Mirage gay à Tel-Aviv

arton990-3d4d1Le 9 janvier 2018, nous avons reçu Jean Stern pour qu’il nous parle de son livre Mirage gay à Tel Aviv traitant de l’utilisation par Israël d’une démarche de marketing politique bien particulière, le pinkwashing. Cela a été un modèle de déconstruction de la propagande israélienne qui s’inscrivait parfaitement dans la Campagne 2018.

Après avoir rappeler ses engagements passés dans un groupe de libération homosexuelle et au sein du magazine Le Gai Pied dont il a été l’un des cofondateurs à la fin des années 70 mais également comme membre de l’UJFP et fondateur avec Eyal Sivan de la revue De l’autre côtéil a dit s’être éloigné pendant une douzaine d’années de la question israélo-palestinienne, se refusant à se rendre sur place. En 2009 cependant, il a fait le voyage avec un groupe d’étudiants en journalisme et découvert qu’il existe une communauté Gay importante à Tel Aviv, à l’occasion d’un attentat perpétré contre un lieu de rassemblement de cette communauté. Il a été surpris par un discours très pro-gay de Netanyahu et par le fait que la foule réunie à l’occasion de ce discours entonne l’hymne sioniste (et non l’hymne israélien). Il a alors décidé de s’intéresser à la question et c’est ainsi qu’a commencé une enquête de plusieurs années qui a aboutis au livre Mirage gay à Tel-Aviv.

Jean Stern au cours de cette conférence a magistralement démontré comment le pinkwashing s’intègre dans une stratégie globale de camouflage de la réalité et d’effacement des réalités sombres de la colonisation, de l’occupation et aussi de la société israélienne elle-même. Il a également rendu compte et explicité avec beaucoup de clarté ce qui peut apparaître comme paradoxal dans la politique israélienne, mais qui, de fait, se combine de façon très cohérente car tout vise un objectif : faire disparaître la face noire d’Israël – et donc les Palestiniens – aux yeux des occidentaux notamment.arton939-9d9f9

Pour plus d’information, voir l’entretien que Jean Stern a donné au magazine en ligne Lundi matin, le 17 juillet 2017 : Pinkwashing à Tel-Aviv ou son interview pour Médiapart

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70 ans après l’expulsion des Palestiniens en 1948 : l’épuration ethnique toujours d’actualité

Conférence-débat avec Sandrine Mansour

Mardi 6 février à 20h

Sandrine Mansour est une historienne spécialiste de la Palestine, chercheuse associée au Centre de recherche internationale et atlantique (CRHIA) de l’université de Nantes, auteur de L’histoire occultée des Palestiniens : 1947-1953 – Privat – 2013

Mairie du 14ème arrondissement , 2 Place Ferdinand Brunot, 75014 Paris
(Métro Mouton-Duvernet ou Denfert-Rochereau)
Salle des mariages

 

justice

Dans le cadre de la Campagne 2018 Justice pour la Palestine

Non, Netanyahou n’est pas le bienvenu ni à Paris, ni à Bruxelles !

Le Président Trump vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de décider d’y transférer son ambassade. Ces décisions qu’Israël et son Premier Ministre Netanyhaou demandaient depuis des années sont illégales au regard du Droit international.

Le Président Macron a jugé cette décision « regrettable » et a affirmé que la France ne la soutenait pas car « elle contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ».

L’Union Européenne a mis en garde contre les graves répercussions que cette décision pourrait entraîner. « Une solution doit être trouvée à travers des négociations pour résoudre le statut de Jérusalem comme future capitale de deux Etats (israélien et palestinien), de façon à ré-pondre aux aspirations des deux parties », a déclaré Fédérica Mogherini au secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson qu’elle recevait mardi.

La décision américaine prise sous la pression des évangélistes, conforte la politique de colonisation et d’annexion du gouvernement d’extrême-droite de Netanyahu, et ses violations constantes des droits de l’Homme et du droit international.

Dans ces conditions, la prochaine visite du premier ministre israélien à Paris le 10 décembre, et à Bruxelles où il s’est invité à une réunion informelle des ministres des affaires étrangères, doit être l’occasion pour les autorités françaises et européennes de manifester une opposition ferme à la politique guerrière du gouvernement israélien et d’adopter enfin des mesures effectives à commencer par la reconnaissance de l’État de Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale.

Rassemblement le 9 décembre à 14h sur la place de la République.

 

La Terre parle arabe, lundi 12 juin aux 7 Parnassiens

Film documentaire palestinien réalisé par Maryse Gargour en 2007.

