique israélien, qui a créé en 2001 l’organisation Zochrot, qui remet en cause le discours dominant  sur la Nakba et les réfugiés palestiniens  dans la société israélienne. Il est cofondateur de De-Colonizer.

Kifah Abdul Halim est une Palestinienne d’Israël, journaliste, traductrice et éditrice du site électronique « Al Lassaa » (« La Piqure »).

Mazin Qumsiyeh est professeur à l’université de Bethléem, Directeur du Muséum palestinien d’histoire naturelle et de l’Institut palestinien de biodiversité, militant de la résistance populaire et des droits de l’Homme, auteur d' »Une histoire populaire de la résistance palestinienne ».

 

Salle des fêtes de la Mairie du 14ème arrondissement
12, rue Pierre Castagnou
75014 Paris (Métro : Alésia, Mouton-Duvernet, Pernety)

La violence des colons israéliens, bras armé de l’expansion des colonies en Cisjordanie – Mardi 24 mai

© AFP/Jaafar Ashtiyeh

© AFP/Jaafar Ashtiyeh

Réunion publique organisée par les groupes locaux AFPS Paris Centre, AFPS  Paris 14-6, AFPS Paris Sud, le CJPP5 et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine 

Avec :

Nasser Dawabsheh, oncle du bébé tué avec ses parents à Duma pendant son sommeil par des colons israéliens dans l’incendie criminel de leur maison, témoignera du quotidien de dizaines de villages de Cisjordanie menacés par les « avant-postes », l’impunité des colons, la répétition des attaques.

Médecins du Monde et Première urgence internationale présenteront les conséquences de la violence des colons sur la santé mentale et sur les conditions de vie des Palestiniens, ainsi que leur travail de terrain pour les atténuer.

Médecins du Monde et Première urgence internationale exposeront aussi le lien entre la violence des colons et l’expansion des colonies, et discuteront des actions possibles des Etats tiers, en particulier de la France.

Mardi 24 mai à 20 heures
au FIAP, salle Lisbonne – 34, rue Cabanis 75014 Paris

Inscription souhaitée : afps.pariscentre@gmail.com

Entrée gratuite. Une participation aux frais sera appréciée.

Compte-rendu de la réunion

Le lien Hezbollah – Palestine : un attachement méfiant – Conférence débat avec Didier Leroy

BEI014_whL’exposé de Didier Leroy, chercheur à l’Ecole royale militaire de Belgique et assistant à l’Université libre de Bruxelles, a été accompagné de la projection de diverses diapositives.

Deux livres de Didier Leroy ont été mis à la disposition des participants : « Hezbollah, la résilience islamique au Liban » et « Le Hezbollah libanais, de la révolution iranienne à la guerre syrienne » (L’Harmattan).

Didier Leroy rappelle qu’il connaît mieux le Liban que la Palestine. Il a effectué un premier voyage en Israël et en Palestine en novembre 2015.

La première diapositive de la présentation de Didier Leroy montre une manifestation à Beyrouth pour Al-Yaum Al-Quds (« Le Jour de Jérusalem ») figurant simultanément les drapeaux libanais, palestinien et du Hezbollah. Certaines photos de Hassan Nasrallah montre une imagerie palestinienne et non iranienne.

« Le phénomène Hezbollah »

Didier Leroy indique qu’on assiste au choc de deux discours : celui du terrorisme du Hezbollah, en Israël et aux Etats-Unis, également répandu en Europe, et celui de la résistance, construit par le Hezbollah, repris par ses alliés régionaux, en Syrie et en Iran, et par « la rue arabe », sachant toutefois que le Hezbollah y est bien moins populaire aujourd’hui qu’à l’été 2006. Dans une approche scientifique, il faut dépasser ces deux discours.

Didier Leroy projette une photo d’une manifestation massive, « le rallye de la victoire », qui a rassemblé dans la banlieue méridionale de Beyrouth un million de partisans (sur une population totale du Liban de 4 millions d’habitants), ce qui montre que le Hezbollah est bien plus qu’un mouvement religieux ou sectaire.

Le Hezbollah constitue une forme d’Islam politique, plus précisément de l’islamisme chiite, issu de la Révolution islamique iranienne, caractérisé par la fusion des pouvoirs politique et religieux.

L’idéologie du Hezbollah s’est élaborée en trois phases

  • de 1978 à 1985, un « proto-Hezbollah », surtout religieux ;
  • de 1985 à 1992, l’affirmation d’une idéologie plus politique, à la suite de la « lettre ouverte aux opprimés » de février 1985, qui marque la création du Hezbollah, dans le contexte de la guerre civile ;
  • de 1992 à 2013, la présentation d’un programme politique du Hezbollah et participation aux activités parlementaires (L’année 1992 est marquée par les premières élections après les accords de Taef de 1989).

2013 est l’année du premier engagement militaire au delà des frontières du Liban, en Syrie : pour le Hezbollah, la survie du régime de Bachar al-Assad est une question de vie ou de mort.

Didier Leroy présente « l’arborisation structurelle » du Hezbollah, son infiltration à tous les niveaux de la société :

  • « poids lourd » militaire, dont la puissance est supérieure à celle des Forces armées libanaises ;
  • parti politique le plus influent au Liban ;
  • premier fournisseur d’aides sociales ;
  • champion de la communication, grâce à divers médias, dont le plus connu est la chaîne de télévision Al-Manar ;
  • autarcie financière (du moins en période de paix, car l’aide iranienne reste primordiale en situation de conflit).

En termes de communication, Didier Leroy évoque le Musée de la Résistance de Mlita, installé dans l’ancienne prison israélienne de Khiam et le « Jihad Tour » (aménagement touristique de l’ancienne base militaire de Mlita, au Sud-Liban).

Le Hezbollah et Israël

Le Hezbollah s’est créé en réaction à l’occupation du Sud-Liban par Israël. Cette région, surnommée à l’origine le « Fatahland », avait souffert non seulement des incursions israéliennes mais aussi d’exactions palestiniennes.

Le Hezbollah succède au mouvement (ou milice) Amal, acronyme arabe de « Détachements de la résistance libanaise », créé en 1974 par Moussa Al-Sadr.

