Non, Netanyahou n’est pas le bienvenu ni à Paris, ni à Bruxelles !

Le Président Trump vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de décider d’y transférer son ambassade. Ces décisions qu’Israël et son Premier Ministre Netanyhaou demandaient depuis des années sont illégales au regard du Droit international.

Le Président Macron a jugé cette décision « regrettable » et a affirmé que la France ne la soutenait pas car « elle contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ».

L’Union Européenne a mis en garde contre les graves répercussions que cette décision pourrait entraîner. « Une solution doit être trouvée à travers des négociations pour résoudre le statut de Jérusalem comme future capitale de deux Etats (israélien et palestinien), de façon à ré-pondre aux aspirations des deux parties », a déclaré Fédérica Mogherini au secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson qu’elle recevait mardi.

La décision américaine prise sous la pression des évangélistes, conforte la politique de colonisation et d’annexion du gouvernement d’extrême-droite de Netanyahu, et ses violations constantes des droits de l’Homme et du droit international.

Dans ces conditions, la prochaine visite du premier ministre israélien à Paris le 10 décembre, et à Bruxelles où il s’est invité à une réunion informelle des ministres des affaires étrangères, doit être l’occasion pour les autorités françaises et européennes de manifester une opposition ferme à la politique guerrière du gouvernement israélien et d’adopter enfin des mesures effectives à commencer par la reconnaissance de l’État de Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale.

Rassemblement le 9 décembre à 14h sur la place de la République.

 

« Pour verrouiller l’avenir : détruire les enfants » par Monique Cerisier ben Guiga

 L’armée d’occupation israélienne en Palestine professe que « la résistance s’estompera quand les Palestiniens auront compris que toute résistance est inutile ». Pour cela, disent les officiers à leurs soldats, il faut leur « brûler l’âme », « marquer les consciences », « faire payer le prix », « empiler les corps », mener des opérations de « harcèlement » ou de « perturbation du quotidien » : arrestations de masse, opérations de nuit dans les villages, perquisitions-dévastation des maisons, arrestations d’enfants, dès 7 ans, à Jérusalem-Est.

Dans cette logique, en effet, les enfants  sont des cibles privilégiées de la répression : il faut briser une partie d’entre eux,  le plus tôt possible, et ainsi intimider les autres. Chaque année, 700 enfants de 12 à 18 ans sont incarcérés en Israël. Leur âge moyen est de 15 ans et la durée moyenne d’incarcération est de 147 jours. En 2015, plus d’enfants ont été soumis à cette violence puisque 860 l’ont été pour la seule Jérusalem, dont 105 âgés de moins de 12 ans.

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L’UNICEF a dénoncé les mauvais traitements infligés à ces enfants. Ils  comprennent « l’arrestation d’enfants chez eux entre minuit et 5h par des soldats lourdement armés, le fait de bander les yeux des enfants et de leur lier les mains par des attaches en plastique », selon le rapport, qui cite également « les aveux forcés, l’absence d’accès à un avocat ou à des membres de la famille pendant l’interrogatoire ». Ils sont isolés, intimidés et selon l’UNICEF, victimes de traitements dégradants : nourriture pourrie, nuits à même le ciment, couverture crasseuse, passages à tabac, attaques par des chiens, viols.

En 2013 l’agence de l’ONU appelait Israël à « faire de l’intérêt de l’enfant une considération primordiale », à s’assurer que les mineurs arrêtés et leur famille soient informés des motifs de leur détention ainsi que de leurs droits dans leur langue, c’est-à-dire en arabe. Elle exhortait en outre à limiter au strict nécessaire les arrestations nocturnes des mineurs et le fait de les attacher.

Israël a prétendu prendre en considération ces recommandations. Trois ans plus tard, les faits prouvent qu’il n’en est rien. Dans un article publié le 25 décembre 2015 dans le Middle East Monitor, la psychiatre palestinienne Samia Jabr rapporte que « 90% des mineurs incarcérés ont été exposés à des expériences traumatisantes et que 65% d’entre eux ont développé des troubles psychiatriques ». Elle estime que « les arrestations et incarcérations d’enfants sont « une agression contre le corps, la personnalité, le système de valeurs, les espoirs et les rêves des jeunes Palestiniens ». « Leurs parents sont dévalorisés » car ils ont assisté impuissants à leur arrestation et se sentent coupables. Ces enfants ont perdu confiance en leurs amis et voisins. Beaucoup sont incapables de reprendre leur scolarité ou de travailler.