Le film de Maryse Gargour est construit essentiellement sur des citations des leaders sionistes, sur des archives audiovisuelles inédites, sur la presse de l’époque et sur des documents diplomatiques occidentaux, croisés avec des témoignages de personnes ayant vécu directement cette période. Le fil conducteur historique est donné par l’historien Nur Masalha. « La Terre parle arabe » croise le regard de l’historien et du cinéaste pour soulever une vérité brûlante, celle du nettoyage et de la spoliation de la terre palestinienne par les sionistes.

Suivi d’un débat animé par Sandrine Mansour

Née d’un père palestinien et d’une mère française, Sandrine Mansour est docteur en histoire (thèse auprès de Henri Laurens) et chercheur au CRHIA (centre de recherches en histoire internationale et atlantique) à l’université de Nantes. Auteure de L’histoire occultée des Palestiniens (1947-1953).

lundi 12 juin à 20 h aux 7 Parnassiens

98 boulevard du Montparnasse 75014 Paris, métro Vavin

Dans le cadre de

  

et de la Campagne 2017 / Justice pour la Palestine !

Tarif réduit sur présentation du tract à télécharger

Les produits AHAVA sont encore fabriqués dans la colonie de Mitzpe Shalem en Palestine occupée

En avril 2015, un protocole d’accord de cession a été passé entre les actionnaires de AHAVA et le groupe chinois FUSON. En novembre 2016, la cession n’était pas totalement effectuée.

Il a aussi été annoncé alors un transfert de l’entreprise de Mitzpe Shalem à Ein Gedi, oasis israélienne de l’autre côté de la Ligne Verte.

En novembre 2016,  Ahava, usine et centre de visiteurs à Mitzpe Shalem, colonie israélienne en Cisjordanie (West Bank sur les emballages)  sont toujours opérationnels.

La colonisation israélienne croissante est un des obstacles majeurs à la paix entre Palestiniens et Israéliens, dans des frontières d’États respectifs  internationalement reconnus.

Étiquetés il y a peu « Israël » ou « West Bank » actuellement, les produits AHAVA sont vendus avec une étiquette trompeuse. (infraction à l’art. L 121-1 du Code de la consommation)

ACHETER DES PRODUITS AHAVA, C’EST PARTICIPER (INVOLONTAIREMENT) À L’OCCUPATION ILLÉGALE  DE LA PALESTINE ET FAIRE OBSTACLE À LA CONSTRUCTION DE L’ÉTAT DE PALESTINE.

Les tribulations d’une Palestinienne à l’aéroport de Roissy… ou « Aussi difficile de retourner en Palestine que d’en sortir ! »

Deux de nos adhérents ont accueilli la semaine dernière une jeune Palestinienne d’Halhul qui achevait un séjour de 6 mois en France comme Volontaire du service européen et l’ont accompagnée à Roissy. Le passage au guichet d’enregistrement leur a inspiré un petit texte.

S., jeune Palestinienne de Halhul, a passé six mois en France comme VSE (Volontaire du Service Européen) auprès de l’association Romans International . C’est l’association d’échanges culturels Hébron-France qui a organisé son départ dans ce cadre. S. est arrivée en France le 7 septembre 2016 avec un visa de 6 mois courant du 5 septembre 2016 au 5 mars 2017.

Ce visa, délivré par le consulat général de France à Jérusalem, ouvre droit à des entrées multiples en France (à l’exclusion des CTOM, collectivités et territoires d’outre-mer comme la Polynésie française), à l’exclusion de tout autre pays. C’est un visa de type D qui porte les mentions suivantes : « long séjour temporaire » et « dispense temporaire de carte de séjour ».

Le samedi 4 mars 2017, nous avons accompagné S. qui repartait sur un vol Lufthansa Paris-Francfort, puis sur un vol Francfort-Amman, trajet inverse de celui qu’elle avait effectué à l’aller. Au guichet d’enregistrement, les choses n’ont pas été simples et l’employé, par ailleurs tout à fait courtois, a dû faire appel à une collègue spécialiste de la réglementation sur l’immigration.

Le premier point litigieux était que S. n’avait pas de justificatif de voyage de Jordanie en Palestine. Rien ne prouvait donc qu’elle rentrerait bien en Cisjordanie. Par ailleurs, comme elle n’avait pas de visa jordanien, nos interlocuteurs en inféraient qu’elle pouvait être refoulée par les Jordaniens et donc renvoyée à son point de départ, Paris. La compagnie aérienne Lufthansa serait alors dans l’obligation de la ramener à Paris, comme en pareil cas de refoulement.