Le Hezbollah, contrairement à Amal, s’est caractérisé par son refus de toute compromission envers Israël, occupant du Sud-Liban. Cette opposition a donné lieu à des affrontements pendant plusieurs années dans la plaine de la Bekaa, dans le sud de Beyrouth et au Sud-Liban (mais Amal est aujourd’hui allié du Hezbollah). Le Hezbollah maintient un discours résolument antisioniste.

Après la stabilisation de la situation, le Hezbollah concentre ses moyens militaires contre Israël et non plus contre des ennemis intérieurs. En 1982, la création de la composante militaire du Hezbollah a bénéficié de l’appui de 2.000 pasdarans iraniens. L’effort de guerre se porte sur le front sud et connaît des développements spectaculaires pendant la période 1990-2008. Le point culminant en a été la guerre de l’été 2006. La popularité du Hezbollah à cette époque fait de Hassan Nasrallah le nouveau Zaïm du monde arabe. En 2015, le Hezbollah disposerait de 20.000 combattants « de carrière » et de 50.000 roquettes.

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La relation Hezbollah-Palestine

Didier Leroy rappelle que des militants du Hezbollah sont passés par des camps de l’OLP entre 1978 et 1982 et que le Hezbollah a combattu aux côtés du Fatah lors des affrontements avec Amal.

Le Hezbollah partage avec les Palestiniens le thème de la lutte contre l’occupation et affirmé son soutien à la cause palestinienne lors des deux Intifadas.

Pendant la période de la première Intifada, de 1987 à 1993, après l’accord de Taef de fin 1989, le Hezbollah a bénéficié d’un statut privilégié et a pu conserver son arsenal. Il a conservé une position de force pour gérer une cohabitation parfois difficile avec les douze camps palestiniens au Liban. Il a établi un monopole de la résistance au sud, argument pour conserver son arsenal, mais qui supposait de neutraliser les Palestiniens dans cette zone.

Didier Leroy rappelle l’interdiction d’accès de l’armée libanaise aux camps palestiniens, à l’exception des combats autour et dans le camp de Nahr El-Bared en 2007, à la suite de braquages et d’attaques de l’armée libanaise par le groupe takfiriste Fatah – Al Islam.

Pendant la période de la deuxième Intifada de 2000 à 2005, le retrait israélien du Sud-Liban, en mai 2000, a été considéré comme une victoire par le Hezbollah, qui se présente comme modèle de résistance. Le rôle de la chaîne de télévision Al-Manar s’affirme alors dans la « martyrologie ».

Si la Hezbollah affirme avoir des relations cordiales avec toutes les factions palestiniennes, il entretient cependant des liens privilégiés avec « la résistance », en particulier le Hamas et le FPLP-CG, et donc théoriquement moins avec le Fatah. La solidarité militaire avec la Palestine est illustrée par la similitude entre les conditions des assassinats de Cheikh Yassine et de Abbas Al-Mussawi, l’arrestation de membres du Hezbollah en Egypte en 2009 et la construction de tunnels offensifs à Gaza, selon une tactique analogue à celle du Hezbollah au Sud-Liban.

Le lien entre le Hezbollah et la Palestine est réel mais doit être nuancé : alignement idéologique,  soutien à l’extérieur mais des difficultés à l’intérieur du Liban, où le Hezbollah essaye de contenir les Palestiniens.

Concernant le Hamas, Didier Leroy parle aujourd’hui d’un « maillon faible de l’axe de la résistance ». L’assassinat de Imad Mughniyeh à Damas en février 2008 a parfois été attribué à des fuites de renseignements par des Palestiniens du Hamas. Certains Palestiniens du Liban souffrent d’une réputation de corruptibilité. La proximité géographique face à Israël renforce la notion de résistance mais la « démographie confessionnelle », avec 400.000 réfugiés palestiniens sunnites et de nombreux réfugiés syriens également sunnites en majorité, complique la situation.

La relation entre le Hezbollah et la Palestine continuera de fluctuer en fonction des développements du contexte régional. On note de ce point de vue le pari raté du Hamas en Syrie. Le Hamas avait senti son heure venir et pris position contre le régime de Bachar Al-Assad.

Didier Leroy fait état d’interrogations sur la présence du Hezbollah à Gaza, par l’intermédiaire de l’organisation Al Sabirin (les persévérants), dont l’emblème est très proche de celui du Hezbollah.

 

Débat

Une adhérente pose la question de la situation des Palestiniens de Syrie.

Gérard Larose, qui était alors en Jordanie, évoque le lien apparent entre le déclenchement de la guerre de l’été 2006 et les attaques israéliennes menées à l’époque contre Gaza depuis plusieurs semaines. Didier Leroy indique que l’événement déclenchant de la guerre de 2006 a été l’opportunité d’une opération destinée à capturer des prisonniers israéliens en vue d’un échange ultérieur et estime qu’il s’agit d’une concomitance et non d’un élément de solidarité militaire. Un adhérent estime qu’il a pu s’agir d’un prétexte des Israéliens pour attaquer le Liban. Didier Leroy rappelle que l’opération était baptisée  « Promesse tenue » par le Hezbollah.

Une adhérente rappelle le grand nombre de prisonniers palestiniens.

Didier Leroy rappelle l’argumentaire du Hezbollah pour conserver les armes :

  • récupérer les terres encore occupées (encore trois zones contestées) ;
  • obtenir la libération des prisonniers (seulement trois ou quatre libanais…) ;
  • obtenir des garanties de la communauté internationale quant au respect de la souveraineté territoriale du Liban.

Il estime que 95 % des chiites libanais sont acquis à la résistance à Israël,  5 % étant favorables à la paix avec Israël ou contestant des aspects jugés mafieux du Hezbollah. Il indique que les sunnites sont hostiles à Israël mais également au Hezbollah ». Le « Courant du Futur », dominé par la famille Hariri et bénéficiant du soutien de l’Arabie saoudite, est particulièrement hostile au Hezbollah. La position officielle de l’armée libanaise est le « soutien à la résistance » mais il existe dans cette armée une fracture réelle correspondant à un partage des opinions par moitiés.

Bernard Ravenel, qui était au Liban en 2006, estime que le soutien du Mouvement national libanais à la cause palestinienne était surtout formel. Il indique qu’il n’y a plus de véritable stratégie nationale palestinienne ni de lien géopolitique. Il souligne que la résistance palestinienne n’est plus une résistance armée. Il évoque des « partis rentiers », dépendant d’aides extérieures (l’Europe et les Etats-Unis pour le Fatah, mais aussi le Hamas, avec des sources de financement variables) et des rapports aujourd’hui distants entre Palestine et Hezbollah.

