Projet de formation professionnelle dans les camps de réfugiés palestiniens de Chatila et de Borj el Barajneh : Comment participer

Il n’est peut-être pas inutile de nous rappeler d’abord nos motivations pour le choix des projets qu’il nous faut réaliser dans les camps de Chatila et de Borj el Barajneh, à la demande des associations locales « Rêves de Réfugiés » et « Najdeh ». Plus de 30.000 réfugiés sont entassés à Chatila, un camp « provisoire » datant de la « Nakba » en 1949, sur une surface très réduite, de seulement 40.000 m2 à sa création : nous voici à la quatrième génération hors de Palestine ! En attendant le Retour, qui est un Droit reconnu internationalement, même s’il apparaît désormais bien compromis, la vie dans le camp se doit d’être digne et humaine. Ce qui n’est pas le cas. En réalisant des chantiers de réhabilitation de logements insalubres, causes d’asthme et de rhumatismes mais aussi de désespoir chez les plus démunis, nous proposons à de jeunes chômeurs (plus de 60 % de la population active de Chatila est au chômage, mais sans revenus !) d’apprendre sur le tas, sur nos chantiers, les rudiments des métiers du bâtiment. Cette formation professionnelle accélérée peut leur mettre le pied à l’étrier et les aider à sortir de la misère.

Une rue à Chatila

Une rue à Chatila

Huit bénévoles, professionnels du bâtiment et bricoleurs, ont répondu à notre appel lancé en juin dernier, et quelques autres peuvent encore s’inscrire. Les chantiers et formations professionnelles seront organisés par l’association « Rêves de Réfugiés » de Chatila et sont prévus de la mi-septembre à la mi-novembre de cette année. En fonction du profil professionnel des bénévoles inscrits à ce jour, les chantiers retenus sont des remises en état de logements insalubres dans lesquels croupissent les plus pauvres (veuves, souvent avec enfants) du camp. Nous détaillerons, plus bas, les matériaux nécessaires à ces réhabilitations de logements et leur coût. La main d’œuvre étant évidemment gratuite, offerte par les bénévoles et les stagiaires.

En parallèle, l’association « Najdeh », qui s’est spécialisée dans l’accueil des femmes, les soins psychologiques à leur apporter en les sortant du climat de violence qui empoisonne les camps et dans la formation professionnelle des femmes, accueillera quatre bénévoles (et peut-être davantage : les inscriptions sont encore possible !) à partir de fin septembre. Cette association reçoit depuis plusieurs années des bénévoles, particulièrement spécialisés dans la thérapie psychologique, mais aussi dans l’enseignement du Droit, et dans toutes les professions pouvant être utiles à la libération des femmes. Un ensemble de professions dites « féminines » nous ont été citées comme très utiles dans ce contexte des camps du Liban. La coopération des bénévoles avec « Najdeh » peut donc se faire toute l’année, aux dates qui conviennent le mieux aux bénévoles.

De la mi-septembre à la mi-novembre (saison des pluies, période difficile pour les chantiers) nous tablons sur 14 bénévoles. Chacun a des dates de séjour propres.

Immeubles à Chatila

Immeubles à Chatila

Les grands postes des dépenses sont :

  1. Les voyages aériens ;
  2. L’hébergement, en fonction du type d’hébergement choisi ou accepté et de la durée globale des bénévoles sur place ;
  3. Les matériaux à acheter chez les grossistes de Beyrouth pour rendre habitables des logements insalubres et pour deux chantiers précis dans une école de Borj el Barajneh. Nous ne savons pas encore combien de logements pourront être réhabilités, ignorant à ce jour la durée globale de séjour des bénévoles. Nous estimons cependant pouvoir mettre en état cet automne cinq logements et nous établissons notre budget prévisionnel sur ce nombre, modifiable si évolution. Et les deux chantiers de l’école de Borj el Barajnej, aux devis plus faciles à établir.
  4. Les outils à louer sur place (poste à soudure et bouteilles, perceuses électriques, échelles, etc.)
  5. L’ensemble des frais annexes : voiturage aéroport-camps, achat de l’outillage manquant, du petit matériel, papeterie et bureautique, divers et imprévus.