Au détour des échanges, nous avons pu constater combien nos interlocuteurs étaient ignorants de la situation. C’est ainsi que l’employé du guichet a demandé à S. si elle avait un billet d’avion de Amman à chez elle, ignorant que la Palestine ne dispose d’aucun aéroport sur son territoire, a fortiori d’aéroport international, et que le seul point d’entrée et de sortie pour les Palestiniens est le Pont Allenby.

Le deuxième point litigieux a été le transit par Francfort. En effet, le visa délivré par le consulat de France ne permettait pas à S. d’entrer dans les autres pays de l’espace Shengen. D’après nos interlocuteurs, S. passerait le contrôle de l’immigration à Francfort et pourrait être refoulée et donc, là encore,ramenée par Lufthansa à son point de départ.

Nous avons passé environ une heure au guichet d’embarquement et l’histoire s’est bien terminée puisque les employés Lufthansa de Roissy ont fini par délivrer à S. ses deux cartes d’embarquement et qu’elle est bien arrivée à Amman. Elle ne semble donc pas avoir été inquiétée à Francfort. Il nous reste à vérifier la question de l’obligation ou non du contrôle de l’immigration dans le cas d’un transit dans l’espace Shengen.

De cette petite histoire, on peut tirer quelques conclusions :

  • les Palestiniens – et sans doute les ressortissants d’autres pays « sensibles » – ont quasi autant de mal à sortir de chez nous qu’à y entrer ; avec l’absurdité qu’il y aurait à refouler éventuellement un Palestinien en France ;
  • les compagnies aériennes, par crainte de devoir ré-acheminer à leurs frais des passagers potentiellement « refoulables », sont très sourcilleuses ;
  • le passager peut toujours être à la merci d’un employé qui fait du zèle, notamment quand, comme S. ou comme nous qui l’accompagnions, il ne connaît pas précisément la réglementation attachée aux différents types de visas ou aux voyages aériens ;
  • on a tout intérêt à bien connaître cette réglementation ;
  • tout se passe comme si les autorités françaises et internationales, aéroportuaires et policières, se conformaient sans ciller aux contraintes de « sécurité » imposées par Israël et les USA relativement aux conditions de voyages aériens, d’autant plus intransigeantes qu’elles concernent des porteurs de passeports rares (l’Autorité palestinienne, sans statut de « pays » classique) ou des ressortissants de pays dits « sensibles ». Malheur, alors, à l’individu seul face à des règlements souvent complexes et clairement discriminatoires.

Suspension de l’accord d’association de l’Union européenne avec l’État d’Israël

petitions

Occupation : pas d’accord !

Le Conseil de sécurité de l’ONU, dans sa résolution 2334 du 23 décembre 2016, « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, (…) »
« (…) Demande l’adoption immédiate de mesures énergiques afin d’inverser les tendances négatives sur le terrain, qui mettent en péril la solution des deux États ; (…) »
« Décide de demeurer saisi de la question. »
De simples condamnations formelles sans conséquences concrètes ne pourront aboutir à la fin de l’occupation ni même à l’arrêt de la colonisation.

Il faut mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, par de vraies sanctions !

Nous demandons que l’Union européenne suspende son accord d’association avec Israël tant que ce pays poursuivra la colonisation et l’occupation de la Palestine.

(Accord euro- méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et l’État d’Israël, signé le 20 novembre 1995, entré en vigueur le 1er juin 2000, publié le 20 juin 2000)
Cet accord vise le développement du libre échange, le renforcement de la coopération et l’instauration d’un dialogue politique entre les parties. Il permet aux produits israéliens (à l’exclusion de ceux produits dans les colonies en Palestine) de pénétrer sur le marché européen à un tarif douanier préférentiel.
Les considérants et l’article 2 de l’accord précisent qu’il est fondé sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques. Or l’État d’Israël viole les droits des Palestiniens et les principes démocratiques en ce qui les concerne, pratique la colonisation, qui constitue un crime de guerre, viole la Charte de l’ONU et les résolutions sur la Palestine et les Palestiniens. Il viole des clauses commerciales de l’accord en faisant passer les produits des colonies comme des produits « Made in Israël ».

Depuis le 16 novembre 2016, une campagne nationale lancée par plusieurs dizaines d’associations françaises dont la nôtre, demande à l’Union européenne sa suspension,

et une pétition est à signer : http://www.france-palestine.org/Campagne-pour-la-suspension-de-l-Accord-d-association-UE-Israel

Voir aussi

LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°3

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh

 

Après la fin des travaux et le retour des bénévoles : le temps de l’évaluation et des témoignages.

