Les tribulations d’une Palestinienne à l’aéroport de Roissy… ou « Aussi difficile de retourner en Palestine que d’en sortir ! »

Deux de nos adhérents ont accueilli la semaine dernière une jeune Palestinienne d’Halhul qui achevait un séjour de 6 mois en France comme Volontaire du service européen et l’ont accompagnée à Roissy. Le passage au guichet d’enregistrement leur a inspiré un petit texte.

S., jeune Palestinienne de Halhul, a passé six mois en France comme VSE (Volontaire du Service Européen) auprès de l’association Romans International . C’est l’association d’échanges culturels Hébron-France qui a organisé son départ dans ce cadre. S. est arrivée en France le 7 septembre 2016 avec un visa de 6 mois courant du 5 septembre 2016 au 5 mars 2017.

Ce visa, délivré par le consulat général de France à Jérusalem, ouvre droit à des entrées multiples en France (à l’exclusion des CTOM, collectivités et territoires d’outre-mer comme la Polynésie française), à l’exclusion de tout autre pays. C’est un visa de type D qui porte les mentions suivantes : « long séjour temporaire » et « dispense temporaire de carte de séjour ».

Le samedi 4 mars 2017, nous avons accompagné S. qui repartait sur un vol Lufthansa Paris-Francfort, puis sur un vol Francfort-Amman, trajet inverse de celui qu’elle avait effectué à l’aller. Au guichet d’enregistrement, les choses n’ont pas été simples et l’employé, par ailleurs tout à fait courtois, a dû faire appel à une collègue spécialiste de la réglementation sur l’immigration.

Le premier point litigieux était que S. n’avait pas de justificatif de voyage de Jordanie en Palestine. Rien ne prouvait donc qu’elle rentrerait bien en Cisjordanie. Par ailleurs, comme elle n’avait pas de visa jordanien, nos interlocuteurs en inféraient qu’elle pouvait être refoulée par les Jordaniens et donc renvoyée à son point de départ, Paris. La compagnie aérienne Lufthansa serait alors dans l’obligation de la ramener à Paris, comme en pareil cas de refoulement.

Au détour des échanges, nous avons pu constater combien nos interlocuteurs étaient ignorants de la situation. C’est ainsi que l’employé du guichet a demandé à S. si elle avait un billet d’avion de Amman à chez elle, ignorant que la Palestine ne dispose d’aucun aéroport sur son territoire, a fortiori d’aéroport international, et que le seul point d’entrée et de sortie pour les Palestiniens est le Pont Allenby.

Le deuxième point litigieux a été le transit par Francfort. En effet, le visa délivré par le consulat de France ne permettait pas à S. d’entrer dans les autres pays de l’espace Shengen. D’après nos interlocuteurs, S. passerait le contrôle de l’immigration à Francfort et pourrait être refoulée et donc, là encore,ramenée par Lufthansa à son point de départ.

Nous avons passé environ une heure au guichet d’embarquement et l’histoire s’est bien terminée puisque les employés Lufthansa de Roissy ont fini par délivrer à S. ses deux cartes d’embarquement et qu’elle est bien arrivée à Amman. Elle ne semble donc pas avoir été inquiétée à Francfort. Il nous reste à vérifier la question de l’obligation ou non du contrôle de l’immigration dans le cas d’un transit dans l’espace Shengen.

De cette petite histoire, on peut tirer quelques conclusions :

  • les Palestiniens – et sans doute les ressortissants d’autres pays « sensibles » – ont quasi autant de mal à sortir de chez nous qu’à y entrer ; avec l’absurdité qu’il y aurait à refouler éventuellement un Palestinien en France ;
  • les compagnies aériennes, par crainte de devoir ré-acheminer à leurs frais des passagers potentiellement « refoulables », sont très sourcilleuses ;
  • le passager peut toujours être à la merci d’un employé qui fait du zèle, notamment quand, comme S. ou comme nous qui l’accompagnions, il ne connaît pas précisément la réglementation attachée aux différents types de visas ou aux voyages aériens ;
  • on a tout intérêt à bien connaître cette réglementation ;
  • tout se passe comme si les autorités françaises et internationales, aéroportuaires et policières, se conformaient sans ciller aux contraintes de « sécurité » imposées par Israël et les USA relativement aux conditions de voyages aériens, d’autant plus intransigeantes qu’elles concernent des porteurs de passeports rares (l’Autorité palestinienne, sans statut de « pays » classique) ou des ressortissants de pays dits « sensibles ». Malheur, alors, à l’individu seul face à des règlements souvent complexes et clairement discriminatoires.
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Le massacre de Dawayima – 29 octobre 1948

Nous traduisons ici un article de Kifah Abdul Halim, rédactrice en chef du site « Al Lassaa » (morsure/Piqûre en arabe). 

Kifah Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël, interviendra le 18 novembre aux côtés d’Eléonore Merza Bronstein et d’Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens, et de Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien, lors de la conférence-débat que nous organisons à la salle des fêtes de la mairie du 14ème avec les équipe de Paris 14ème du CCFD-Terre Solidaire et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme, sur le thème « Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés ».


Malgré l’opacité autour du massacre de Dawayima  et l’interdiction d’accès à l’ensemble des documents d’archives associés, des preuves montrent que, durant ce que les Israéliens appellent « la guerre d’indépendance », ce fut dans l’absolu l’un des massacres le plus horrible.

Dans ce qui suit, nous publions un rapport spécial à l’occasion de l’anniversaire du massacre du 29 octobre 1948.

Kifah Abdul Halim, le 29 Octobre 2016

 

Pour cela

Il a pénétré le village occupé sur le dos d’une jeep,
Un jeune audacieux et armé… comme un lionceau
Dans la rue dévastée,
Face à lui un vieux et une femme collés contre le mur.

Le jeune a souri, découvrant ses dents de lait.
« Testons la mitraillette » … et il a testé.
Avec ses mains, le vieux a caché son visage…
et puis il a couvert le mur de son sang.

Mes chers, c’est l’image des batailles de la liberté,
Il y en a bien plus atroces. Ce n’est pas un secret.
Notre guerre appelle à l’expression et aux chansons …
Eh bien, qu’elle soit chantée pour cela aussi !

Qu’elle soit chantée alors, pour ces « doux accidents »
Qui s’appellent, par hasard, meurtres.
Qu’on chante les conversations de ceux qui entendent et savent,
Qu’on chante les sourires du renoncement et du pardon

Puis qu’on ne dise pas : « Ce sont juste des détails dans le chapitre de la gloire. »
Un groupe est identique à une personne (Pareil au même)
Si le groupe écoute la personne narratrice
Et ne l’enferme pas dans un cachot !

Parce que ceux qui portent l’habit de la guerre, et nous sommes avec eux,
En effet,
Ou par l’éducation du consentement,
Sont poussés, par le bégaiement de la « Nécessité » et de la « vengeance »,
Du côté des criminels de la guerre.
La guerre est cruelle, le prédicateur naïf sera renvoyé
De devant d’elle par un gnon.
Mais pour cela,
La question de la justice et la question de la miséricorde
Si elles y étaient, elles sont comme elle cruelles.

Et le groupe chanteur du charme de sa gloire,
Ceux qui versent du miel sur son péché
Ô, si seulement (espérant) elle les punit avec une main d’acier
Dans les tribunaux militaires !

La tranquillité qui chouchoute « Vraiment… » s’isolera.
Craint de voir son visage dans le miroir !
Le soldat hébreu se dresse ! S’abrite.
De la léthargie (hébétement) du public hébreu

Et la guerre du peuple, qui a résisté sans peur
Devant les sept armées des rois d’Orient,
Ne craindra pas l’argument « ne propagez pas nos scandales publiquement. »
Elle n’est pas lâche à ce point !