Il demande si la question du Hezbollah a été discutée lors des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis. Didier Leroy estime qu’« il faudrait être dans le secret des dieux » pour le savoir mais pense que le sujet a dû être soigneusement évité. Il souligne cependant que les Etats-Unis ont accentué les pressions sur les transactions bancaires et ne pardonneront jamais au Hezbollah ses attentats anti-américains pendant la guerre civile.

Didier Leroy évoque un débat au sein de l’Union européenne sur le blacklisting de la branche armée Hezbollah en 2013. Malgré une position d’hostilité au blacklisting, celui-ci a pourtant été décidé deux semaines après, le 22 juillet 2013. Il s’agit manifestement du résultat d’un troc, d’un lobbying américain.

Un participant demande quelle est l’attitude du Hezbollah envers les mouvements laïcs marxisants. Didier Leroy estime que le Hezbollah n’est pas aussi religieux qu’il le paraît, sachant que le contexte institutionnel fait que tout le monde est religieux au Liban. Il est plus résistant qu’islamiste et inclut d’anciens marxistes. Il indique avoir assisté à des soirées au whisky. Pour le Hezbollah, tout ce qui est résistant est licite. Il évoque les gadgets peu islamiques diffusés pour célébrer la victoire de 2006.

Un participant pose la question de l’action du Hezbollah en Syrie. Didier Leroy indique que le Hezbollah est maintenant engagé militairement depuis trois ans. D’abord confiant et surtout motivé par la protection de villages chiites ou de mausolées chiites. La situation a évolué en 2013 avec la bataille de Qousseir, qui a suscité une crainte de l’encerclement par un « croissant takfiriste ». Le Hezbollah dispose aujourd’hui de plusieurs milliers de combattants en Syrie, ce pays constituant aussi une zone de repli et de stockage d’armes. Il souligne que le dispositif anti-israélien est cependant maintenu. Didier Leroy indique que le Hezbollah est également présent également en Irak et au Yémen et assume ouvertement une stature régionale.

Une adhérente pose la question des relations avec l’Iran en Syrie. Didier Leroy indique qu’il n’y a pas de troupes iraniennes en Syrie mais des conseillers de haut niveau. Il y a eu en revanche des miliciens chiites irakiens mais qui sont repartis après la prise de Mossoul par l’Etat islamique.

Un adhérent pose la question de la fourniture d’armes par la Russie. Didier Leroy précise que la stratégie du régime syrien est de maintenir la liaison entre le littoral alaouite et Damas, sur une bande de territoire entourant le Liban, ce qui est également important pour le Hezbollah et pour la Russie, en raison de sa présence navale sur le littoral syrien, qu’elle fera tout pour maintenir.

Laurent de Wangen rappelle que la résistance à Daech est généralement perçue comme principalement kurde et estime que le Hezbollah est également l’une des principales forces qui s’opposent à Daech.

Il revient sur l’antagonisme entre le Hezbollah et le Hamas et pose la question de l’apparition de divisions à l’intérieur du Hamas.

Didier Leroy souligne un sérieux problème du blacklisting : tous les partenaires locaux de la lutte contre Daech sont considérés comme des terroristes.

Il indique que les « Forces du 8 mars » soutiennent évidemment l’appui du Hezbollah au régime syrien et que les « Forces du 14 mars » y sont officiellement opposées mais que sa base éprouve du soulagement à l’égard de l’intervention du Hezbollah, face à la réalité de la menace de Daech, ce qui aboutit à un consensus tacite.

Il indique que Khaled Mechaal reste persona non grata quelle que soit l’évolution ultérieure des relations entre le Hamas et le Hezbollah.

Nettoyage ethnique, colonisation : Jérusalem/Al Quds résiste ! – Conférence-débat mardi 22 mars avec Mustafa Muhammad

Sans titreMustafa Muhammad est un Palestinien de Jérusalem-Est, un urbaniste diplômé de l’Université Paris IV Sorbonne et un chercheur à l’Université de Bir Zeit. Il a encadré plusieurs voyages en Palestine auxquels ont participé des adhérents de notre groupe local.

Mardi 22 mars à 19 h 30

Salle Colombani (Bâtiment Colombani – Les Petits Débrouillards)
82, avenue Denfert Rochereau 75014 Paris (Ancien site de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul)
Métro : Denfert-Rochereau ou Port-Royal

Accès à la salle

Le judaïsme français aujourd’hui et Israël – Conférence-débat animée par Yaël Elbaz

 Yaël Elbaz précise que son exposé ne sera pas académique mais largement subjectif, basé sur son expérience personnelle.

Elle évoque d’abord la destruction des communautés traditionnelles au 20ème siècle, en particulier le Yiddishland, ce qu’illustre la disparition du Yiddish dont les locuteurs sont passés de 11 millions avant la seconde guerre mondiale à environ 500.000. Aujourd’hui, les langues juives des diasporas (ladino, judéo-arabes, etc.) ont quasiment toutes disparues. Pour une grande majorité de juifs aujourd’hui, le monde de leurs grands-parents a disparu et on a affaire à des individus déracinés, dont la construction identitaire est difficile.

Elle rappelle le mouvement des « Lumières juives », sous l’influence du « siècle des lumières », qui marque un souci de faire accéder le judaïsme à la modernité, à l’origine du judaïsme réformé.

Elle rappelle que la France a été le premier pays du monde à accorder le statut de citoyens aux juifs. Mais dans un contexte d’antisémitisme, de discrimination, cette émancipation s’est rapidement accompagnée d’une volonté de « contrôler » le judaïsme, ce qui a donné lieu sous l’Empire à la création du consistoire central, qui est devenue l’instance représentative du judaïsme français dans le cadre du concordat, situation qui s’est maintenue jusqu’à la fin du concordat en 1905. Or le judaïsme n’avait plus eu de « clergé » officiel depuis la fin du grand Sanhédrin sous l’Antiquité et s’était ainsi développé en divers courants et communautés dont aucun n’avait plus de légitimité qu’un autre. En France, malgré la fin du concordat, le consistoire central reste considéré comme le représentant légitime du judaïsme. A titre d’exemple, on peut rappeler qu’en 2012, un texte du Grand Rabbin Gilles Bernheim a attiré l’attention sur les dangers du « mariage pour tous ». La légitimité de cette prise de position a été mise en cause par certains représentants du judaïsme réformé, en soulignant son ambiguïté : peut-on la considérer comme une position officielle ou faut-il la considérer comme une position personnelle ? Néanmoins, lors de l’audition des représentants des différentes religions par le rapporteur de la loi, seul Gilles Bernheim a été auditionné comme représentant du judaïsme français.

