LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°2

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh 

 

Les travaux au Centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh et dans un premier logement à Chatila

 

Le premier numéro daté du 27 septembre vous avait informé du démarrage effectif du projet. Ce second bulletin vous communique les principales informations sur les réalisations du projet du 27 septembre au 9 octobre.

Les bénévoles

François, électricien, polyvalent dans les métiers du bâtiment, est arrivé à Beyrouth le 27 septembre. Le même jour, Karim, bénévole qui devait arriver le 29 et rester six semaines à Beyrouth, nous a malheureusement indiqué qu’il avait été victime d’un accident du travail et qu’il devait donc annuler son voyage.

Antoine, cinéaste, dont nous avions rappelé le court-métrage sur les activités éducatives de Rêves de réfugiés dans le bulletin précédent, et Solenne, urbaniste, sont arrivés à Beyrouth le 28.

Françoise, psychologue, première bénévole auprès de Najdeh, est arrivée à Beyrouth le 30 septembre.

Avec l’arrivée d’Emmanuel et de Mathieu le dimanche 2 octobre, puis de David le lundi 3 octobre, l’équipe des bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment est maintenant de cinq personnes.

Les travaux et formations au centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh

L’achèvement des travaux de peinture réalisés à l’école de Rêves de réfugiés, qui ont finalement porté sur cinq salles de classe et un couloir, a permis d’engager les premiers travaux dans le centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh (revêtement du plancher, fenêtre).

La reprise de la couverture de la grande salle située au dernier étage du centre a été remise à plus tard, car les responsables du centre souhaitent maintenant remplacer la toiture en tôles par une dalle en béton ce qui nous dépasse un peu cette année.

Les matériaux pour les travaux de la cage d’escalier (tasseaux, plaques isolantes) ont été commandés le 28 septembre. La fixation de tasseaux aux murs et l’habillage par un mélaminé plastifié laissant respirer et s’assécher les murs constitue une solution durable qui évitera de devoir reprendre rapidement la peinture.

Les matériaux ont été acheminés le 29 septembre par les jeunes volontaires et l’ensemble des bénévoles présents et les travaux d’amélioration de la cage d’escalier ont pu commencer.  Ils se sont terminés le 2 octobre.

La façade du centre et le bureau de la responsable du centre ont également été repeints pendant cette période.

Les travaux d’amélioration d’un premier logement à Chatila

Préparation du béton sur la terrasse

Des travaux ont alors pu commencer à Chatila, avec la rénovation du logement de la famille El Tsaoui, le premier des trois logements visités par André à son arrivée.

L’appartement est situé dans la rue principale, prés du siège de Rêves de réfugié, au 8ème étage d’un immeuble, sous la terrasse qui n’est pas étanche. En conséquence, le béton du plafond se détache dangereusement par endroits et les infiltrations détériorent l’ensemble de l’appartement. La réalisation de l’étanchéité de la terrasse (ragréage de la dalle fissurée avant application de résine) a donc été considérée comme prioritaire.

Les matériaux nécessaires ont été achetés et

Travaux sur le plafond du logement

acheminés le 4 octobre. Le même jour, la dalle de béton de la terrasse a été nettoyée. Il a fallu évacuer du 8ème étage 70 sacs de gravats et détritus divers, puis y faire monter une importante quantité d’outillage et de matériaux. Les travaux sur la terrasse  ont commencé le lendemain, avec l’aide d’un maçon professionnel et avec la participation (pour des durées de présence malheureusement irrégulières) de cinq jeunes volontaires et se sont poursuivis pendant les jours suivants. L’application de la résine d’étanchéité sur la terrasse a commencé le 8 octobre.

Parallèlement, les travaux ont été engagés dans l’appartement lui-même à partir du 6 octobre avec le grattage des murs et une première couche de peinture et avec la reprise du plafond, puis avec les travaux d’électricité (en particulier avec la pose d’une gaine depuis le disjoncteur du rez-de-chaussée sur toute la hauteur de la façade) et de plomberie.