Le 19 novembre 1948, Nathan Alterman publie pour la première fois le poème « Pour cela » dans les colonnes de l’hebdomadaire « Davar ». Au milieu de la guerre de « l’indépendance », telle qu’elle est nommée par les Israéliens, ce poème a eu un énorme écho. Surtout quand à travers celui-ci, Nathan Alterman, qui est devenu entre-temps l’un des plus importants poètes nationalistes (probablement le deuxième après Bialik), a critiqué les crimes de la guerre commis par les soldats israéliens. Il a même demandé qu’ils soient traduits en justice, à un moment où les critiques étaient quasi absentes voir étouffées. À l’époque, Alterman a reçu des éloges sur son audace tandis que certains ont qualifié son poème de « cri de la conscience ». Bien que cela semblait pour certains une sorte d’« exposition publique de son linge sale », le poème « Pour cela » est devenu avec les années un des textes fondateurs de la conscience Israélienne, à un point que jusqu’à aujourd’hui il est enseigné dans les écoles juives d’Israël pour mettre en avant l’éthique (israélienne) de la guerre et plus particulièrement ce qu’ils appellent « La pureté des armes ». Un terme qu’Israël aime utiliser pour revendiquer l’immunité morale de son armée.

Ultérieurement, d’autres théories (analyses) suggéraient que le poème a été publié pour des raisons politiques. Ben Gourion, le ministre de la défense de l’époque, aurait demandé à Alterman, avec qui il était en étroite relation, de l’écrire. Ceci dans le cadre d’un effort pour absorber et contenir les critiques soulevées que suscite ce carnage dans le cœur de quelques-uns, mais aussi pour camoufler les responsabilités des officiels et des responsables politiques. Ce qui confirme cette thèse, c’est le fait qu’Alterman avait ajouté un paragraphe (un quatrain), au début du poème à la suite des ordres qu’aurait émis Ben Gourion pour imprimer milles copies du poème et les distribuer parmi les soldats et ceci après être préalablement intervenu quand la censure militaire a interdit la publication du poème. Voici ce que disent ces vers :

Au milieu des jours de combat, nous nous réveillons sur ces choses.
Le ministre de la Défense, a ajouté à ce qui est dit ici en vertu de ses prérogatives.
Son travail celui-ci, n’est pas courant dans les questions de guerre, digne d’un poème,
Que ça soit en termes d’objectifs, ou en termes d’exemplarité et de force intime (intérieure).

L’écrivain Israélien Yitzhak Loar estime pour sa part : « Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que le poème ait été écrit sur demande. Le pouvoir, n’importe quel pouvoir, divise toujours les crimes en deux catégories, ceux qui sont commis en son nom et dans ce cas il est préférable de ne pas en parler, et ceux qui ne sont pas commis en son nom et dans ce cas il est possible de traduire ses auteurs en justice ou du moins le réclamer. »

Comme Alterman ne désigne pas explicitement le village visé (concerné), la question importante demeure : Où exactement ces crimes ont-ils été commis ?

La croyance dominante est que Alterman désigne les événements qui se sont produits pendant l’opération d’occupation de Lod connue pour sa cruauté, et qui s’est produite environ quatre mois avant la publication du poème. Cependant Menachem Finkelstein qui occupait le poste d’Avocat Général de l’armée estime que le poème désigne d’autres événements produits à la fin du mois de novembre en 1948, un peu avant la publication du poème, dans le village Dawayima (village vidé de ses habitants dans le district d’Hébron).

Certains chercheurs Israéliens confirment cette hypothèse surtout qu’Alterman lui-même a servi dans le Bataillon 89, qui était responsable de ces événements, et dont les soldats juifs ont commis des atrocités envers les habitants du village et envers ceux qui s’y sont réfugiés et où il n’a été épargné aucun enfant, ni femme, ni vieux.

L’historien israélien B. Morris, devenu célèbre grâce à son livre La naissance du problème des réfugiés palestiniens, signale (précise) à cet égard que le plus atroces des « opérations » ont été commises dans Saliha, Deir Yassin, Lydda, Dawayima et Abu Shusha, mais il ajoute par la suite que les massacres les plus atroces dans l’absolu ont été perpétrés à Lod et à Dawayima lors de la « guerre de l’indépendance ».

De son côté l’activiste de l’association « palestiniennes » (pour dire : affaires palestiniennes) et spécialiste des villages palestiniens abandonnés Jihad Abu Raya souligne : « Les gens ont entendu parler du massacre de Lod, mais beaucoup ne savent rien en ce qui concerne le massacre de Dawayima où les crânes des enfants ont été broyés avec des bâtons et où l’on a assisté à la démolition de maisons, à la mise à mort des personnes âgées et à la poursuite des habitants qui se sont réfugiés dans les grottes où l’on a exterminé des familles entières. La plupart des personnes tuées étaient venues de l’extérieur du village, selon les informations dont nous disposons. Ils s’y sont réfugiés fuyant d’autres endroits. C’est pour cette raison nous avons dû faire face à beaucoup de difficultés dans la collecte des récits et des données sur ce qui est arrivé par comparaison à d’autres massacres comme à Deir Yassin et à d’autres endroits. »

Il n’est pas étonnant si Israël impose le secret jusqu’à aujourd’hui pour tous les documents relatifs à l’occupation de Dawayima. Cependant, nous trouvons des preuves claires du massacre dans une lettre qui a était envoyée par le soldat Ch. Kablan, dix jours après le massacre, à son ami Eliezer Berri, qui travaillait comme rédacteur dans le journal Al Hamchmar décrivant les horreurs de ce qui a eu lieu là-bas.

Abu Ria souligne : « Il faut noter que ce message a disparu de l’archive, comme beaucoup d’autres documents, dans une tentative de cacher les horreurs du crime commis à Dawayima. Mais certains historiens israéliens ont réussi à obtenir une copie de la lettre avant qu’elle ne disparaisse. Ce qui a permis à Benny Morris, de l’utiliser dans son livre Correction d’une erreur, ainsi que Tom Segev dans son livre 1949

Nous diffusons dans ce qui suit le contenu de la lettre tel qu’il a été publié le 02 juillet 2016 dans le journal Haaretz qui l’a obtenu de l’historien Benny Morris lui-même

Cher Eliezer,

J’ai lu aujourd’hui l’éditorial de Al Hamchmar traitant des questions concernant notre armée qui contrôle tout sauf son instinct primaire.

Voici le témoignage d’une histoire qui m’a été racontée par un soldat qui est arrivé à Dawayima une journée après son occupation. Ce soldat est des nôtres, cultivé, fidèle et digne de confiance à cent pour cent. Il m’a ouvert son cœur par besoin psychologique. Il est au bord de l’effondrement et envahi par la dépression à cause des horreurs qu’il a rencontrées et le niveau de barbarie que nos hommes, fils de l’éducation et de la culture, sont capables d’atteindre. Il m’a ouvert son cœur, parce qu’il n’y a pas beaucoup de cœurs disposés à l’écouter.

Il n’y avait pas de batailles, ni de résistance (pas d’Egyptiens non plus). Les premiers occupants ont tué entre 80 et 100 arabes parmi les femmes et les enfants. Ils ont tué des enfants, en brisant et en broyant leurs crânes avec des bâtons. Il n’y avait pas une seule maison sans morts. La deuxième vague était un contingent de l’armée dont faisait partie le soldat qui témoigne.

Il restait dans le village des femmes et des hommes arabes. Ils les ont enfermés dans des maisons sans leur donner à boire ou à manger. Puis vinrent les hommes chargés d’explosifs pour faire sauter les maisons. Un des commandants a ordonné à l’un d’entre eux d’enfermer deux vieilles femmes arabes dans la maison qui était sur le point de sauter. L’artificier a refusé en disant : « je n’exécute que les ordres de mon propre commandant ». Dès lors, son commandant intervient et lui ordonne de faire entrer les deux vieilles. Puis le crime a pu être accompli.