Selon Yaël Elbaz, cette légitimité du consistoire est probablement une des causes du faible développement du judaïsme réformé en France, contrairement aux autres communautés diasporiques. A contrario, la France s’illustre par un judaïsme très traditionnaliste, voire l’un des plus réactionnaires, ce qui se manifeste par exemple par la place des femmes, exclues de l’étude du Talmud et de la lecture de la Torah. Elle évoque le scandale occasionné par la diffusion d’une audience d’un jugement de Guet (acte de divorce) filmée et montrant un chantage au divorce avec une forte demande d’argent.

Elle estime que, pour des gens progressistes, intégrés dans la modernité, il est difficile de vivre son judaïsme, de construire son identité juive.

Elle évoque la construction fantasmée de ce que peut être « le Juif », décrite par Alain Finkelkraut dans Le Juif imaginaire, qui dans les années 60-70 s’est identifié à tous les persécutés, à tous les opprimés, d’où une présence très importante des juifs dans les mouvements des droits humains (droits civiques aux Etats-Unis, lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud, etc.). Mais cela est devenu plus difficile dans les années 80, avec la fin de l’idéal communiste.

Comment définir aujourd’hui une identité juive non religieuse ? Deux pôles apparaissent : Israël et la Shoah.

Yaël Elbaz rappelle que la France abrite la troisième communauté juive dans le monde et qu’elle est le troisième pays à avoir accueilli des survivants de la Shoah, dont la présence est forte dans la plupart des familles. Elle cite l’expérience personnelle de la mort en déportation de deux grands parents.

Elle souligne l’absence de structures psychiatriques, de traitement, pour les descendants des victimes qui reçoivent « Le traumatisme en héritage », selon le titre du livre d’Helen Epstein.

A la fin des années 60, après le procès Eichmann, et dans les années 70, s’est imposée progressivement une vision de la diaspora comme une succession ininterrompue de pogroms, dont Auschwitz ne serait qu’un exemple, et la conclusion qu’il n’y avait pas de place pour les juifs en diaspora et que les juifs ne pourraient compter que sur eux-mêmes. De par l’histoire de la Collaboration, cette idée a été particulièrement marquée en France.

Le génocide est perçu dans les familles comme honteux, avec l’image de juifs faibles, menés à l’abattoir comme des moutons, auxquels on n’a aucune envie de s’identifier, en contraste avec l’image de force du soldat israélien. Israël est alors vu comme une sorte de rédemption, comme incarnation de l’honneur retrouvé, sur laquelle se greffe une vision messianique.

Yaël Elbaz évoque « la marche des vivants », organisée tous les ans, qui visite des ghettos et des camps d’extermination et se termine en Israël. Elle relève la continuité des commémorations en Israël qui ont lieu au mois d’avril-mai : tout d’abord, le jour commémorant le génocide « Yom Hashoah » (Jour de la Shoah) ; puis sept jours plus tard, le jour commémorant les soldats morts dans les guerres d’Israël « Yom Azikaron » (Jour du souvenir) ; et enfin, le lendemain « Yom Aatsmaout » (Jour de l’indépendance) commémorant la création d’Israël. Cela symbolise les trois étapes de la rédemption : l’enfer avec la Shoah, le sacrifice avec les morts de guerre et la rédemption avec Israël. Cela est illustré par la fin de la Liste de Schindler où les rescapés quittent l’Europe pour arriver à Jérusalem et où visuellement le noir et blanc laisse place à la couleur.

Dans cette vision d’Israël, se développe en diaspora une reconnaissance empreinte de culpabilité à l’égard des soldats israéliens, qui assurent la défense d’une terre qui sera le refuge en cas de retour des persécutions contre des juifs qui cumulent la demande de sécurité ici et la certitude d’une protection là-bas.

Elle relève la perception différente des juifs américains, en l’absence de persécutions.

Il en résulte un impératif moral : ne pas critiquer Israël à qui on est redevable.

S’agissant de la Palestine, la conception la plus répandue est que les Palestiniens n’existent pas. L’influence de la propagande de guerre israélienne est considérable dans les échanges communautaires, mais pas seulement. Une grande majorité de juifs de France ont des membres de leur famille habitant en Israël. Or en Israël, il existe une véritable propagande de guerre, propagande qui est transmise aux juifs de France en partie par leurs proches, qui leur semblent des témoins plus crédibles que les médias, d’autant que notre époque est marquée par une méfiance générale à l’égard de la presse. Dans de nombreuses familles juives, on met ainsi un point d’honneur à ne pas croire les médias, l’exemple le plus frappant étant donné par l’affaire Mohammed Al-Durah (30 septembre 2000) et le harcèlement de Charles Enderlin auquel elle a donné lieu.

Beaucoup croient encore qu’il existe « une politique arabe de la France » et que la presse est au service d’un pouvoir appliquant cette politique. Ils ne croient qu’à la propagande israélienne imaginant qu’il s’agit d’une vision objective du conflit. Cette attitude est illustrée par le documentaire réalisé lors de la manifestation de soutien à Israël à l’été 2014 : « Manifestation pro-israélienne ou les Israéliens imaginaires », avec des commentaires d’Eyal Sivan.

Yaël Elbaz cite la phrase apocryphe attribuée à Golda Meir et souvent reprise, qui évoque des arabes dénués d’humanité, qui n’aiment pas leurs enfants : « Nous pourrons sans doute un jour vous pardonner d’avoir tué nos enfants. Mais il nous sera beaucoup plus difficile de vous pardonner de nous avoir contraints à tuer les vôtres. La Paix viendra quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu’ils nous haïssent. » Cette déshumanisation vise à empêcher toute empathie et toute identification à l’égard des Palestiniens, mais illustre aussi une inversion totale des responsabilités visant à dédouaner complètement les Israéliens.