 

Le premier bulletin daté du 27 septembre vous avait informés du démarrage effectif du projet avec l’arrivée d’André. Un second bulletin diffusé à mi-octobre signalait l’arrivée de François, Emmanuel, Mathieu et David, bénévoles pour les chantiers du bâtiment, et décrivait les premiers chantiers : travaux de peinture à l’école de Rêves de réfugiés à Chatila, améliorations du centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh et travaux dans un premier logement à Chatila, chantier particulièrement difficile, au 8ème étage d’un immeuble, sous une terrasse particulièrement dégradée. Il signalait brièvement le début des appuis à Najdeh, avec l’arrivée de Françoise le 1er octobre.

Ce bulletin se terminait sur une interrogation sur la présence irrégulière des jeunes volontaires, explicable par la recherche quotidienne de petites activités rémunérées, parallèlement à leur participation aux travaux.

Les travaux et formations aux métiers du bâtiment

Les chantiers se sont poursuivis en octobre et novembre par des travaux de peinture au Centre psychosocial de Najdeh à Chatila et par un deuxième, puis un troisième chantier de logement.

Le projet s’est terminé sur le terrain le 12 novembre avec l’achèvement des travaux de remise en état du troisième logement et le retour en France du coordinateur, André, et des trois derniers bénévoles, Vincent, Hubert et Jean-Claude.

Au total, huit bénévoles se sont succédé pour des durées variables entre le 22 septembre, date d’arrivée du coordinateur, et mi-novembre sur les chantiers de bâtiment : amélioration de l’école de Rêves de réfugiés, de centres psychosociaux de Najdeh dans les deux camps et de trois logements à Chatila.

L’intérêt du travail dans des logements a été reconnu. Il permet, outre les améliorations substantielles des conditions de vie de familles pauvres, sélectionnées par Rêves de réfugiés de traiter des métiers diversifiés, incluant la plomberie et l’électricité.

Travaux de peinture dans un logement

Travaux de peinture dans un logement

Si ces travaux se sont achevés avec succès, le nombre des jeunes volontaires n’a pas répondu à nos attentes : Rêves de réfugiés avait évoqué 25 volontaires, nombre excessif et dont l’encadrement n’aurait pas pu être réalisé dans de bonnes conditions. Sept volontaires se sont présentés et quatre ont finalement été formés. Des diplômes leur ont été remis à l’occasion de la réception des travaux du logement de Maryam. L’un d’entre eux s’est immédiatement engagé dans une activité professionnelle.

La remise des diplômes

La remise des diplômes

L’appui à Najdeh

Françoise, psychologue a apporté son appui au jardin d’enfants de Najdeh à Chatila (70 enfants de 3 à 5 ans, répartis en trois classes et encadrés par trois animatrices) et a transmis à Najdeh un rapport sur son activité. Elle a ensuite poursuivi ses observations au Centre psychosocial de Najdeh à Chatila. Elle a été sollicitée par Najdeh pour participer à la formation de l’ensemble de ses psychologues.

Elisabeth, professeur d’anglais retraitée, a constaté l’intérêt de l’apprentissage de l’anglais pour les réfugiés, particulièrement pour les animatrices de Najdeh, dans un contexte où tous les manuels scolaires, fournis par l’UNRWA, sont rédigés en anglais. Amara, professeur de français, a malheureusement constaté l’absence d’intérêt pour l’apprentissage de notre langue et a dû passer à l’anglais. Isabelle, enseignante en Sciences de la vie et de la terre et monitrice de secourisme, a donné des cours de secourisme à des enfants et adolescents.

Bien que toutes les candidatures de bénévoles aient été présentées à Najdeh, les bénévoles déplorent une préparation insuffisante et de sérieuses lacunes dans l’accueil, du moins au niveau de la direction de Najdeh, grande association où l’information a parfois mal circulé.

Au-delà de ces difficultés, la mission aura permis de faire connaître la réalité des camps, le fonctionnement des écoles et des centres psychosociaux de Najdeh, d’établir de précieux contacts, de suggérer des idées nouvelles de futures coopérations, qui pourraient viser la formation des équipes d’animatrices et des psychologues avec qui des liens ont été créés pendant la mission, mais en prenant le temps d’identifier les besoins et de discuter en détails les conditions de réalisation de futurs projets.

Une classe de Najdeh à Chatila

Une classe de Najdeh à Chatila

Les témoignages

René, journaliste et écrivain, a bénéficié de l’appui d’Hervé Sabourin, directeur régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie (Bureau Moyen-Orient), qui  l’a mis en contact avec sept jeunes élèves-interprètes libanaises, grâce auxquelles il a pu interviewer des réfugiés.