Un autre soldat se vantait d’avoir violé une femme arabe, avant de l’abattre. C’était une femme avec un bébé de deux jours dans ses bras. Ils lui faisaient nettoyer la place où les soldats mangeaient. Elle les a servis pendant deux jours pour qu’à la fin ils lui tirent dessus ainsi que sur son bébé.

Le soldat disait que leurs commandants, hommes moraux, cultivés et considérés comme la crème de la société, se sont transformé en d’abjects et minables tueurs. Cela ne s’est pas produit à un moment d’emportement et d’hystérie qu’on peut atteindre par peur lors d’une bataille chaotique, c’était tout simplement un processus systématique et prémédité dans l’objectif d’expulser et exterminer.

Moins il y a d’arabes, mieux c’est. C’est le motif politique pour expulser et commettre les atrocités que ne conteste ou condamne personne, que cela soit au niveau exécutif ou au niveau du commandement militaire. Moi-même j’étais au front, il y a deux semaines et j’ai entendu les soldats et leurs officiers se vanter de comment ils ont pourchassé et abattu des arabes sans raison. De toute façon on considère que c’est une mission importante et qu’il y a une course à gagner.

Nous sommes dans une situation délicate. Si nous portons nos cris aux médias, nous aurons aidé la ligue arabe à laquelle nos représentants répondent avec des arguments peu convaincants. Si nous ne faisons rien, c’est une complicité avec l’ignoble. Le soldat m’a dit que Deir Yassin n’était pas la pire. Est-ce normal qu’on s’indigne pour Deir Yassin et qu’on ne le fasse pas pour ce qui est de loin plus laid.

Nous devons faire un scandale sur les chaînes internes, demander une enquête interne et punir les coupables. Avant tout il faut créer dans l’armée une unité spéciale pour la retenue. Moi-même j’accuse en premier lieu le gouvernement qui ne se sent pas concerné par l’interdiction de ces phénomènes et qui peut-être au contraire les encourage indirectement. Ne rien faire c’est une sorte d’encouragement. Un commandant m’a dit qu’il y a un ordre non écrit de ne pas garder de prisonniers. La signification de « prisonniers » a été donnée à chaque soldat et commandant.

Un prisonnier peut être un arabe, une arabe ou un enfant arabe. Je t’écris pour que dans les rédactions et dans le parti se sache la vérité et pour qu’ils entreprennent des actions significatives. Au moins, qu’ils ne se fassent pas entraîner derrière une diplomatie fallacieuse qui couvre le sang et le meurtre. Et si c’est possible il ne faut pas se taire au niveau du journal.

                                                                                                                              Kablan

Le massacre de Dawayima s’est déroulé le 29 octobre 1948, le nombre de victimes estimé est de plusieurs centaines. Une rapide enquête de pure forme a été commandée sur le massacre. La Commission Internationale s’est faite berner, a été mal orientée et induite en erreur. En 1955 la colonie « Omtsia » a été construite sur les ruines de Dawayima. « Omtsia » doit son nom à l’un des rois de Juda, mieux connu pour sa cruauté dans la guerre et sa barbarie.

Lire la version originale

Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer

Il n’est peut-être pas inutile de nous rappeler d’abord nos motivations pour le choix des projets qu’il nous faut réaliser dans les camps de Chatila et de Borj el Barajneh, à la demande des associations locales « Rêves de Réfugiés » et « Najdeh ». Plus de 30.000 réfugiés sont entassés à Chatila, un camp « provisoire » datant de la « Nakba » en 1949, sur une surface très réduite, de seulement 40.000 m2 à sa création : nous voici à la quatrième génération hors de Palestine ! En attendant le Retour, qui est un Droit reconnu internationalement, même s’il apparaît désormais bien compromis, la vie dans le camp se doit d’être digne et humaine. Ce qui n’est pas le cas. En réalisant des chantiers de réhabilitation de logements insalubres, causes d’asthme et de rhumatismes mais aussi de désespoir chez les plus démunis, nous proposons à de jeunes chômeurs (plus de 60 % de la population active de Chatila est au chômage, mais sans revenus !) d’apprendre sur le tas, sur nos chantiers, les rudiments des métiers du bâtiment. Cette formation professionnelle accélérée peut leur mettre le pied à l’étrier et les aider à sortir de la misère.

Une rue à Chatila

Une rue à Chatila

Huit bénévoles, professionnels du bâtiment et bricoleurs, ont répondu à notre appel lancé en juin dernier, et quelques autres peuvent encore s’inscrire. Les chantiers et formations professionnelles seront organisés par l’association « Rêves de Réfugiés » de Chatila et sont prévus de la mi-septembre à la mi-novembre de cette année. En fonction du profil professionnel des bénévoles inscrits à ce jour, les chantiers retenus sont des remises en état de logements insalubres dans lesquels croupissent les plus pauvres (veuves, souvent avec enfants) du camp. Nous détaillerons, plus bas, les matériaux nécessaires à ces réhabilitations de logements et leur coût. La main d’œuvre étant évidemment gratuite, offerte par les bénévoles et les stagiaires.

En parallèle, l’association « Najdeh », qui s’est spécialisée dans l’accueil des femmes, les soins psychologiques à leur apporter en les sortant du climat de violence qui empoisonne les camps et dans la formation professionnelle des femmes, accueillera quatre bénévoles (et peut-être davantage : les inscriptions sont encore possible !) à partir de fin septembre. Cette association reçoit depuis plusieurs années des bénévoles, particulièrement spécialisés dans la thérapie psychologique, mais aussi dans l’enseignement du Droit, et dans toutes les professions pouvant être utiles à la libération des femmes. Un ensemble de professions dites « féminines » nous ont été citées comme très utiles dans ce contexte des camps du Liban. La coopération des bénévoles avec « Najdeh » peut donc se faire toute l’année, aux dates qui conviennent le mieux aux bénévoles.

De la mi-septembre à la mi-novembre (saison des pluies, période difficile pour les chantiers) nous tablons sur 14 bénévoles. Chacun a des dates de séjour propres.

Immeubles à Chatila

Immeubles à Chatila

Les grands postes des dépenses sont :

  1. Les voyages aériens ;
  2. L’hébergement, en fonction du type d’hébergement choisi ou accepté et de la durée globale des bénévoles sur place ;
  3. Les matériaux à acheter chez les grossistes de Beyrouth pour rendre habitables des logements insalubres et pour deux chantiers précis dans une école de Borj el Barajneh. Nous ne savons pas encore combien de logements pourront être réhabilités, ignorant à ce jour la durée globale de séjour des bénévoles. Nous estimons cependant pouvoir mettre en état cet automne cinq logements et nous établissons notre budget prévisionnel sur ce nombre, modifiable si évolution. Et les deux chantiers de l’école de Borj el Barajnej, aux devis plus faciles à établir.
  4. Les outils à louer sur place (poste à soudure et bouteilles, perceuses électriques, échelles, etc.)
  5. L’ensemble des frais annexes : voiturage aéroport-camps, achat de l’outillage manquant, du petit matériel, papeterie et bureautique, divers et imprévus.

Tous les bénévoles paieront leur nourriture et leurs frais personnels durant leur séjour.

Les adhérents et militants solidaires des réfugiés palestiniens, qui ne peuvent être bénévoles pour passer quelques semaines de travail là-bas, peuvent alors solliciter leurs amis et parents, leurs voisins et toutes les personnes susceptibles d’être concernées ou intéressées par ce projet devenu programme. Chacun/e peut ainsi participer activement, soit en mettant au pot commun, soit en finançant tout ou partie d’un des postes que nous allons détailler et que vous choisissez particulièrement.