Le film « Derrière les Fronts » qui est actuellement en préparation retracera les chroniques écrites par  Samia Jabr et permettra de faire prendre conscience de ces réalités à un public élargi.

Avec Samia Jabr, dénonçons avec force le fait que « le processus d’arrestation des enfants cible l’avenir de la nation palestinienne ».

Le couteau de cuisine, l’arme palestinienne du désespoir

« Troisième Intifada »? s’interrogent les éditorialistes. La question me semble sans grande importance : ce qui est certain par contre, c’est que nous sommes témoins de la fin d’une longue période de calme relatif en Cisjordanie occupée, en particulier à Jérusalem et dans sa grande banlieue.

Un calme relatif lié à l’attente d’un éventuel débouché des initiatives diplomatiques menées par Mahmoud Abbas sous les conseils-pressions des Etats-Unis et des pays de l’Union Européenne. Tout semble indiquer que le long sursis donne au Président palestinien par sa propre population touche à sa fin. Abou Mazen n’a rien obtenu, ne serait-ce que dans le domaine du symbolique. Au contraire, il s’est attrape des gifles humiliantes de la part d’un gouvernement israélien qui se refuse même à faire semblant de jouer dans la pièce tragico-grotesque que l’on nomme « processus de paix ».

Les dernières provocations israéliennes se sont passées sur l’Esplanade des Mosquées, le site le plus sensible pour les Palestiniens (et pour un milliard et demi de musulmans à travers le monde) sous la forme de parades musclées de la part de plusieurs ministres et députes de la droite au pouvoir, et la profanation d’al Aqsa par les forces de police israéliennes.

Si l’on s’obstine à appeler les évènements actuels « Intifada », il est vraisemblable qu’on la nommera l' »Intifada des couteaux », c’est-à-dire une longue série d’initiatives individuelles ou des hommes et des femmes, jeunes pour la plupart, s’en prennent à des soldats ou a des civils israéliens avec un couteau, un cutter ou même un tournevis. Ils savent qu’ils risquent leur vie, d’autant que Netanyahou et ses sbires ont appelé la population à s’armer et à tirer sur ceux qui attaquent des Juifs, « tirer pour tuer » ont-ils insiste. Comme l’indique Gideon Levi dans le Haaretz du 11 Octobre, il s’agit là d’exécutions sommaires de quiconque lève la main sur un Juif. Cette pratique sauvage s’étant confirmée au cours des derniers jours, toute agression palestinienne d’un israélien, civil ou militaire, devient en fait une opération suicide.

Il est important de souligner que ces actes suicides ne sont pas le fait de militants organises, et ne sont pas commandites par tel ou tel mouvement national palestinien; c’est d’ailleurs ce qui explique l’incapacité des services de renseignements à prévenir ces attaques: une jeune femme se lève un matin, prend un tournevis et attaque un israélien, en uniforme ou non, en sachant qu’elle a toutes les chances, ou presque, d’y laisser sa vie. C’est dire l’état de désespoir d’une population palestinienne qui a perdu toute forme d’illusion sur le « processus de paix ».

C’est dire aussi l’isolement grandissant de Mahmoud Abbas par rapport à son peuple, continuant ses gesticulations diplomatiques stériles alors qu’il n’a aucun partenaire, ou plutôt, qu’en face de lui se trouve un gouvernement dont l’intransigeance et le comportement provocateur le tournent en ridicule.

Quand a la dite communauté internationale, elle appelle scandaleusement à « la fin de la violence des deux côtés », et se garde bien d’utiliser les moyens dont elle dispose pour imposer à l’Etat colonial israélien la mise en œuvre de résolutions qu’elle adopte régulièrement tout en continuant à traiter Israël comme un allié fiable et un partenaire avec lequel il est bon de faire des affaires.

Michel Warschawski – 11 octobre 2015

Mahmoud Abbas à l’ONU

Dans un article publié par le Huffington Post, Mahmoud Abbas rappelle que ce 30 septembre 2015 restera le jour historique qui aura vu pour la première fois le lever du drapeau palestinien sur l’esplanade des Nations Unies, à New York.

“Je suis sûr que le jour où notre drapeau flottera parmi les drapeaux de la communauté des nations sera un jour d’émotion et de fierté”, a déclaré le président de l’Autorité palestinienne.