Les Israéliens sont eux-mêmes immergés dans cette propagande. Néanmoins, même si tout est fait pour que le juif Israélien rencontre le moins possible les Palestiniens, il est confronté à la réalité de l’occupation, ce qui peut parfois amener à une remise en question de cette propagande. Or ce n’est pas le cas des juifs de France qui ont généralement une vision d’un Israël de carte postale lors de vacances dans les villes balnéaires en évitant les villes et les quartiers arabes. Ces touristes ne voient pas la réalité de l’occupation, les check-points

En France, les blessures héritées de la décolonisation en Afrique du nord, dont une majorité de juifs Français sont issus, ont constitué un facteur aggravant et abouti à la construction d’un discours selon lequel les juifs auraient vécu un enfer absolu dans les pays arabes, illustré par l’ouvrage de Georges Bensoussan Juifs en pays arabes, le grand déracinement. Il y aurait eu ainsi une Nakba des Juifs des pays arabes. La Nakba palestinienne ne serait qu’un échange de populations, comme entre l’Inde et le Pakistan. Ce sujet reste à traiter objectivement dans l’histoire de la colonisation et de la décolonisation.

On observe aujourd’hui un frémissement : une partie des juifs de France ne reconnaissant pas la vision du CRIF se regroupent dans de petites associations, telles que l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE), association issue de la Résistance qui avait participé à la création du CRIF mais en est sortie en 2009.

En France domine cependant une attitude des Autorités qui considèrent une seule voix légitime, le CRIF, représentant des juifs de France, situation différente du cas de l’AIPAC (1) aux Etats-Unis, qui se présente comme un lobby pro-israélien, sans prétention à la représentation communautaire.

Une adhérente fait part de son émotion à l’évocation de la perte des langues, des cultures.

Un adhérent évoque les travaux de Shlomo Sand, qui remettent en cause le sionisme.

Une adhérente remercie l’oratrice pour sa sincérité. Elle note que le mot de sionisme n’a pas été utilisé dans l’exposé et pose la question de la construction et de l’instrumentalisation de l’idée sioniste.

Elle demande si des juifs de France participent à la marche des vivants. Yaël Elbaz indique que c’est effectivement le cas de quelques classes dans certaines écoles.

Elle pose la question de l’athéisme et relève que Finkielkraut est athée et ne parle pas hébreu.

Elle souligne qu’il y a beaucoup de juifs à l’AFPS, souvent parmi les plus radicaux sur la question palestinienne.

On cite une anecdote sur la visite d’un rabbin français pour la paix, qui devait prendre contact avec des représentants de diverses confessions mais qui avait considéré qu’il n’était pas nécessaire de rencontrer des rabbins français.

Un adhérent estime que les intellectuels juifs ou israéliens favorables aux Palestiniens sont peu visibles en France.

Yaël Elbaz estime que la radicalité des juifs pro-palestiniens est normale, car on est obligé de prendre parti.

Elle évoque une « judaïsation » actuelle de l’identité israélienne, qui est excluante pour les Israéliens non juifs.

Une adhérente demande comment il faut comprendre le concept d’« israélite. » Yaël Elbaz estime qu’il s’agissait d’un mot poli pour dire « juif » lorsque ce mot était considéré comme une insulte, que l’on n’utilise plus du tout aujourd’hui.

Un participant pose la question de l’existence d’une gauche israélienne minoritaire.

Bernard Ravenel évoque à ce sujet le film « Le dernier jour d’Yitzhak Rabin », qui donne l’impression qu’il y a deux Israël, une société très divisée.

Il pose la question de l’existence de l’antisémitisme en France. Yaël Elbaz indique qu’il y a une réelle montée de l’antisémitisme en France, concrétisée par divers textes, en particulier de fausses traductions du Talmud. Elle estime qu’on assiste à une résurgence du vieil antisémitisme, instrumentalisant la question palestinienne.

Un adhérent mentionne une réunion de l’UJRE avec un soldat israélien refuznik de l’association Zochrot. Il rappelle que des historiens israéliens contestent la vision officielle. Il demande comment le slogan « Un terre sans peuple pour un peuple sans terre » peut raisonnablement être repris par des juifs français.

Yaël Elbaz souligne qu’avoir été victime ne rend pas nécessairement meilleur et cite Avraham Burg : « On dit souvent qu’un enfant maltraité deviendra un enfant maltraitant. […] En s’armant jusqu’aux dents, Israël s’apparente à un enfant chétif qui chercherait à se protéger de ses ennemis, réels ou imaginaires […] La Shoah fait partie de notre vie, on ne l’oubliera jamais et on ne laissera personne l’oublier. […] Face à la Shoah, tout est insignifiant, néant, et donc permis. Barrages, encerclements, sièges, tueries : tout est possible, puisque nous avons survécu à la Shoah, et surtout… qu’on ne nous fasse pas la morale ! » (2).

Bernard Ravenel rappelle la vision de Zeev Jabotinsky. Celui-ci ne nie pas l’existence des Arabes mais considère qu’ils n’ont pas d’identité nationale. Il estime qu’ils n’accepteront jamais l’installation des Juifs en Palestine et qu’il faut s’en protéger par la force.

Il souligne que l’enseignement de l’histoire en France reprend largement la vision israélienne.

Gérard Larose rappelle que l’adoption de cette vision a un fonds religieux chez les chrétiens, avec l’enseignement de « l’histoire sainte » aux enfants du catéchisme.

A une question sur les femmes rabbins, Yaël Elbaz signale qu’il n’y a que deux femmes rabbins en France (erratum : il y en a trois) et qu’il y a peu de synagogues libérales et estime que les Juifs libéraux français le sont moins que ceux d’autres pays. De plus, pour devenir rabbin libéral, il faut faire son rabbinat à l’étranger (principalement l’Angleterre ou les Etats-Unis), car il n’y a aucune école rabbinique libérale en France.

Une adhérente rappelle le festival « Focus Palestine » à la Maison des métallos et en particulier les pressions du CRIF contre l’exposition « Palestiniens entre deux guerres » de Médecins Sans Frontières. Elle demande s’il y a eu des interdictions effectives à la suite de telles pressions. Bernard Ravenel cite le cas d’une exposition dans le 19ème qui a dû se déplacer vers une salle plus discrète.

Une adhérente demande pourquoi il est difficile d’être juif quand on n’est pas religieux.

Yaël Elbaz rappelle la faiblesse originelle du sionisme en France par le fait que là où il y a eu intégration, il n’y a pas eu de grand mouvement sionisme. Le sionisme s’est développé avant tout sur l’exclusion des juifs.