En versant votre participation financière et indiquant que c’est pour le pot commun, vous participerez à payer l’ensemble des dépenses qui ne seront pas couvertes par les bénévoles eux-mêmes ni par des dons spécifiques. Vous  recevrez le reçu fiscal correspondant au montant de votre don, et vous serez tenus régulièrement au courant de l’avancement du programme de tous les chantiers et des formations professionnelles.

En versant votre participation financière tout en notifiant le poste précis que vous aurez choisi à partir de la liste de dépenses ci-dessous, vous financerez tout ou partie d’un chantier précis et de la formation professionnelle correspondante. Vous recevrez également le reçu fiscal correspondant au montant de votre don. Et nous nous engageons à vous faire parvenir par l’AFPS 14 ème-6ème, en plus du compte-rendu général de l’opération,  un compte-rendu et des photos vous permettant de comparer l’ « Avant » votre chantier, le « Pendant » votre chantier et la formation des stagiaires, et l’ « Après » la fin de votre chantier et de la formation.

Avec votre don, spécifiez donc « Pour le Pot commun » ou « Pour tel chantier ou telle utilisation précise ».

Nous détaillons maintenant les cinq postes de dépenses, pour vous permettre de faire votre choix.

1. Les voyages aériens

Actuellement, sur les 12 bénévoles inscrits, 6 se sont engagés à offrir à l’opération leurs vols Aller-Retour (environ 500 € par personne), l’AFPS s’engageant à payer les 6 autres A-R, soit environ 3000 €. Il va de soi que les noms n’ont pas à être diffusés. Les dépenses du poste « Voyages aériens» font donc partie du « Pot commun » auquel vous souhaitez peut-être participer.

2. Les hébergements

Dans la même proportion que pour les voyages avion, la moitié des bénévoles inscrits à ce jour ont décidé de payer eux-mêmes leurs hébergements durant leur séjour. D’autres bénévoles ne pouvant pas le faire, c’est l’AFPS qui réglera ce poste de dépenses. Nous ne connaîtrons précisément le nombre de nuitées à payer que lorsque tous les bénévoles auront pris leur billet d’avion, auront donc décidé de la durée de leur séjour. Mais une estimation de 5000 € restant à la charge de l’AFPS nous paraît proche de la réalité. Là encore, l’anonymat des bénévoles hébergés au compte de l’AFPS sera respecté. Leur travail bénévole sur place dans des conditions très difficiles, leur propre prise en charge de leur nourriture pour la durée du séjour, ainsi que de leurs frais annexes, est déjà très généreux. Le poste « Hébergements» fait donc partie au budget général et du « Pot commun » géré par l’AFPS.

3. L’achat des matériaux

Ce poste va être détaillé de façon beaucoup plus précise et n’entre donc plus dans la ligne « Pot Commun », sauf si notre appel à financements ne reçoit pas de réponses précisant l’emploi des dons. Vous allez pouvoir, ici, choisir le chantier précis que vous souhaitez financer soit en partie soit en totalité. La main d’œuvre étant offerte (par les bénévoles au travail et par les stagiaires en formation) les chantiers ne coûteront donc « que » le montant des matériaux nécessaires à leur réalisation et que nous achèterons sur place. Nous avons identifié deux chantiers à l’école « Najdeh » du camp de Borj el Barajneh, et estimé à 5 le nombre de logements insalubres que nous pourrions raisonnablement mettre en état habitable au camp de Chatila, tout en formant les volontaires stagiaires aux métiers du bâtiment. Ce qui ferait 7 chantiers au total. En vous les décrivant ici nous vous permettons de choisir celui ou ceux dont vous souhaitez la réalisation en la rendant possible par votre don. Votre don sera donc accompagné de la précision : « Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh » ou « Pour la réfection du mur de la cage d’escalier du camp de Borj el Barajneh », ou « Pour rendre habitable un logement insalubre du camp de Chatila ». Si deux financements se chevauchaient pour le même chantier, nous vous en aviserions immédiatement et vous pourrez modifier votre choix.

« Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh »

Le toit, d’un peu moins de 100 m2, de la salle du dernier étage du centre d’accueil des femmes du camp de Borj el Barajneh, géré par l’association « Najdeh », est fait de tôles métalliques (appelées ‘’zinco’’) absorbant la chaleur, posées directement sur les quatre murs, sans aération suffisante, ce qui rend l’utilisation de cette salle quasi impossible pour les 150 enfants qui fréquentent ce centre en soutien scolaire. Le traitement de ce chantier primordial fera en même temps un excellent cours pour les stagiaires en formation professionnelle. Nous aurons quelques tôles de ‘’zinco’’, rouillées et percées, à changer (cours sur la sécurité). Puis nous aurons à fixer sous ces tôles une couche épaisse et efficace d’isolant que nous recouvrirons d’un contreplaqué à peindre. Et nous percerons des trous d’aération en bas et en haut des murs, permettant une ventilation naturelle et économique (sans parler d’être aussi écologique), trous que nous protégerons par des grilles. L’achat des tôles, de l’isolant réflecteur (type Expert 70**, constitué de 17 éléments, trouvé à la « Plateforme du Bâtiment » à près de 20 € le m2), du contreplaqué, de la visserie et autres à côté, de la peinture, nous amène à estimer le coût de ce chantier à 3.000 €. Il nous sera facile, sur place, de réaliser le petit reportage « Avant », « Pendant » et « Après » que nous vous enverrons.

« Pour la réfection du mur de la cage d’escalier de l’école de Borj el Barajneh»

Dans cette même école ou plus exactement ce centre pour femmes du camp de Borj el Barajneh, un mur d’escalier est rongé par l’humidité. La responsable du centre, Mariama, tente de le faire enduire et repeindre tous les ans, et c’est tous les ans la même catastrophe, la peinture s’écaille et elle a honte de recevoir ici des femmes qui ont besoin d’un accueil plus adapté à leur moral en berne. Le traitement efficace de l’humidité nécessiterait des travaux extérieurs (impossible dans ce cas) ou d’empêcher les remontées humides par capillarité (autres travaux impossibles). Il ne nous reste qu’à recouvrir le mur de plaques de BA13 hydrofuge (sorte de placoplâtre) vissées sur tasseaux, et percées d’ouvertures d’aération naturelle en haut et en bas. Ces plaques hydrofuges pourront alors être peintes durablement. Nous avons estimé le coût des matériaux de ce chantier si utile à 500 €. Là encore, ce chantier servira d’excellente école de formation à la menuiserie pour les stagiaires en formation professionnelle. Là encore, reportage-photos facile des divers stades de réalisation du chantier-formation et des stagiaires y participant.

Et comme Mariama, dynamique et courageuse, refusant de se laisser gagner par le découragement, a eu confiance en nous, elle nous a montré d’autres « bricolages » à faire dans son centre-école et qu’elle espère que nous réaliserons : bricoler une fenêtre qui laisse passer la pluie dans une salle ; un lino qui s’est décollé et qui se coupe ; des étanchéités à revoir, etc. L’achat ici (chez Leroy-Merlin ou Castorama) pour être emmené dans la valise en soute, du matériel et petit outillage nécessaire à ces chantiers (pistolet à colle et colle à verre et métal, silicone et produits d’étanchéité, rouleaux d’adhésif pour lino, cutter et lames, petit outillage qui sera laissé aux stagiaires pour les inciter à s’en servir, par exemple une mallette d’outils vue à 55 € chez Lidl, etc.) mais aussi l’achat de matériel de sécurité pour travailler sur le toit (changement des tôles) et en hauteur (à la fenêtre), tels que casques de chantier, harnais de sécurité et cordages, etc. peuvent être estimés aussi au bas mot à 500€. Le libellé serait alors : « Divers travaux à Borj el Barajneh. Et achat des matériels de sécurité ».