Alors que l’ONU fête ses 70 ans, Mahmoud Abbas a souligné que le problème palestinien restait le plus long dossier non résolu de l’instance internationale. A la veille de son discours à la tribune de l’Assemblée générale, le président de l’Autorité palestinien a rappelé l’importance de négociations multilatérales :

“Une solution pacifique, juste et équilibrée du conflit israélo-palestinien existe. Mais le processus de paix doit être multilatéral. La configuration des négociations imposée depuis des années ne fonctionne pas parce qu’Israël est une force d’occupation. Israël contrôle notre territoire, nos ressources naturelles, notre économie et nos vies quotidiennes, violant chaque droit fondamental du peuple palestinien. Nous ne pouvons pas négocier directement avec un pouvoir qui exerce un tel niveau de contrôle et qui méprise à ce point les droits et l’existence de notre peuple.”

“C’est pourquoi un processus de paix collectif et multilatéral est nécessaire. […] Sur la question du drapeau palestinien à l’ONU, la communauté internationale a fait preuve de solidarité envers le peuple palestinien. Aujourd’hui, elle doit saisir ce geste symbolique pour présenter un plan d’urgence pour mettre un terme à l’occupation israélienne illégale, faire respecter les droits humains et appliquer la justice. Il est grand temps de réaliser l’indépendance de l’Etat de Palestine et de résoudre pacifiquement ce conflit – qui est le coeur des conflits israélo-arabes – comme il a été promis il y a bien longtemps.”

Pétition pour la libération de Khalida Jarrar

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La députée palestinienne Khalida Jarrar a été arrêtée le 2 avril par les forces d’occupation israéliennes à son domicile de Ramallah, c’est à dire en « zone A » d’après les accords d’Oslo. Zone théoriquement sous contrôle exclusif palestinien, mais Israël en toute arrogance ne s’encombre pas de ses « détails » qu’il viole régulièrement. Son domicile a été saccagé, ses deux ordinateurs ainsi que son téléphone portable lui ont été confisqués. Dimanche 5 avril, l’armée israélienne l’a placée en détention administrative pour une durée de six mois.

La députée membre de la direction du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), l’une des composantes historiques de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) avait déjà reçu, en septembre 2014 un ordre militaire israélien pour quitter Ramallah et s’« exiler » pour six mois à Jéricho, autre ville palestinienne située en « zone A ». Le motif invoqué à l’époque par les israéliens pour justifier cet absurde ordre militaire est que Madame Jarrar « met en danger la sécurité de la région ».

Khalida Jarrar qui avait refusé de signer cet ordre arbitraire avait fini par obtenir gain de cause après s’être réfugiée pendant plusieurs jours dans une tente devant le siège du Conseil législatif palestinien, au sein duquel elle est en charge du dossier des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes . Elle avait été alors soutenue par de très nombreuses organisations des droits de l’Homme en Palestine et dans le monde.

Une trentaine de députés palestiniens se trouvent dans les geôles israéliennes, dont certains en détention administrative, c’est à dire sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. L’arbitraire total est conforté par le silence de la communauté internationale même lorsque les personnes visées sont des dirigeants de premier plan. Ainsi les soldats de l’occupation ont pu tuer en toute impunité un ministre, Ziad Abu Ein. C’était le 10 Décembre 2014, il manifestait pacifiquement contre l’expropriation des terres palestiniennes en faveur de l’extension de colonies à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme.

Ces crimes et cette répression au quotidien sont condamnables et moralement inacceptables. Il est nécessaire et urgent d’y mettre fin. La France doit l’exiger fermement des Israéliens en des termes autrement plus directs que ceux utilisés par le porte-parole du Quai d’Orsay lorsqu’il avait été questionné sur les circonstances de la mort du ministre Ziad Abu Ein. Tout en se refusant de nommer les auteurs des « violences qui ont conduit à la mort du Ministre », il s’était borné à appeler les « autorités israéliennes à faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame », tout en relevant que le « ministre de la défense d’Israël a annoncé qu’une enquête était en cours ». Le résultat est celui qu’on pouvait attendre d’une telle « enquête » : l’assassin du ministre n’a jamais été inquiété.

Le Ministère des Affaires étrangères doit en tirer la conclusion qui s’impose en exigeant aujourd’hui la libération immédiate de Khalida Jarrar.

La France et l’UE doivent mettre en œuvre les quarante recommandations extrêmement précises du tout dernier rapport des chefs de mission en poste à Jérusalem et Ramallah sur la situation à Jérusalem.

Signer la pétition