L’appui à Najdeh

Françoise, psychologue arrivée le 1er octobre, apporte son appui au jardin d’enfants de Najdeh à Chatila (70 enfants de 3 à 5 ans, répartis en trois classes et encadrés par trois animatrices).

enfants-de-chatila

Enfants de Chatila

Les activités prévues

Lors d’une rencontre avec plusieurs responsables de Najdeh le 3 octobre, celles-ci avaient demandé s’il était possible de réaliser des travaux de revêtement des murs d’une salle du centre psychosocial de Najdeh de Chatila. Ce centre a été visité le 7 octobre et il est prévu d’y intervenir prochainement.

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Une salle du centre psychosocial de Najdeh à Chatila

Un premier bilan

Les travaux réalisés ou en cours depuis l’arrivée des premiers bénévoles à Beyrouth sont déjà significatifs : salles de classes de Rêves de réfugiés, centre psychosocial de Najdeh à Borj el Barajneh, étanchéité d’une terrasse et réhabilitation d’un logement choisi par Rêves de réfugiés à Chatila.

La réalisation des travaux et des formations dans ce logement a malheureusement été marquée par une présence irrégulière des volontaires, qui s’expliquerait par la priorité donnée par certains d’entre eux, de manière assez compréhensible, à des opportunités de petites activités rémunérées.

Cette question importante pour l’impact du projet en termes de formation professionnelle, objet principal du projet, sera discutée avec les responsables de Rêves de réfugiés.

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LA LETTRE DE CHATILA ET DE BORJ EL BARAJNEH n°1

Bulletin d’information du projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh

 

LE PROJET A DÉMARRÉ !

 

Après quelques mois de préparation (voir Un bref rappel de l’historique du projet), notre projet de formation professionnelle a démarré sur le terrain le 22 septembre, avec l’arrivée à Beyrouth d’André, coordinateur du projet. Il a obtenu son visa sans difficulté à l’arrivée et a pu apporter deux valises d’outils.

Dès son arrivée, il a pris contact avec Najdeh pour mettre au point quelques questions logistiques, récupérer une partie des fonds nécessaires aux achats de matériaux et préciser la situation

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

André en réunion à son arrivée avec Tarek et des jeunes volontaires

des centres de Najdeh à Chatila et à Borj el Barajneh (voir Nos partenaires dans les camps de réfugiés).

 

Comme nous n’avons pas, pour cette première phase du projet, de bénévoles pour les métiers pratiqués dans le centre de formation professionnelle de Borj el Barajneh, les bénévoles auprès de Najdeh travailleront surtout à Chatila. Les bénévoles auprès de Najdeh seront logés dans un appartement situé rue Raouass.

André a discuté des travaux dans des bâtiments de Najdeh qui pourraient être utilisés pour la formation de jeunes volontaires aux métiers du bâtiment (voir Les activités prévues).

Un logement avant travaux

Un logement avant travaux

André a ensuite rencontré Rêves de réfugiés. Sobhi et Tarek lui ont présenté les quatre

premiers jeunes volontaires et proposé de reprendre la peinture de plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés, chantier non prévu initialement mais particulièrement opportun.

Le matériel nécessaire a immédiatement été acheté et les travaux ont été réalisés avec trois volontaires dès le samedi 24 et le dimanche 25.

André a visité le lendemain des logements dont la rénovation est considérée comme prioritaire par Rêves de réfugiés, en premier lieu un logement où vit une mère et ses cinq enfants, où seront réalisés en urgence des travaux d’étanchéité.

Les bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment pourront être logés dans une guesthouse ou dans un appartement mis à disposition par Rêves de réfugiés à Chatila.