« Pour rendre habitables des logements insalubres du camp de Chatila».

Dans le camp de Chatila, ce sont les fondateurs et animateurs de l’association « Rêves de Réfugiés », Sobhi, Othman, Tarek et Jalal, qui connaissent le mieux les personnes et familles les plus démunies, abandonnées, qui souffrent à vivre dans des taudis infects, Qui sont donc en priorité les gens à sauver de cette misère profonde. En fonction du nombre de bénévoles et de leur profil professionnel, et de la durée de leur séjour, nous pouvons aujourd’hui estimer à 5 le nombre de pièces-logements que nous pourrions rendre habitables tout en prenant le temps de former les stagiaires volontaires à la formation professionnelle. Là encore, le compte-rendu « Avant », « Pendant » et « Après » sera aisé pour nous à votre intention si, au lieu d’un don au « Pot commun » vous avez spécifié « réfection d’un logement de Chatila ».

La terre battue du sol, encrassée depuis 70 ans de camp, doit être remplacée par du carrelage (les plus pauvres, les veuves et les personnes âgées, les plus démunis, restent vivre à raz du sol des ruelles, dans les miasmes des égouts et des détritus, dans une pièce souvent sans fenêtre. Avec un peu d’argent, on peut aménager dans un étage, où la fenêtre laisse passer la lumière et un peu d’air moins puant). Donc couche de sable, chape de béton, ciment-colle et carrelage. Pose gratuite par les bénévoles et les stagiaires en apprentissage. Achat des matériaux pour 15-20 m2 de sol : environ 300 €.

Installation de l’arrivée d’eau dans le logement (au lieu d’aller la chercher au broc à la fontaine, même si l’eau de Chatila est calcaire et saumâtre), tuyaux en plastique (moins cher que le cuivre ou l’acier) à amener à un robinet d’évier, à un lavabo-douchette, à un W.C. avec chasse d’eau. Entre 300 et 450 € de matériel (évier, W.C., lavabo, douchette, tuyaux d’adduction).

Le raccordement au tout-à-l’égout dans la ruelle (un tout-à-l’égout très relatif, crevé à de multiples endroits), environ 100 €.

L’installation électrique du logement. Fils sécurisés, prises, interrupteurs, points d’éclairage. Compter 250 €.

La menuiserie pour une fenêtre et une porte : 350 €.

L’enduit des murs et du plafond (souvent infiltré d’eau de pluie, par manque d’étanchéité), les peintures. Achat plaques étanches, enduits, peintures : 450 à 500 €. Le coût des fournitures nécessaires à la réfection totale d’un logement insalubre est ainsi estimé à entre 1.500 et 1.900 €.

Nous espérons pouvoir en offrir au moins 5 aux plus démunis de Chatila le temps de notre présence dans le camp. Et en même temps former aux métiers du bâtiment, afin que ces rénovations puissent continuer après notre départ, le plus grand nombre possible de stagiaires, pour les aider à sortir du chômage et de la misère.

4. Les locations d’outils.

Nous serons obligés de louer sur place un poste à soudure et ses bouteilles, deux perceuses électriques, une ou deux échelles, une carrelette pour tailler les carrelages à la bonne dimension, etc. Acheter une ou deux pelles pour faire le ciment-colle, etc. Ce poste va avoisiner au total les 500 €. Mais peut être détaillé et correspondre à des dons d’un montant inférieur. Toutes les factures acquittées seront évidemment ramenées à l’AFPS et seront consultables par tout donateur. Les dons pour ce poste « Location d’outils » vont vraisemblablement, sauf décision d’une donatrice ou d’un donateur, faire partie du « Pot commun », du budget général.

5. L’ensemble des frais annexes mais nécessaires : le voiturage de l’aéroport aux camps lors de l’arrivée des bénévoles, et pour leur départ, l’achat de l’outillage manquant et de la visserie, les imprévus, la petite fête pour la remise des certificats ou diplômes aux stagiaires méritants que cette reconnaissance de leur volonté de s’en sortir pourra stimuler, etc. Là aussi, chaque dépense sera acquittée sur facture archivée ensuite à l’AFPS. Les dons spécifiques pour ce poste seront donc dûment justifiés. En cas de carence de dons spécifiques pour les frais annexes, ce poste sera assumé par le « Pot commun », le budget général.

Il restera un très gros chantier que les responsables de « Rêves de Réfugiés » avaient pointé comme primordial, essentiel, c’est celui de l’amélioration du réseau électrique, en particulier du gainage des fils électriques tapissant les ruelles du camp. Les électrocutions mortelles sont trop nombreuses pour que l’on ne s’en soucie pas et ne mettions pas fin à cette insécurité. Le profil des bénévoles inscrits à ce jour ne permet pas d’attaquer de façon efficace et significative cet énorme chantier. Mais nous avons rendez-vous le 15 septembre à Paris avec des représentants de l’association « Electriciens Sans Frontières », qui pourraient venir établir sur place pour réaliser une mission d’identification : diagnostic, estimation des coûts, étude de faisabilité. Nous en reparlerons donc plus tard.

Pour le moment, vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème
Boîte 52
22 rue Deparcieux
75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier ou pour telle ou telle utilisation.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez.

Mille mercis !

Avec toutes les amitiés de l’équipe !

Contact

 

Contre la présence provocatrice d’Israël au Salon Eurosatory du 13 au 17 juin

Le Salon international de défense et de sécurité Eurosatory se tiendra du 13 au 17 juin à Villepinte. Le précédent salon, marqué par une présence israélienne massive, s’était tenu en juin 2014, quelques jours avant le début de l’agression contre Gaza.

Le site de la Chambre de commerce France-Israël indique :

« Les meilleurs Officiers et Généraux de Tsahal vont assister au Salon Eurosatory 2016 qui ouvrira ses portes en Juin. Ce salon mondial de la Défense et de la Sécurité terrestres et aéroterrestres donne une place très importante au savoir-faire technologique israélien. Des exposants de nombreux pays, dont Israël, donnent rendez-vous aux visiteurs.

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Au programme, des démonstrations dynamiques de robots et de drones en évolution, des simulations, des débats pour confronter la doctrine, les choix technologiques et l’occasion aussi de découvrir réunies en en même lieu l’ensemble des innovations technologiques en matière de médecine opérationnelle, cyber sécurité, vidéo protection, vision de jour et de nuit, sous-traitance de haute technologie, électronique embarquée ».

Ce « savoir-faire technologique israélien » est largement testé sur le terrain contre les Palestiniens, ce qui constitue pour les marchands d’armes un puissant argument de vente.

Le site mentionne SIBAT, Direction de la coopération internationale du Ministère israélien de la Défense, et sept entreprises israéliennes mais la vidéo de présentation de SIBAT à Eurosatory  parle de plus de trente entreprises israéliennes, coordonnées par le Ministère de la défense. Le Ministère de la défense, dont le chef est désormais le raciste ultranationaliste Avigdor Liberman, est chargé en particulier de l’administration des territoires occupés, c’est-à-dire de l’appui à la colonisation et de la répression du peuple palestinien.

L’AFPS refuse et condamne toute coopération avec l’appareil militaro-sécuritaire israélien. Elle demande au gouvernement français, aux organismes publics et aux sociétés privées françaises d’y mettre fin, tant qu’Israël ne se conformera pas au droit international. Elle leur demande de ne pas se rendre complice des crimes exercés contre le peuple palestinien, notamment par l’expérimentation contre ce peuple de nouvelles armes mortifères. Et dans un premier temps, elle demande que soit annulée la participation à Eurosatory de tous les acteurs publics et privés israéliens qui participent à cette politique criminelle.