 

(1) American Israel Public Affairs Committee.

(2) Dans Vaincre Hitler : pour un judaïsme plus humaniste et universaliste.

Imposer une paix juste et durable à Israël par la suspension de l’accord d’association avec l’Union européenne – Conférence-débat avec Bernard Ravenel

Laurent de Wangen rappelle en préambule la récente déclaration de Netanyahou, selon laquelle Israël refuse désormais d’impliquer l’Union européenne dans « le processus de paix », à la suite de la décision d’étiquetage de produits des colonies prise le 11 novembre dernier.

Bernard Ravenel évoque les relations économiques privilégiées entre l’Union européenne et Israël, qui donnent à l’Europe une arme pour faire pression sur Israël. Le début de pression que constitue la décision explique la réaction hystérique de Netanyahou.

Bernard Ravenel présente l’évolution des rapports entre les Etats-Unis, l’Europe et Israël depuis le début des années 90.

Trois grands blocs économiques « occidentaux » existent à l’époque : Etats-Unis, Europe, Japon. L’idée d’un bloc économique régional Europe-Méditerranée pour faire face à la concurrence surgit dans le cadre de la libéralisation généralisée des échanges promue par les Etats-Unis et le FMI

Si les enjeux sont économiques, ils sont aussi démographiques et politiques : l’avenir est perçu comme inquiétant, en raison des pressions migratoires et de la montée de l’islamisme. D’où la recherche d’un accord, où l’aide au développement aurait pour conséquence une croissance économique permettant de limiter l’immigration.

Parallèlement pour les Etats-Unis, la Méditerranée conserve son intérêt comme accès au Moyen-Orient, où ils sont sortis triomphalement vainqueurs de la guerre du Golfe de 1990-1991.

La participation des pays arabes à la coalition contre l’Irak de Saddam Hussein a eu comme contrepartie une demande de règlement de la question palestinienne. La négociation imposée à Israël et à l’OLP à Madrid et à Oslo a eu les Etats-Unis comme seul médiateur.

L’Europe accepte la mainmise américaine sur le Moyen-Orient mais cherche à imposer son influence économique et financière.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la Conférence euro-méditerranéenne de Barcelone de novembre 1995 qui rassemble les Etats du pourtour méditerranéen, dont Israël, mais à laquelle les Etats-Unis ne sont pas invités. C’est également dans ce contexte que sont conclus divers accords d’association avec l’Union européenne.

Ces accords comportent des dispositions politiques (dialogue, respect des droits de l’Homme, création d’une zone de paix), des dispositions économiques, commerciales et financières (ouverture des marchés) et des dispositions diverses concernant d’autres domaines de coopération.

L’ouverture des marchés frappe des entreprises locales autrefois protégées par des droits de douane et fait apparaître la crainte du chômage, mais sont prévues des compensations par des aides, visant en particulier la réduction de l’immigration.

L’accord d’association avec Israël a un statut spécial dans la mesure où il a été signé le 20 novembre, avant même la Conférence de Barcelone, tenue les 27 et 28 novembre.

Bernard Ravenel rappelle que l’Europe, contrairement aux Etats-Unis, s’est souvent démarquée de la politique israélienne. Il rappelle les prises de position de Giscard d’Estaing, mentionne l’ouverture du marché communautaire aux produits palestiniens, les critiques de la répression de la première Intifada.

Le soutien économique de l’Union européenne à la Palestine se renforce à la suite des accords d’Oslo, alors que  l’Europe est le premier partenaire commercial d’Israël, avec 35 % des exportations et 50 % des importations israéliennes

Bernard Ravenel souligne l’importance de vérifier les clauses de l’accord d’association violées par Israël.

L’article 2 stipule ainsi que l’accord se fonde sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, qui en constitue un élément essentiel. Israël est cependant le seul pays occupant un autre territoire, exploitant ses ressources (en particulier ses ressources en eau) et y pratiquant des discriminations, des sanctions collectives, un usage disproportionné de la force, dénoncées par la FIDH et par Amnesty International.

Israël viole aussi des clauses commerciales de l’accord, car des produits venant des zones occupées sont présentés comme originaires d’Israël.

Bernard Ravenel indique qu’on a assisté à une montée en puissance des protestations européennes mais sans mesures concrètes.

Il signale le livre de Stéphane Hessel et Véronique de Keyser Palestine, la trahison européenne.

Il souligne l’importance des pressions politiques. Des démarches ont ainsi été menées pendant quatre ans par France Palestine auprès du Parlement français pour ne pas ratifier l’accord.

Le Parlement européen a voté pour la suspension de l’accord le 10 avril 2002 mais la Commission européenne a passé outre.

La campagne « Occupation, pas d’accords ! » a été lancée en avril 2002 par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et se poursuit jusqu’à maintenant. Dix questions parlementaires ont été posées.

Une double dynamique, associative et parlementaire, a été engagée. On a noté un rôle croissant des organisations de soutien à la Palestine auprès du Parlement européen.

L’Union européenne serait confrontée à un argument de crédibilité, particulièrement auprès de ses partenaires arabes, si elle persistait à ne pas faire respecter les clauses des accords.

La campagne a été relancée en 2005 en même temps que le début de la campagne BDS, et renforcée par la guerre du Liban à l’été 2006 et l’opération « Plomb durci » contre Gaza de fin 2008 – début 2009.

Il a cependant fallu attendre 2014 pour la mise en vigueur de lignes directrices sur l’exclusion des colonies israéliennes des financements européens et la dissuasion des investissements européens dans les colonies et enfin le 11 novembre 2015 pour l’adoption d’une décision sur l’étiquetage des produits. Une étape ultérieure devra être l’interdiction des importations des produits des colonies.

Certaines entreprises israéliennes, telle que Sodastream, quittent les territoires occupés.

Bernard Ravenel souligne que jusqu’à présent, les Etats-Unis s’étaient opposés aux initiatives européennes et que pour la première fois, ils n’interviennent pas et laissent faire l’Europe.

Il signale que la question de la suspension de l’accord d’association a été posée à Bruxelles, où cette suspension serait considérée comme « une bombe nucléaire » contre Israël, compte tenu de sa forte influence économique

En réponse à une question d’une adhérente, il est indiqué que la majorité absolue des députés européens est requise pour décider de cette suspension. Monique Cerisier – Ben Guiga souligne qu’à l’origine le Parlement européen n’émettait que des recommandations et que ses pouvoirs ont été renforcés.