Nos partenaires dans les camps de réfugiés

L’association Rêves de réfugiés est née à Chatila en 2011. Cette association de

réfugiés palestiniens bénévoles agit de façon complémentaire aux activités de Najdeh. Constatant qu’ils ne maîtrisent ni la date ni les modalités du retour mais qu’en attendant cet hypothétique retour, il faut vivre au lieu de se laisser aller au désespoir et à la misère (violences subies et appels à la violence, radicalisation, drogues, criminalité, maladies liées aux conditions inhumaines de vie, tyrannie des petits chefs, manque d’hygiène, etc.), cinq jeunes gens de moins de 30 ans (financièrement aidés par un père de famille qui a tout compris et ne compte pas sa générosité, Mohamed Afifi) passent leur temps libre, au retour de leurs journées de travail à Beyrouth, à faire l’école aux jeunes du camp, efficacement aidés par plusieurs dizaines de jeunes femmes bénévoles, dynamiques, compétentes et motivées. Puis, à côté des activités éducatives, ils se sont lancés dans la réponse pratique aux besoins matériels les plus criants du camp, en particulier la sécurisation des installations électriques, causes de trop nombreuses électrocutions. Ils souhaitent maintenant  former les jeunes hommes et femmes à des métiers de base pour les  aider à sortir du chômage à l’occasion de la rénovation de pièces insalubres où s’entassent des familles misérablement abandonnées : remplacer la terre battue du sol humide par un carrelage, ouvrir une fenêtre, installer un coin toilette, passer un coup de badigeon, et voilà un taudis devenu habitable et des sourires qui illuminent des visages !

Antoine Laurent, cinéaste qui retournera à Chatila pour suivre cette nouvelle phase des activités de Rêves de réfugiés, a réalisé un court-métrage sur les activités éducatives de l’association diffusé sur France 24 pour l’émission « Billet retour ».

L’association Najdeh compte 33 centres travaillant dans dix camps de réfugiés palestiniens au Liban et s’est tournée vers la formation des femmes et des enfants. Najdeh a résolument opté pour la non-violence en préparant activement le retour en Palestine. Il faut d’abord sortir les femmes et les enfants du climat de violence qui empoisonne les camps, puis leur apprendre leurs droits et les moyens légaux de les faire respecter. Et leur permettre de vivre leur indépendance grâce à des professions (coiffeuses, manucures, spécialistes de l’hygiène, réparatrices de téléphones portables et de télévisions, institutrices, etc.) qui les sortiront du chômage et de la dépendance. Avec ses écoles au centre des camps, ses salles de réunions claires, aérées et modernes, ses activités de formations professionnelles féminines, ses psychologues, sa gestion professionnelle et rigoureuse de ses activités, Najdeh est le fer de lance de la lutte des réfugiés palestiniens au Liban : pour sortir aujourd’hui de la misère tout en préparant un Retour quand ce sera possible. Une femme de caractère et de forte personnalité, Leila El Ali, dirige cet impressionnant réseau que nous avons décidé de soutenir par notre appel à bénévoles et par notre appel aux dons.

Najdeh dispose de deux centres à Chatila (un jardin d’enfants et un centre psycho-social) et deux centres à Borj el Barajneh : un centre de formation professionnelle (salon de coiffure et d’esthétique, studio d’apprentissage aux métiers audiovisuels, atelier de productions artisanales) et un centre psycho-social, que nous avions improprement qualifié d’école dans nos documents précédents, parce que fréquenté matin et après-midi par environ 150 enfants.

Un bref rappel de l’historique du projet

Dans sa démarche de recherche de projets, notre Groupe local a décidé de s’orienter vers la formation professionnelle. L’idée d’un projet de formation professionnelle dans les métiers du bâtiment à l’occasion de travaux dans le camp de Chatila, en liaison avec l’association Rêves de réfugiés, a été opportunément présentée début mai par Abeer Hamad, Présidente de l’Associations des Palestiniens en Île-de-France, qui revenait d’un voyage au Liban. Nous avons décidé d’effectuer immédiatement une mission d’identification, incluant une prise de contact avec Najdeh pour tenir compte plus largement des besoins de formation des femmes.