Le Bureau national de l’AFPS

1er juin 2016


Pour en savoir plus sur le système militaro-industriel israélien, voir The Lab ou cette longue présentation du film :

L’Europe doit suspendre l’accord d’association avec Israël !

Seule la fin de l’occupation militaire et de la colonisation du territoire palestinien par Israël ouvrira la voie à l’effectivité de l’État de Palestine. Créant les conditions de la fin du conflit, elle permettra d’assurer aux sociétés israélienne et palestinienne la sécurité et la paix auxquelles elles aspirent.

Israël refuse catégoriquement le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et l’État de Palestine. L’État d’Israël est le seul État membre de l’ONU qui refuse de fixer ses frontières. Il gagne du temps pour créer des faits accomplis sur le terrain par des mesures dilatoires telles que « le dialogue bilatéral » entre l’occupant puissant et reconnu et l’occupé totalement dépendant de l’occupant.

Les objectifs de la fin de l’occupation, voire du seul arrêt de la colonisation du territoire palestinien ne peuvent être atteints par de simples condamnations formelles qu’Israël méprise car il sait qu’elles seront sans conséquences concrètes.

Il faut mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, par de vraies sanctions des États et de la communauté internationale.

L’Europe, premier partenaire économique d’Israël, dispose d’un moyen de pression :

l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

(Accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et l’État d’Israël, signé le 20 novembre 1995, entré en vigueur le 1er juin 2000, publié le 20 juin 2000)

Cet accord vise le développement du libre échange, le renforcement de la coopération et l’instauration d’un dialogue politique entre les parties. Il permet aux produits israéliens (à l’exclusion de ceux produits dans les colonies en Palestine) de pénétrer sur le marché européen à un tarif douanier préférentiel.

Les considérants et l’article 2 de l’accord précisent qu’il est fondé sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques. Or l’État d’Israël viole les droits des Palestiniens et les principes démocratiques en ce qui les concerne, pratique la colonisation, qui constitue un crime de guerre, viole la Charte de l’ONU et les résolutions de l’ONU concernant la Palestine et les Palestiniens. Il viole également des clauses commerciales de l’accord en faisant passer les produits des colonies comme des produits « Made in Israël ».

Nous demandons à la France et à l’Union européenne de suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël tant qu’Israël poursuivra la colonisation et l’occupation de la Palestine.


Rapport FMEP 2013

Rapport FMEP 2013

Occupation : pas d’accord !

Le territoire palestinien est occupé militairement par Israël depuis juin 1967. Selon l’ONU, ce territoire est composé de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-est, et de la bande de Gaza, délimités dans les accords d’armistice après la guerre israélo-arabe de 1948-1949 par ce que l’on appelle la « Ligne verte ». Le 29 novembre 2012, l’Assemblée générale de l’ONU, à une écrasante majorité de ses membres (138 voix pour dont la France et 9 contre), a reconnu l’État de Palestine dans ces frontières. De plus, 137 États ont déjà fait des gestes de reconnaissance de l’État de façon bilatérale (mais pas encore la France).  Cet État de Palestine n’est pour le moment admis à l’Assemblée générale que comme membre « observateur ». Il peut prendre part aux débats mais ne vote pas. Notons aussi que l’État de Palestine est membre de la Cour Pénale internationale depuis avril 2015 et de l’Unesco depuis octobre 2011 et qu’il a signé plusieurs conventions internationales, par exemple la convention de Genève de 1949 sur les prisonniers de guerre en avril 2014, la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques en mars 2016.

Cependant, Israël poursuit la colonisation à marche forcée du territoire palestinien au mépris de toutes les condamnations de la communauté internationale, du droit international, notamment la convention de Genève sur la protection des populations civiles. Cela pour empêcher à tout prix l’effectivité de l’État de Palestine. Cette situation est une menace pour la paix mondiale.

Il faut mettre fin à l’impunité d’Israël.

Après l’échec de toutes les négociations bilatérales depuis 22 ans (accords d’Oslo), la communauté internationale (Etats et société civile) a pris conscience de la nécessité d’imposer de l’extérieur une pression suffisante sur Israël, pour le contraindre respecter les résolutions de l’ONU.

Il faut privilégier le droit et l’action non-violente.

C’est ce que réclame le mouvement mondial des sociétés civiles « boycott, désinvestissement, sanctions – BDS ». Pour isoler politiquement Israël et déboucher sur des pressions contraignantes tant qu’il colonise un territoire qui appartient à un autre État, il faut des sanctions économiques. L’Union européenne a signé en 1995 un accord d’association avec l’État d’Israël, entré en vigueur en juin 2000. La sanction la plus  efficace et la plus simple à mettre en œuvre car elle résulterait de l’application de l’accord lui-même est

la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

En effet, le préambule de l’accord rappelle les engagements politiques des signataires dont le respect des « principes de la charte des Nations unies, en particulier le respect des droits de l’Homme et de la démocratie, qui constituent le fondement même de l’association ».

Or, plusieurs clauses de l’accord sont violées par la partie israélienne. Ces violations constituent également une violation plus générale des principes de la Charte des Nations unies, de la IVe convention de Genève sur la protection des populations civiles en temps de guerre, qui impose un traitement discriminé entre combattants et non-combattants., etc. Suivant l’article 2 de l’accord, « les relations entre les parties, ainsi que toutes les dispositions de l’accord lui-même se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques qui (…) constitue un élément essentiel de cet accord ». Israël viole systématiquement les droits de l’Homme dans les Territoires occupés : usage disproportionné de la force, sanctions collectives, destructions de maisons, arrestations et détentions arbitraires, assassinats politiques ou exécutions extra-judiciaires, etc.

D’autre part, Israël viole des clauses commerciales de l’accord d’association en particulier la règle d’origine. Le Protocole 4 de l’accord « concernant la définition du concept de « produit d’origine » et les méthodes de coopération administrative », prévoit que le traitement préférentiel est accordé aux produits provenant des territoires des parties, excluant ainsi les produits provenant en tout ou pour une grande part des territoires occupés. Israël fait entrer dans l’UE sous la mention « Made in Israël » de nombreuses marchandises produites dans des colonies en Palestine.

L’Europe doit suspendre l’accord d’association avec Israël !

Festival Ciné-Palestine du 23 mai au 5 juin (Paris, Saint-Denis et Aubervilliers)

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Suite au succès de la première édition, la deuxième édition du Festival Ciné-Palestine (FCP) se tiendra du 23 mai au 5 juin, à Paris (Institut du monde arabe, cinéma Le Luminor Hôtel de ville) la première semaine, puis à Saint-Denis (université Paris 8) et Aubervilliers (cinéma Le Studio). Deux séances exceptionnelles se tiendront à l’Institut du monde arabe : la soirée d’ouverture du 23 mai, organisée en collaboration avec JHR films et Les Films d’ici, avec la projection de 3000 Nuits de Mai Masri en avant-première parisienne, et la séance du 30 mai avec The Idol de Hany Abu-Assad, pour une exclusivité du FCP, avec la seule et unique projection en salles, en France.

En proposant une programmation de qualité et en développant un important travail de communication, ce Festival entend promouvoir la richesse de l’œuvre cinématographique palestinienne et soutenir une nouvelle génération d’artistes qui fait preuve d’une créativité foisonnante.