Une adhérente évoque l’argument de l’impact sur l’emploi de la main d’œuvre palestinienne.

Bernard Ravenel signale la reprise d’une campagne pour la suspension de l’accord d’association, avec un débat public organisé par Médiapart. Il estime que la France peut dénoncer l’accord, tout en insistant sur le rôle de l’opinion publique pour obtenir ce résultat.

Une adhérente signale un argument utilisé par le Quai d’Orsay, selon lequel l’article 2 se serait appliqué à de nombreux autres pays.

Bernard Ravenel indique qu’Elie Barnavi soutient l’étiquetage alors que le Représentant européen en Israël s’est présenté en tremblant devant ses interlocuteurs israéliens, en présentant la décision comme une mesure technique.

Monique Cerisier – Ben Guiga interprète cette attitude de peur d’Israël comme l’effet de la honte européenne en relation avec la Shoah.

Bernard Ravenel insiste sur l’embargo sur les armements ou plus généralement sur un moratoire sur la coopération sécuritaire et militaire. Il annonce la parution d’une brochure à ce sujet dans quelques semaines.

Il signale qu’un accord sur la coopération sécuritaire est déjà appliqué bien qu’il n’ait pas été ratifié.

Une adhérente demande s’il est possible d’agir contre l’accord entre l’Ecole polytechnique et l’Institut israélien de technologie Technion.

Il est rappelé qu’existent des accords spécifiques en matière de recherche permettant à des institutions israéliennes de bénéficier de subventions de l’Union européenne.

Il est rappelé par ailleurs que certains accords ne sont pas soumis à ratification.

Une adhérente s’interroge que ce qu’il est possible de faire au niveau de la diplomatie européenne dans la mesure où les rapports des consuls sont systématiquement enterrés à Bruxelles. Elle souligne que les instances européennes sont soumises à travail de lobbying intense des éléments pro-israéliens. Elle recommande de ne pas hésiter à écrire aux députés européens.

Un document de dénonciation de la coopération militaire a été préparé mais il est la propriété de la Plateforme des ONG sur laquelle il faut faire pression pour en obtenir la parution.

Gérard Larose demande quel est l’état de la relance de la campagne de la Plateforme des ONG pour la suspension de l’accord d’association, avec la création d’un groupe de travail mentionnée dans une réunion antérieure.


En finir avec l’immunité d’Israël

Intervention de Bernard Ravenel

Au cœur du contentieux c’est l’impunité de l’Etat d’Israël qui depuis des décennies viole le droit international, ignore des dizaines de résolutions de l’ONU, agresse ses voisins, refuse d’appliquer les accords qu’il a lui-même signés par exemple à Oslo. Et en même temps il continue d’être traité comme si de rien n’était et d’être considéré comme la seule démocratie au Moyen-Orient. L’effet pervers, limité mais réel, c’est le retour des clichés antisémites sur « Les Juifs qui dominent le monde et sont toujours au-dessus des lois… »

Certes Israël n’est pas le seul Etat du monde à violer le droit international et les résolutions de l’ONU, mais le fait qu’il s’agit d’un Etat dont la création il y a 70 ans aujourd’hui est le fruit d’une recommandation de ces mêmes Nations Unies et ce au détriment de la population indigène renforce le caractère insupportable de cette situation.

Notre problème fondamental est de mettre fin à l’impunité d’Israël. Désormais, après l’échec de toutes les négociations depuis Oslo en passant par Camp David et Annapolis etc., la communauté internationale (Etats et société civile) a pris conscience de la nécessité d’imposer de l’extérieur une pression suffisante sur Israël pour le contraindre à reculer. L’absence de « solution militaire » oblige à réfléchir sur les objectifs et les meilleures modalités d‘action pour isoler politiquement Israël et déboucher sur des pressions supérieures contraignantes,  des sanctions économiques, en clair, le stade suprême de la sanction économique, le S de BDS, à savoir la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

L’importance de la suspension de l’accord d’association UE-Israël

Pour comprendre l’importance et la signification de cet accord, il faut partir de la conférence de Barcelone en 1995 qui visait à établir un partenariat euro-méditerranéen pour renforcer la présence économique et politique de l’Europe et en particulier de la France en Méditerranée face à la toute puissance des Etats-Unis sortis triomphalement vainqueurs de la guerre du Golfe.

La Déclaration finale fixe trois volets du partenariat euro-méditerranéen : Un partenariat politique et de sécurité, un partenariat économique et financier, un partenariat dans les domaines social, culturel et humain

C’est dans le premier volet que sont rappelés les engagements politiques des Etats signataires ; il suffit ici de citer le premier : « agir conformément à la charte des Nations Unies et à la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi qu’aux autres obligations résultant du droit international… »  C’est dans cet esprit affiché que l’Europe – soumise à une pression d’ONG européennes mais aussi arabes comme les ligues des droits de l’homme – renforce ses relations économiques et commerciales avec différents pays à travers des accords séparés d’association. En particulier elle accorde un traitement préférentiel à ces pays en réduisant fortement ses droits de douane ou même en les exemptant.

C’est dans ce contexte géopolitique qu’est signé l’accord d’association avec Israël. Cet accord remplace l’accord de coopération de 1975. Depuis cette date les relations entre l’UE et Israël se sont caractérisées par une double tendance : un accroissement des échanges sur le plan économique et des turbulences sur le plan diplomatique.

Sur le plan économique, entre 1975 et 1995, les échanges CEE-Israël se sont développés d’une manière considérable. L’UE est devenue le principal partenaire commercial d’Israël, absorbant près de 35 % de ses exportations et fournissant près de 50 % de ses importations.

D’autre part, il faut rappeler que l’Europe s’est souvent démarquée de la politique israélienne, dénonçant à plusieurs reprises l’implantation de colonies dans les territoires arabes occupés, reconnaissant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination (Déclaration de Venise en 1980), facilitant l’accès sur le marché communautaire des produits agricoles palestiniens (1986), condamnant les politiques répressives israéliennes suite an déclenchement de l’Intifada. Par ailleurs, Israël a eu maille à partir avec le Parlement européen, par exemple, en 1990, gel de la ligne budgétaire destinée à financer la coopération scientifique avec Israël pour protester contre l’embargo à l’éducation imposé par Israël dans les territoires palestiniens occupés.