Un livret de témoignages est en cours de préparation. Il regroupera « Treize jours à Chatila – Portraits et paysage », réalisé par René, et les témoignages de Françoise, d’Elisabeth et d’Amara, et sera illustré par des photographies prises par François.

Ce livret sera diffusé aux adhérents de notre groupe local, à l’ensemble des groupes locaux de l’AFPS et à tous ceux qui ont participé au projet ou qui l’ont soutenu.

L’évaluation du projet

La déroulement et les résultats du projet posent de nombreuses questions sur sa préparation et sur son organisation, sur d’éventuels malentendus linguistiques ou culturels, voire sur la pertinence d’un projet de formation professionnelle dans un camp de réfugiés, en particulier à Chatila, lieu emblématique qui concentre déjà l’attention et les financements de multiples ONG. Les avis des bénévoles sont partagés sur ces questions.

L’évaluation du projet s’efforcera d’y répondre, en recueillant les avis de tous les bénévoles et de nos partenaires locaux.

Cette évaluation a commencé en décembre. Elle est encore en cours. Elle a été basée dans une première étape sur des entretiens avec l’ensemble des bénévoles, ayant travaillé sur les chantiers du bâtiment ou en appui à Najdeh, presque achevés.

Une réflexion menée sur la base des résultats de ces entretiens et de leur synthèse va permettre de préciser le contenu du dialogue qui sera mené avec les deux associations partenaires, d’en tirer des enseignements  pour la préparation de projets en général, sur la situation des réfugiés palestiniens et les perspectives de travail dans les camps, sur la pertinence et l’organisation souhaitable de projets de formation professionnelle

Nous prévoyons d’organiser une réunion début mai avec la participation des bénévoles disponibles pour présenter et discuter les conclusions de l’évaluation, avant de décider de suites à donner pour de nouveaux projets, en matière de formation ou dans d’autres domaines, avec les partenaires de ce premier projet ou avec de nouveaux partenaires, au Liban ou en Palestine.

Un grand merci à André et à tous les bénévoles, à nos partenaires, animateurs et animatrices de Rêves de réfugiés et de Najdeh, aux jeunes volontaires et élèves-interprètes !

Le massacre de Dawayima – 29 octobre 1948

Nous traduisons ici un article de Kifah Abdul Halim, rédactrice en chef du site « Al Lassaa » (morsure/Piqûre en arabe). 

Kifah Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël, interviendra le 18 novembre aux côtés d’Eléonore Merza Bronstein et d’Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens, et de Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien, lors de la conférence-débat que nous organisons à la salle des fêtes de la mairie du 14ème avec les équipe de Paris 14ème du CCFD-Terre Solidaire et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme, sur le thème « Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés ».


Malgré l’opacité autour du massacre de Dawayima  et l’interdiction d’accès à l’ensemble des documents d’archives associés, des preuves montrent que, durant ce que les Israéliens appellent « la guerre d’indépendance », ce fut dans l’absolu l’un des massacres le plus horrible.

Dans ce qui suit, nous publions un rapport spécial à l’occasion de l’anniversaire du massacre du 29 octobre 1948.

Kifah Abdul Halim, le 29 Octobre 2016

 

Pour cela

Il a pénétré le village occupé sur le dos d’une jeep,
Un jeune audacieux et armé… comme un lionceau
Dans la rue dévastée,
Face à lui un vieux et une femme collés contre le mur.

Le jeune a souri, découvrant ses dents de lait.
« Testons la mitraillette » … et il a testé.
Avec ses mains, le vieux a caché son visage…
et puis il a couvert le mur de son sang.

Mes chers, c’est l’image des batailles de la liberté,
Il y en a bien plus atroces. Ce n’est pas un secret.
Notre guerre appelle à l’expression et aux chansons …
Eh bien, qu’elle soit chantée pour cela aussi !

Qu’elle soit chantée alors, pour ces « doux accidents »
Qui s’appellent, par hasard, meurtres.
Qu’on chante les conversations de ceux qui entendent et savent,
Qu’on chante les sourires du renoncement et du pardon

Puis qu’on ne dise pas : « Ce sont juste des détails dans le chapitre de la gloire. »
Un groupe est identique à une personne (Pareil au même)
Si le groupe écoute la personne narratrice
Et ne l’enferme pas dans un cachot !

Parce que ceux qui portent l’habit de la guerre, et nous sommes avec eux,
En effet,
Ou par l’éducation du consentement,
Sont poussés, par le bégaiement de la « Nécessité » et de la « vengeance »,
Du côté des criminels de la guerre.
La guerre est cruelle, le prédicateur naïf sera renvoyé
De devant d’elle par un gnon.
Mais pour cela,
La question de la justice et la question de la miséricorde
Si elles y étaient, elles sont comme elle cruelles.