La mission d’identification a été réalisée du 28 mai au 1er juin et ses résultats ont été présentés aux adhérents début juin. Après mise au point et diffusion aux adhérents des documents issus de la mission, un appel à bénévoles a pu être diffusé largement à partir du 20 juin au-delà des adhérents et sympathisants de notre groupe local, à l’ensemble des groupes locaux de l’AFPS et à diverses organisations partenaires : Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, qui l’a repris sur son site, Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF), Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, Electriciens sans frontières.  Il a également a été diffusé début juillet à l’Université d’été des mouvements sociaux et de la solidarité internationale à Besançon et à l’Université d’été de l’AFPS à Angers.

Les premières candidatures nous sont parvenues dès fin juin. Les contacts avec les candidats se sont développés au cours des mois de juillet et d’août.

Les éléments disponibles début août sur le nombre de bénévoles (alors de 12) et les coûts du projet ont été utilisés pour préparer le lancement d’un appel à dons intitulé « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer », qui a été diffusé à partir du 20 août.

Quelques achats ont été effectués en France. Les premiers dons ont été recueillis à la suite de l’appel lancé le 20 août. Un grand nombre de mises au point pratiques, en matière de modalités d’achats, de transferts de fonds, de logistique (voyages aériens et accueil, hébergement) se sont poursuivies jusqu’au départ du coordinateur.

Les bénévoles

Au total, le projet mobilisera sur des durées variables entre le 22 septembre et le 15 novembre, une équipe de 18 personnes, aux profils variés.

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

Travaux de peinture par de jeunes volontaires

En dehors d’André, coordinateur du projet, on compte 9 bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment et 5 bénévoles pour l’appui à l’association Najdeh (psychologue, enseignantes, écrivain et journaliste).

Antoine, cinéaste, et Solenne, urbaniste spécialiste de la réhabilitation de quartiers dégradés, seront également présents à Chatila.

Plusieurs bénévoles pour la formation aux métiers du bâtiment arriveront fin septembre et dans les premiers jours d’octobre. Françoise, psychologue en appui à Najdeh, arrivera le 30 septembre.

Les jeunes réfugiés volontaires

Les quatre premiers volontaires, jeunes chômeurs du camp de Chatila, ont été présentés le 24 septembre à André par Sobhi, président de Rêves de réfugiés, et Tarek.

Trois d’entre eux, Bilal, Muhamad et Selim, ont réalisé pendant les deux jours suivants la reprise de la peinture de cinq salles de classe de Rêves de réfugiés.

Les activités prévues

Le document « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » prévoyait la rénovation de cinq logements insalubres à Chatila et l’amélioration du centre psycho-social de Najdeh dans le camp de Borj el Barajneh.

Ce programme fera l’objet des adaptations nécessaires après les diagnostics qui seront approfondis à l’occasion des visites sur le terrain et des discussions avec nos partenaires. C’est ainsi que des travaux de peinture ont immédiatement été réalisés dans plusieurs salles de classe de l’école de Rêves de réfugiés à Chatila. Najdeh nous a également demandé de reprendre la peinture de son jardin d’enfant de Chatila.

Comment et pourquoi participer

Le document d’appel à contributions financières « Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer » a été diffusé à partir du 20 août.

Des dons substantiels ont été recueillis mais un montant très important reste pour le moment à la charge de notre groupe local. Dans la mesure où nous souhaitons prolonger cette première phase du projet par d’autres opérations analogues, sur la base d’une évaluation des résultats obtenus, sans assécher les finances de notre groupe local, de nouvelles contributions financières restent hautement souhaitables.

Vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème – Boîte 52
22 rue Deparcieux – 75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier (centre psycho-social de Najdeh, logements).

Vous pouvez également effectuer un virement.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez. 

Pour nous contacter…