Pour réserver vos places dès maintenant : http://festivalpalestine.paris/fr/projections

Soutenir le festival

« Mourir jeune en Palestine » – Conférence-débat mercredi 30 mars 2016

Titre d’un article de Shlomo SAND dans Haaretz le 11 février 2016

SHLOMO SAND en débat avec SANDRINE MANSOUR

Conférence organisée par le Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR-PO)

Pourquoi et comment des adolescents palestiniens en arrivent-ils à commettre
des attentats suicide ?
 Pourquoi et comment la politique des dirigeants israéliens conduit-elle à
une impasse désastreuse, tant politique que morale et humaine ?
 Témoins de cet engrenage, quelles sont les responsabilités spécifiques des
 historiens et plus généralement des intellectuels ?

   

Historien israélien, Shlomo SAND, professeur émérite de l’Université de
 Tel Aviv, est l’auteur de nombreux ouvrages. Les plus récents : «
Comment le peuple d’Israël fut inventé ? » (2008), « Comment la Terre
 d’Israël fut inventée » (2012), « Crépuscule de l’Histoire » (2015) et « La
 fin de l’intellectuel français ?» (2016).

Sandrine Mansour-Merien, franco-palestinienne, docteur en Histoire, chercheuse au Centre de Recherche en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA) – Université de Nantes, Conseillère historique en coopérations entre la France et la Palestine, a publié en 2013 « L’histoire occultée des Palestiniens 1948 /1953 »

Mercredi 30 mars de 19 h 30  à 21 h 30 (accueil à partir de 19 h 15)
au Foyer International des Etudiantes 

93 Boulevard Saint-Michel 75005 Paris (M° Luxembourg)

Entrée libre et gratuite  (participation aux frais souhaitée)

Tribune de Marwan Barghouti

Pfree-mbarue le 12 octobre 2015 dans The Guardian 

Par milliers, les Palestiniens, résistants ou simples civils, se retrouvent dans les prisons israéliennes, en toute illégalité au regard du droit international. Nelson Mandela et la campagne pour sa libération ont symbolisé la lutte contre l’apartheid sud- africain. De même, Marwan Barghouti (d’ailleurs surnommé « le Mandela palestinien ») et la campagne pour sa libération (ainsi que celle de tous les prisonniers politiques palestiniens), lancée depuis l’ancienne prison de Robben Island (où fut emprisonné Mandela) en octobre 2013 (et en avril 2014 en France) symbolise la lutte contre l’occupation et la colonisation israéliennes de la Palestine. En l’absence de vrai leader incontesté des Palestiniens, sa libération aurait une importance non seulement symbolique mais aussi stratégique fondamentale.

D’ailleurs le gouvernement israélien craint tellement une éventuelle réussite de la campagne pour la libération de Marwan Barghouti qu’il ne cesse de dénigrer le personnage en le présentant comme un dangereux terroriste.

Durant la seconde guerre mondiale, les occupants allemands présentaient aussi les résistants français comme de dangereux terroristes.

Ecoutons donc ce « dangereux terroriste palestinien » 

 

L’escalade n’a pas débuté avec la mort de deux colons israéliens. Elle a débuté il y a longtemps, et s’est poursuivie durant des années. Chaque jour, des palestiniens sont tués, blessés, arrêtés. Chaque jour, le colonialisme avance, le siège contre notre peuple à Gaza se poursuit, l’oppression et l’humiliation persistent. Alors que certains veulent que nous soyons accablés par les conséquences potentielles d’une nouvelle spirale de la violence, je continue à plaider, comme je l’ai fait en 2002[1], pour que l’on s’attaque aux causes de cette violence: le déni de liberté pour les Palestiniens.
Certains ont suggéré que la raison pour laquelle nous ne sommes pas parvenus à conclure un accord de paix est le manque de volonté de feu le Président Yasser Arafat ou du manque de capacité du Président Mahmoud Abbas, alors que tous les deux étaient prêts et capables de signer un tel accord. Le véritable problème est qu’Israël a choisi l’occupation aux dépens de la paix et a usé des négociations comme d’un écran de fumée pour faire avancer son projet colonial.
Tous les gouvernements au monde connaissent pertinemment cette vérité élémentaire et pourtant nombre d’entre eux prétendent que le retour aux recettes éculées nous permettra d’atteindre la liberté et la paix. C’est folie que de répéter sans arrêt la même chose et d’espérer un résultat différent. Il ne peut y avoir de négociations sans un engagement israélien clair de se retirer complètement du territoire qu’Israël a occupé en 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, la fin de l’ensemble des politiques coloniales, la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien, notamment le droit à l’auto-détermination et au retour, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Nous ne pouvons coexister avec l’occupation israélienne, et nous ne capitulerons pas devant elle.
On nous a demandé d’être patients, et nous l’avons été, donnant une chance après l’autre à la conclusion d’un accord de paix, y compris depuis 2005 et jusqu’à aujourd’hui. Il est peut être utile de rappeler au monde que notre dépossession, l’exil et le transfert forcés, et l’oppression que nous subissons durent depuis près de 70 ans et que nous sommes le seul point toujours à l’agenda des Nations Unies depuis sa création.
On nous a dit qu’en ayant recours aux moyens pacifiques et aux cadres diplomatiques et politiques, nous engrangerions le soutien de la communauté internationale pour mettre fin à l’occupation. Et pourtant, comme en 1999 à la fin de la période intérimaire, la communauté internationale n’a pas réussi à adopter une seule mesure significative, notamment mettre en place un cadre internationale assurant la mise en œuvre du droit international et des résolutions onusiennes, et à prendre des mesures pour mettre fin à l’impunité, y compris au moyen du boycott, des désinvestissements et des sanctions, en s’inspirant des outils qui ont permis de débarrasser le monde du régime d’apartheid.
Faute d’intervention internationale pour mettre fin à l’occupation, faute d’actions sérieuses des gouvernements pour mettre fin à l’impunité d’Israël, et en l’absence de toute perspective de protection internationale accordée au peuple palestinien sous occupation, alors même que la colonisation et ses manifestations diverses, y compris les attaques violentes des colons israéliens, s’intensifient, que nous demande-t-on de faire ? Laissez faire et attendre qu’une autre famille palestinienne se fasse brûler, qu’un autre jeune palestinien se fasse tuer, qu’une nouvelle colonie soit construite, qu’une autre maison palestinienne soit détruite, qu’un autre enfant palestinien soit arrêté, qu’une nouvelle attaque de colons ait lieu, qu’une autre agression contre notre peuple à Gaza soit lancée ? Le monde entier sait pertinemment que Jérusalem est la flamme qui peut inspirer la paix ou déclencher la guerre. Alors pourquoi demeure-t-il impassible alors que les attaques israéliennes contre le peuple palestinien dans la ville et les lieux saints musulmans et chrétiens, notamment Al-Haram Al-Sharif, continuent sans relâche ? Les actions et les crimes israéliens ne détruisent pas seulement la solution à deux Etats sur les frontières de 1967 et violent le droit international. Ils menacent de transformer un conflit politique qui peut être résolu en un conflit religieux éternel qui ne fera que déstabiliser plus avant une région qui fait déjà l’expérience de bouleversements sans précédents.
Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté. Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé. Pendant la première Intifada, le gouvernement israélien a lancé sa politique « briser leurs os pour briser leur volonté », mais une génération après l’autre, le peuple palestinien a démontré que sa volonté ne peut être brisée et n’a pas besoin d’être mise à l’épreuve.
Cette nouvelle génération palestinienne n’a pas attendu les pourparlers de réconciliation pour incarner une unité nationale que les partis politiques ont échouée à réaliser, dépassant les divisions politiques et la fragmentation géographique. Elle n’a pas attendu d’instructions pour mettre en œuvre son droit, et même son devoir, de résister à cette occupation. Elle le fait sans armes, alors même qu’elle est confrontée à une des plus importantes puissances militaires au monde. Et pourtant, nous demeurons convaincus que la liberté et la dignité l’emporteront, et que nous triompherons. Et que le drapeau palestinien que nous avons levé avec fierté à l’ONU flottera au-dessus des murailles de la vieille ville de Jérusalem, pas pour un jour, mais pour toujours.
J’ai rejoint la lutte palestinienne pour l’indépendance il y a 40 ans, et ai été emprisonné pour la première fois à l’âge de 15 ans. Cela ne m’a pas empêché de plaider pour une paix fondée sur le droit international et les résolutions de l’ONU. Mais j’ai vu Israël détruire méthodiquement cette perspective année après année. J’ai passé 20 ans de ma vie dans les geôles israéliennes, y compris les 13 dernières années, et ces années n’ont fait que renforcer ma foi en cette vérité inaltérable : le dernier jour de l’occupation sera le premier jour de la paix. Ceux qui veulent réaliser cette dernière doivent agir, et agir maintenant, pour précipiter la première.
Marwan Barghouti, prison de Hadarim, cellule n°28 – 12 octobre 2015