Et le groupe chanteur du charme de sa gloire,
Ceux qui versent du miel sur son péché
Ô, si seulement (espérant) elle les punit avec une main d’acier
Dans les tribunaux militaires !

La tranquillité qui chouchoute « Vraiment… » s’isolera.
Craint de voir son visage dans le miroir !
Le soldat hébreu se dresse ! S’abrite.
De la léthargie (hébétement) du public hébreu

Et la guerre du peuple, qui a résisté sans peur
Devant les sept armées des rois d’Orient,
Ne craindra pas l’argument « ne propagez pas nos scandales publiquement. »
Elle n’est pas lâche à ce point !

Le 19 novembre 1948, Nathan Alterman publie pour la première fois le poème « Pour cela » dans les colonnes de l’hebdomadaire « Davar ». Au milieu de la guerre de « l’indépendance », telle qu’elle est nommée par les Israéliens, ce poème a eu un énorme écho. Surtout quand à travers celui-ci, Nathan Alterman, qui est devenu entre-temps l’un des plus importants poètes nationalistes (probablement le deuxième après Bialik), a critiqué les crimes de la guerre commis par les soldats israéliens. Il a même demandé qu’ils soient traduits en justice, à un moment où les critiques étaient quasi absentes voir étouffées. À l’époque, Alterman a reçu des éloges sur son audace tandis que certains ont qualifié son poème de « cri de la conscience ». Bien que cela semblait pour certains une sorte d’« exposition publique de son linge sale », le poème « Pour cela » est devenu avec les années un des textes fondateurs de la conscience Israélienne, à un point que jusqu’à aujourd’hui il est enseigné dans les écoles juives d’Israël pour mettre en avant l’éthique (israélienne) de la guerre et plus particulièrement ce qu’ils appellent « La pureté des armes ». Un terme qu’Israël aime utiliser pour revendiquer l’immunité morale de son armée.

Ultérieurement, d’autres théories (analyses) suggéraient que le poème a été publié pour des raisons politiques. Ben Gourion, le ministre de la défense de l’époque, aurait demandé à Alterman, avec qui il était en étroite relation, de l’écrire. Ceci dans le cadre d’un effort pour absorber et contenir les critiques soulevées que suscite ce carnage dans le cœur de quelques-uns, mais aussi pour camoufler les responsabilités des officiels et des responsables politiques. Ce qui confirme cette thèse, c’est le fait qu’Alterman avait ajouté un paragraphe (un quatrain), au début du poème à la suite des ordres qu’aurait émis Ben Gourion pour imprimer milles copies du poème et les distribuer parmi les soldats et ceci après être préalablement intervenu quand la censure militaire a interdit la publication du poème. Voici ce que disent ces vers :

Au milieu des jours de combat, nous nous réveillons sur ces choses.
Le ministre de la Défense, a ajouté à ce qui est dit ici en vertu de ses prérogatives.
Son travail celui-ci, n’est pas courant dans les questions de guerre, digne d’un poème,
Que ça soit en termes d’objectifs, ou en termes d’exemplarité et de force intime (intérieure).

L’écrivain Israélien Yitzhak Loar estime pour sa part : « Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que le poème ait été écrit sur demande. Le pouvoir, n’importe quel pouvoir, divise toujours les crimes en deux catégories, ceux qui sont commis en son nom et dans ce cas il est préférable de ne pas en parler, et ceux qui ne sont pas commis en son nom et dans ce cas il est possible de traduire ses auteurs en justice ou du moins le réclamer. »

Comme Alterman ne désigne pas explicitement le village visé (concerné), la question importante demeure : Où exactement ces crimes ont-ils été commis ?

La croyance dominante est que Alterman désigne les événements qui se sont produits pendant l’opération d’occupation de Lod connue pour sa cruauté, et qui s’est produite environ quatre mois avant la publication du poème. Cependant Menachem Finkelstein qui occupait le poste d’Avocat Général de l’armée estime que le poème désigne d’autres événements produits à la fin du mois de novembre en 1948, un peu avant la publication du poème, dans le village Dawayima (village vidé de ses habitants dans le district d’Hébron).

Certains chercheurs Israéliens confirment cette hypothèse surtout qu’Alterman lui-même a servi dans le Bataillon 89, qui était responsable de ces événements, et dont les soldats juifs ont commis des atrocités envers les habitants du village et envers ceux qui s’y sont réfugiés et où il n’a été épargné aucun enfant, ni femme, ni vieux.