Tous les bénévoles paieront leur nourriture et leurs frais personnels durant leur séjour.

Les adhérents et militants solidaires des réfugiés palestiniens, qui ne peuvent être bénévoles pour passer quelques semaines de travail là-bas, peuvent alors solliciter leurs amis et parents, leurs voisins et toutes les personnes susceptibles d’être concernées ou intéressées par ce projet devenu programme. Chacun/e peut ainsi participer activement, soit en mettant au pot commun, soit en finançant tout ou partie d’un des postes que nous allons détailler et que vous choisissez particulièrement.

En versant votre participation financière et indiquant que c’est pour le pot commun, vous participerez à payer l’ensemble des dépenses qui ne seront pas couvertes par les bénévoles eux-mêmes ni par des dons spécifiques. Vous  recevrez le reçu fiscal correspondant au montant de votre don, et vous serez tenus régulièrement au courant de l’avancement du programme de tous les chantiers et des formations professionnelles.

En versant votre participation financière tout en notifiant le poste précis que vous aurez choisi à partir de la liste de dépenses ci-dessous, vous financerez tout ou partie d’un chantier précis et de la formation professionnelle correspondante. Vous recevrez également le reçu fiscal correspondant au montant de votre don. Et nous nous engageons à vous faire parvenir par l’AFPS 14 ème-6ème, en plus du compte-rendu général de l’opération,  un compte-rendu et des photos vous permettant de comparer l’ « Avant » votre chantier, le « Pendant » votre chantier et la formation des stagiaires, et l’ « Après » la fin de votre chantier et de la formation.

Avec votre don, spécifiez donc « Pour le Pot commun » ou « Pour tel chantier ou telle utilisation précise ».

Nous détaillons maintenant les cinq postes de dépenses, pour vous permettre de faire votre choix.

1. Les voyages aériens

Actuellement, sur les 12 bénévoles inscrits, 6 se sont engagés à offrir à l’opération leurs vols Aller-Retour (environ 500 € par personne), l’AFPS s’engageant à payer les 6 autres A-R, soit environ 3000 €. Il va de soi que les noms n’ont pas à être diffusés. Les dépenses du poste « Voyages aériens» font donc partie du « Pot commun » auquel vous souhaitez peut-être participer.

2. Les hébergements

Dans la même proportion que pour les voyages avion, la moitié des bénévoles inscrits à ce jour ont décidé de payer eux-mêmes leurs hébergements durant leur séjour. D’autres bénévoles ne pouvant pas le faire, c’est l’AFPS qui réglera ce poste de dépenses. Nous ne connaîtrons précisément le nombre de nuitées à payer que lorsque tous les bénévoles auront pris leur billet d’avion, auront donc décidé de la durée de leur séjour. Mais une estimation de 5000 € restant à la charge de l’AFPS nous paraît proche de la réalité. Là encore, l’anonymat des bénévoles hébergés au compte de l’AFPS sera respecté. Leur travail bénévole sur place dans des conditions très difficiles, leur propre prise en charge de leur nourriture pour la durée du séjour, ainsi que de leurs frais annexes, est déjà très généreux. Le poste « Hébergements» fait donc partie au budget général et du « Pot commun » géré par l’AFPS.

3. L’achat des matériaux

Ce poste va être détaillé de façon beaucoup plus précise et n’entre donc plus dans la ligne « Pot Commun », sauf si notre appel à financements ne reçoit pas de réponses précisant l’emploi des dons. Vous allez pouvoir, ici, choisir le chantier précis que vous souhaitez financer soit en partie soit en totalité. La main d’œuvre étant offerte (par les bénévoles au travail et par les stagiaires en formation) les chantiers ne coûteront donc « que » le montant des matériaux nécessaires à leur réalisation et que nous achèterons sur place. Nous avons identifié deux chantiers à l’école « Najdeh » du camp de Borj el Barajneh, et estimé à 5 le nombre de logements insalubres que nous pourrions raisonnablement mettre en état habitable au camp de Chatila, tout en formant les volontaires stagiaires aux métiers du bâtiment. Ce qui ferait 7 chantiers au total. En vous les décrivant ici nous vous permettons de choisir celui ou ceux dont vous souhaitez la réalisation en la rendant possible par votre don. Votre don sera donc accompagné de la précision : « Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh » ou « Pour la réfection du mur de la cage d’escalier du camp de Borj el Barajneh », ou « Pour rendre habitable un logement insalubre du camp de Chatila ». Si deux financements se chevauchaient pour le même chantier, nous vous en aviserions immédiatement et vous pourrez modifier votre choix.