 

Marwan Barghouti, leader palestinien emprisonné, député, président du groupe d’amitié avec la France au Conseil législatif palestinien, membre du Comité central du Fatah, souvent appelé « le Mandela palestinien ».

 

[1] Dans une tribune parue dans le Washington Post en Janvier 2002, après une tentative d’assassinat, et quelques mois avant son enlèvement.

Lettre de Monique Cerisier Ben Guiga à Anne Hidalgo

Une lettre de Monique Cerisier Ben Guiga, sénatrice honoraire, écrite à Anne Hidalgo  suite à la volonté du Conseil de Paris de présenter un vœu visant à condamner le boycott d’Israël.

 

En ma qualité de citoyenne française, résidente de Paris, sénatrice honoraire et membre du parti socialiste pendant trente ans, je vous appelle à renonce au vœu anti-boycott d’Israël que le groupe socialiste a déposé en vue du prochain conseil de la ville de Paris.

Le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) a été lancé en 2005 par les résistants palestiniens en réaction à l’occupation militaire et à la colonisation israélienne, en réaction à l’échec du processus d’Oslo. Ce mouvement non-violent est un classique de la défense des opprimés contre les oppresseurs dans le cadre d’un rapport de force politique, économique et militaire qui est massivement défavorable aux opprimés. Il a été relayé dans le monde entier par des militants anticolonialistes. En France, le mouvement BDS a limité ses actions aux produits des colonies israéliennes en Palestine occupée, présentés faussement comme provenant d’Israël, pour bien signifier que l’adversaire était la politique d’occupation et de colonisation menée par les gouvernements israéliens et non l’Etat d’Israël en tant que tel.

Bizarrement, 11 ans après son lancement, ce mouvement devient la cible d’une partie des élus au conseil de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet entraînant les élus LR et la majorité socialiste elle-même, auteur d’un vœu qui sera mis aux voix le 16 février 2016. Après Madame Alliot-Marie et sa circulaire, qui fait d’une action politique mondiale contre une occupation militaire condamnée par l’ONU un délit de discrimination raciale au prix d’un sophisme dont la malhonnêteté intellectuelle scandalise, voilà des élus LR et des socialistes qui proclament leur attachement au Droit International et aux valeurs républicaines et se mettent simultanément au service d’un Etat qui les bafoue tous les jours.

C’est bien de cela qu’il s’agit en effet. 11 ans de silence et, tout à coup, parce que le gouvernement de Monsieur Netanyahou, lance une campagne mondiale pour contrer un mouvement qui n’a aucune incidence sur l’économie israélienne mais qui dénonce, en actes et pas seulement en paroles, l’occupation militaire et la colonisation imposées au peuple palestinien depuis bientôt 50 ans, avec son cortège d’exactions, d’emprisonnements arbitraires, de spoliations, de destructions, de mesures destinées à étrangler l’économie palestinienne et à « brûler l’âme » de ce peuple, après 11 ans de silence, des élus de notre capitale se mobilisent soudain pour soutenir l’oppresseur .

En réalité, pour ces élus de la ville de Paris, il importe d’être présents à l’appel du gouvernement de d’Israël pour le 28 mars 2016, lors de la tenue du congrès international anti-boycott qui se tiendra à Jérusalem, cette même ville dont les habitants arabes sont soumis à l’arbitraire de l’occupant israélien.

Ainsi, demain, 230 000 habitants de Jérusalem seront privés de leur carte de résidents et interdits d’accès à leur propre ville car ils en sont maintenant séparés par l’abominable mur qui sépare la ville de ses quartiers arabes. Les enfants, dès 12 ans, par centaines, continueront à être arrêtés en pleine nuit et emprisonnés sans jugement, les maisons détruites, les oliviers brûlés.

C’est cela que vous défendez aux côtés du gouvernement le plus ouvertement violent et raciste de l’histoire d’Israël ne l’oubliez pas.

Epargnez cette honte aux habitants de Paris. Retirez ce vœu scélérat.

 

Voir aussi l’appel des maires de Bethléem, Jéricho et Ramallah

La Palestine à l’Institut du Monde Arabe du 18 février au 20 mars 2016

Du 18 février au 20 mars 2016, plongez aL'Institut du monde arabeu cœur de l’art palestinien sous toutes ses formes à l’Institut du Monde Arabe.

De nombreux artistes contemporains palestiniens sont parvenus à recréer à travers leurs œuvres un lien identitaire avec leur pays d’origine en réaffirmant leur existence et leur droit d’appartenir à cette terre. La thématique de l’espace privé ou public, de son contrôle et de son appropriation sont les axes majeurs de cette exposition. Les œuvres présentées proposent une vision artistique de la notion de territoire et redéfinissent l’espace palestinien.

Une exposition regroupera cinq jeunes artistes : Larissa SansourKhaled JarrarBashir Makhoul et Shadi Al Zaqzouq et Nidaa Badwan

Un cycle de cinéma proposant courts-métrages et longs-métrages d’artistes palestiniens sera proposé du 26 au 28 février :

Vendredi 26 février – 20h (long-métrage) :

Fix Me, Raed Andoni (98′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur

Samedi 27 février – 18h (courts-métrages) :

Soleil privé, Rami Alayan (25′)

La Pierre de Salomon, Ramzi Maqdisi (25′)

Roubama, Rakan Mayasi (15′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur sous réserve

No Exit , Mohanad Yaqubi (11′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur

Suspended Time – Oeuvre collective, Zaman Muallaq, Documentaire/Fiction, Palestine, 2014, 60 min, Idioms Film, Couleur VOST Fr
En présence du producteur du film Mohanad Yaqoubi.
Synopsis : Dix cinéastes palestiniens nous proposent chacun un regard réflexif sur les Accords d’Oslo vingt ans après leur signature : Apartment 10/14 Tarzan & Arab Nasser, 20 Handshakes for peace – Mahdi Fleifel, Leaving oslo – Yazan Khalili, Journey of a Sofa – Alaa Al Ali, Interference – Ameen Nayfeh, Lonng War – Asma Ghanem, From Ramallah – Assem Nasser, Oslo Syndrome – Ayman Azraq, Message to Obama – Muhannad Salahat. Suspended Time est une création collective qui a été initiée et coordonnée par la société de production Idioms Film avec le soutien de la Fondation Rosa Luxembourg.

Dimanche 28 février – 18h : 

Les 18 fugitives, Amer (et non pas AMer)  Shomali (75′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur Amer Shomali (sous réserve)

Un focus sur Gaza viendra clore la manifestation.

Institut du Monde Arabe, 1 Rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris.
Tarif exposition : 5€ tarif normal / 3€ tarif réduit
Tarif cinéma : 4€ la séance. Pass 4 séances : 8€