L’historien israélien B. Morris, devenu célèbre grâce à son livre La naissance du problème des réfugiés palestiniens, signale (précise) à cet égard que le plus atroces des « opérations » ont été commises dans Saliha, Deir Yassin, Lydda, Dawayima et Abu Shusha, mais il ajoute par la suite que les massacres les plus atroces dans l’absolu ont été perpétrés à Lod et à Dawayima lors de la « guerre de l’indépendance ».

De son côté l’activiste de l’association « palestiniennes » (pour dire : affaires palestiniennes) et spécialiste des villages palestiniens abandonnés Jihad Abu Raya souligne : « Les gens ont entendu parler du massacre de Lod, mais beaucoup ne savent rien en ce qui concerne le massacre de Dawayima où les crânes des enfants ont été broyés avec des bâtons et où l’on a assisté à la démolition de maisons, à la mise à mort des personnes âgées et à la poursuite des habitants qui se sont réfugiés dans les grottes où l’on a exterminé des familles entières. La plupart des personnes tuées étaient venues de l’extérieur du village, selon les informations dont nous disposons. Ils s’y sont réfugiés fuyant d’autres endroits. C’est pour cette raison nous avons dû faire face à beaucoup de difficultés dans la collecte des récits et des données sur ce qui est arrivé par comparaison à d’autres massacres comme à Deir Yassin et à d’autres endroits. »

Il n’est pas étonnant si Israël impose le secret jusqu’à aujourd’hui pour tous les documents relatifs à l’occupation de Dawayima. Cependant, nous trouvons des preuves claires du massacre dans une lettre qui a était envoyée par le soldat Ch. Kablan, dix jours après le massacre, à son ami Eliezer Berri, qui travaillait comme rédacteur dans le journal Al Hamchmar décrivant les horreurs de ce qui a eu lieu là-bas.

Abu Ria souligne : « Il faut noter que ce message a disparu de l’archive, comme beaucoup d’autres documents, dans une tentative de cacher les horreurs du crime commis à Dawayima. Mais certains historiens israéliens ont réussi à obtenir une copie de la lettre avant qu’elle ne disparaisse. Ce qui a permis à Benny Morris, de l’utiliser dans son livre Correction d’une erreur, ainsi que Tom Segev dans son livre 1949

Nous diffusons dans ce qui suit le contenu de la lettre tel qu’il a été publié le 02 juillet 2016 dans le journal Haaretz qui l’a obtenu de l’historien Benny Morris lui-même

Cher Eliezer,

J’ai lu aujourd’hui l’éditorial de Al Hamchmar traitant des questions concernant notre armée qui contrôle tout sauf son instinct primaire.

Voici le témoignage d’une histoire qui m’a été racontée par un soldat qui est arrivé à Dawayima une journée après son occupation. Ce soldat est des nôtres, cultivé, fidèle et digne de confiance à cent pour cent. Il m’a ouvert son cœur par besoin psychologique. Il est au bord de l’effondrement et envahi par la dépression à cause des horreurs qu’il a rencontrées et le niveau de barbarie que nos hommes, fils de l’éducation et de la culture, sont capables d’atteindre. Il m’a ouvert son cœur, parce qu’il n’y a pas beaucoup de cœurs disposés à l’écouter.

Il n’y avait pas de batailles, ni de résistance (pas d’Egyptiens non plus). Les premiers occupants ont tué entre 80 et 100 arabes parmi les femmes et les enfants. Ils ont tué des enfants, en brisant et en broyant leurs crânes avec des bâtons. Il n’y avait pas une seule maison sans morts. La deuxième vague était un contingent de l’armée dont faisait partie le soldat qui témoigne.

Il restait dans le village des femmes et des hommes arabes. Ils les ont enfermés dans des maisons sans leur donner à boire ou à manger. Puis vinrent les hommes chargés d’explosifs pour faire sauter les maisons. Un des commandants a ordonné à l’un d’entre eux d’enfermer deux vieilles femmes arabes dans la maison qui était sur le point de sauter. L’artificier a refusé en disant : « je n’exécute que les ordres de mon propre commandant ». Dès lors, son commandant intervient et lui ordonne de faire entrer les deux vieilles. Puis le crime a pu être accompli.

Un autre soldat se vantait d’avoir violé une femme arabe, avant de l’abattre. C’était une femme avec un bébé de deux jours dans ses bras. Ils lui faisaient nettoyer la place où les soldats mangeaient. Elle les a servis pendant deux jours pour qu’à la fin ils lui tirent dessus ainsi que sur son bébé.