En 1995, politiquement, l’Europe au Proche Orient ne pèse pas lourd. Elle a été marginalisée par les Américains dans le « processus de paix » enclenché à Madrid et continué à Oslo. L’Europe s’est donné comme fonction de soutenir économiquement le processus

C’est dans ce contexte qu’a été négocié l’accord d’association avec Israël. Cet accord améliore les relations économiques avec Israël et en particulier la coopération scientifique et technologique permettant l’accès d’Israël au programme de Recherche et Développement de l’UE. Pour le reste, l’accord a la même structure que les autres accords d’association.

L’accord s’est fixé pour objectifs les points suivants :

  1. fournir un cadre approprié au dialogue politique afin de permettre le développement des relations étroites entre les deux parties ;
  2.  favoriser le développement harmonieux des relations économiques entre l’UE et Israël ;
  3. encourager la coopération régionale afin de consolider la coexistence pacifique ainsi que la stabilité politique et économique ;
  4. promouvoir la coopération dans d’autres domaines d’intérêt mutuel.

Très louables objectifs… mais il y a quand même un petit problème qui tôt ou tard risque de mettre sérieusement à l’épreuve les relations entre l’UE et Israël. En effet, Israël avec lequel l’UE s’associe dans le cadre d’un accord de partenariat est aussi un pays occupant un territoire qui ne lui appartient pas, le colonisant au vu et au su de l’Europe, exploitant ses ressources notamment hydrauliques et exposant constamment sa population à un châtiment collectif…

Donc le problème hautement politique qui se pose est le suivant : l’Europe pourra –t-elle sans se trahir, sans trahir ses propres engagements, traiter avec Israël sans dénoncer sa politique dans les territoires occupés ? Sera-t-il admissible longtemps sur le plan simplement éthique, d’octroyer à Israël un « statut privilégié », alors qu’il dénie tous les jours au peuple palestinien le droit à l’autodétermination, droit pourtant rappelé par l’UE dans de multiples déclarations ?

Les violations israéliennes des règles du droit

Et de fait plusieurs clauses de l’accord sont manifestement violées par la partie israélienne. Ces violations constituent également un non respect plus général des principes de la Charte des Nations unies, du droit des traités, de la IVème convention de Genève, etc.

Suivant l’article 2 de l’accord, « les relations entre les parties, ainsi que toutes les dispositions de l’accord lui-même se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques qui inspire leurs politiques internes et internationales et qui constitue un élément essentiel de cet accord ». Israël viole systématiquement les droits de l’Homme dans les Territoires occupés : usage disproportionné de la force, sanctions collectives ; destructions massives de maisons, etc. Israël, puissance occupante, ne remplit pas ses obligations légales au titre de la IVème convention de Genève de 1949 sur la protection des populations civiles en temps de guerre, qui impose un traitement discriminé entre combattants et non-combattants.

D’autre part, Israël viole des clauses commerciales de l’accord d’association :

  • Le champ territorial de l’accord : article 83 : « Le présent accord s’applique, d’une part, aux territoires où les traités instituant la communauté européenne sont d’application et dans les conditions prévues par les dits traités et, d’autre part, au territoire de l’Etat d’Israël ».
  • La règle d’origine. Le Protocole 4 de l’accord « concernant la définition du concept de « produit d’origine » et les méthodes de coopération administrative », prévoit que le traitement préférentiel est accordé aux produits provenant des territoires des parties, excluant donc les produits provenant en tout ou pour une grande part des territoires palestiniens occupés.
L’Europe doit suspendre l’accord d’association.

Dès le 10 avril 2002 le Parlement européen a pris position en demandant à la Commission et au Conseil la suspension temporaire et immédiate de l’accord d’association. La Commission et le Conseil ont refusé d’en tenir compte… Par son refus d’agir, la Commission devient de fait complice des graves violations par Israël de la IVè convention de Genève et des autres conventions internationales. Le mouvement international de solidarité avec la Palestine n’est pas encore assez puissant pour obliger l’UE à suivre la recommandation du Parlement européen.  Cette demande de suspension doit redevenir un thème phare de la mobilisation des citoyens européens.

Depuis 2002, le mouvement a renforcé sa capacité de pression auprès des organismes européens (obtenant notamment l’abandon du projet de rehaussement – upgrading – des relations entre l’UE et Israël). A partir d’une démarche des syndicats britanniques, bientôt soutenue par de grandes confédérations syndicales européennes comme la CGT et la FSU en France s’impose auprès des autorités européennes l’exigence d’un étiquetage des produits issus des colonies israéliennes en Palestine. Finalement en 2014 la Commission européenne publie ses nouvelles lignes directrices concernant sa politique de coopération avec Israël et annonce qu’elle exclut désormais toute coopération avec Israël, avec les institutions et les entreprises israéliennes ayant des activités dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967. Coup de tonnerre ! Pour la première fois l’UE montre sa capacité et sa volonté de passer de la parole aux actes…c’est-à-dire à des sanctions. Israël va alors multiplier les pressions et les démarches pour retarder l’application de cette mesure ou en restreindre le plus possible la portée. Ce qui va partiellement réussir grâce au soutien du lobby pro-israélien très présent auprès des institutions européennes.

Finalement avec l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Israël qui accélère la colonisation, l’UE décide de rendre obligatoire l’étiquetage des produits issus des territoires illégalement occupés par Israël. Cette décision porte un coup sensible à l’économie des colonies en privant leurs produits des tarifs douaniers préférentiels consentis par l’UE à Israël par l’accord d’association. Elle a aussi une valeur symbolique et politique significative car elle laisse prévoir d’autres mesures plus contraignantes qui toucheront de fait l’ensemble des relations commerciales d’Israël surtout si le pouvoir israélien ne modifie pas son comportement. Ce que les Israéliens ont parfaitement compris… Déjà en France le mouvement de solidarité demande que l’ensemble des marchandises ainsi identifiées comme provenant des colonies illégales soient interdites sur les marchés français et européen.

Tel doit être notre axe de travail pour la période. Le problème est de les faire appliquer…c’est–à-dire d’être efficace. Cela suppose la mobilisation d’un mouvement fort et représentatif de la société civile organisée et de la société politique, en clair une stratégie d’alliances fondée sur la défense et l’application du droit international.