Le soldat disait que leurs commandants, hommes moraux, cultivés et considérés comme la crème de la société, se sont transformé en d’abjects et minables tueurs. Cela ne s’est pas produit à un moment d’emportement et d’hystérie qu’on peut atteindre par peur lors d’une bataille chaotique, c’était tout simplement un processus systématique et prémédité dans l’objectif d’expulser et exterminer.

Moins il y a d’arabes, mieux c’est. C’est le motif politique pour expulser et commettre les atrocités que ne conteste ou condamne personne, que cela soit au niveau exécutif ou au niveau du commandement militaire. Moi-même j’étais au front, il y a deux semaines et j’ai entendu les soldats et leurs officiers se vanter de comment ils ont pourchassé et abattu des arabes sans raison. De toute façon on considère que c’est une mission importante et qu’il y a une course à gagner.

Nous sommes dans une situation délicate. Si nous portons nos cris aux médias, nous aurons aidé la ligue arabe à laquelle nos représentants répondent avec des arguments peu convaincants. Si nous ne faisons rien, c’est une complicité avec l’ignoble. Le soldat m’a dit que Deir Yassin n’était pas la pire. Est-ce normal qu’on s’indigne pour Deir Yassin et qu’on ne le fasse pas pour ce qui est de loin plus laid.

Nous devons faire un scandale sur les chaînes internes, demander une enquête interne et punir les coupables. Avant tout il faut créer dans l’armée une unité spéciale pour la retenue. Moi-même j’accuse en premier lieu le gouvernement qui ne se sent pas concerné par l’interdiction de ces phénomènes et qui peut-être au contraire les encourage indirectement. Ne rien faire c’est une sorte d’encouragement. Un commandant m’a dit qu’il y a un ordre non écrit de ne pas garder de prisonniers. La signification de « prisonniers » a été donnée à chaque soldat et commandant.

Un prisonnier peut être un arabe, une arabe ou un enfant arabe. Je t’écris pour que dans les rédactions et dans le parti se sache la vérité et pour qu’ils entreprennent des actions significatives. Au moins, qu’ils ne se fassent pas entraîner derrière une diplomatie fallacieuse qui couvre le sang et le meurtre. Et si c’est possible il ne faut pas se taire au niveau du journal.

                                                                                                                              Kablan

Le massacre de Dawayima s’est déroulé le 29 octobre 1948, le nombre de victimes estimé est de plusieurs centaines. Une rapide enquête de pure forme a été commandée sur le massacre. La Commission Internationale s’est faite berner, a été mal orientée et induite en erreur. En 1955 la colonie « Omtsia » a été construite sur les ruines de Dawayima. « Omtsia » doit son nom à l’un des rois de Juda, mieux connu pour sa cruauté dans la guerre et sa barbarie.

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Israël-Palestine : l’impact de la colonisation sur les deux sociétés

Vendredi 18 novembre de 19h à 23h

Réunion publique organisée avec le CCFD – Terre solidaire

et la Section de Paris 14-6 de la Ligue des droits de l’Homme

avec Éléonore Merza Bronstein et Eitan Bronstein Aparicio, militants anticolonialistes israéliens,

Kifah  Abdul Halim, journaliste palestinienne d’Israël,

Mazin Qumsiyeh, universitaire palestinien

 

Art Attack - Banksy - Palestine mur près de Qalandiya Crédit : Wikimedia Commons

Art Attack – Banksy – Palestine mur près de Qalandiya
Crédit : Wikimedia Commons

 

Éléonore Merza Bronstein, anthropologue du politique et spécialiste  de la société israélienne est une militante anticolonialiste,  cofondatrice de De-Colonizer, centre de recherches et de création artistique pour le changement social, visant à décoloniser l’identité israélienne.

Eitan Bronstein Aparicio est un militant politique israélien, qui a créé en 2001 l’organisation Zochrot, qui remet en cause le discours dominant  sur la Nakba et les réfugiés palestiniens  dans la société israélienne. Il est cofondateur de De-Colonizer.

Kifah Abdul Halim est une Palestinienne d’Israël, journaliste, traductrice et éditrice du site électronique « Al Lassaa » (« La Piqure »).

Mazin Qumsiyeh est professeur à l’université de Bethléem, Directeur du Muséum palestinien d’histoire naturelle et de l’Institut palestinien de biodiversité, militant de la résistance populaire et des droits de l’Homme, auteur d' »Une histoire populaire de la résistance palestinienne ».

 

Salle des fêtes de la Mairie du 14ème arrondissement
12, rue Pierre Castagnou
75014 Paris (Métro : Alésia, Mouton-Duvernet, Pernety)