« Pour la réfection du toit de l’école du camp de Borj el Barajneh »

Le toit, d’un peu moins de 100 m2, de la salle du dernier étage du centre d’accueil des femmes du camp de Borj el Barajneh, géré par l’association « Najdeh », est fait de tôles métalliques (appelées ‘’zinco’’) absorbant la chaleur, posées directement sur les quatre murs, sans aération suffisante, ce qui rend l’utilisation de cette salle quasi impossible pour les 150 enfants qui fréquentent ce centre en soutien scolaire. Le traitement de ce chantier primordial fera en même temps un excellent cours pour les stagiaires en formation professionnelle. Nous aurons quelques tôles de ‘’zinco’’, rouillées et percées, à changer (cours sur la sécurité). Puis nous aurons à fixer sous ces tôles une couche épaisse et efficace d’isolant que nous recouvrirons d’un contreplaqué à peindre. Et nous percerons des trous d’aération en bas et en haut des murs, permettant une ventilation naturelle et économique (sans parler d’être aussi écologique), trous que nous protégerons par des grilles. L’achat des tôles, de l’isolant réflecteur (type Expert 70**, constitué de 17 éléments, trouvé à la « Plateforme du Bâtiment » à près de 20 € le m2), du contreplaqué, de la visserie et autres à côté, de la peinture, nous amène à estimer le coût de ce chantier à 3.000 €. Il nous sera facile, sur place, de réaliser le petit reportage « Avant », « Pendant » et « Après » que nous vous enverrons.

« Pour la réfection du mur de la cage d’escalier de l’école de Borj el Barajneh»

Dans cette même école ou plus exactement ce centre pour femmes du camp de Borj el Barajneh, un mur d’escalier est rongé par l’humidité. La responsable du centre, Mariama, tente de le faire enduire et repeindre tous les ans, et c’est tous les ans la même catastrophe, la peinture s’écaille et elle a honte de recevoir ici des femmes qui ont besoin d’un accueil plus adapté à leur moral en berne. Le traitement efficace de l’humidité nécessiterait des travaux extérieurs (impossible dans ce cas) ou d’empêcher les remontées humides par capillarité (autres travaux impossibles). Il ne nous reste qu’à recouvrir le mur de plaques de BA13 hydrofuge (sorte de placoplâtre) vissées sur tasseaux, et percées d’ouvertures d’aération naturelle en haut et en bas. Ces plaques hydrofuges pourront alors être peintes durablement. Nous avons estimé le coût des matériaux de ce chantier si utile à 500 €. Là encore, ce chantier servira d’excellente école de formation à la menuiserie pour les stagiaires en formation professionnelle. Là encore, reportage-photos facile des divers stades de réalisation du chantier-formation et des stagiaires y participant.

Et comme Mariama, dynamique et courageuse, refusant de se laisser gagner par le découragement, a eu confiance en nous, elle nous a montré d’autres « bricolages » à faire dans son centre-école et qu’elle espère que nous réaliserons : bricoler une fenêtre qui laisse passer la pluie dans une salle ; un lino qui s’est décollé et qui se coupe ; des étanchéités à revoir, etc. L’achat ici (chez Leroy-Merlin ou Castorama) pour être emmené dans la valise en soute, du matériel et petit outillage nécessaire à ces chantiers (pistolet à colle et colle à verre et métal, silicone et produits d’étanchéité, rouleaux d’adhésif pour lino, cutter et lames, petit outillage qui sera laissé aux stagiaires pour les inciter à s’en servir, par exemple une mallette d’outils vue à 55 € chez Lidl, etc.) mais aussi l’achat de matériel de sécurité pour travailler sur le toit (changement des tôles) et en hauteur (à la fenêtre), tels que casques de chantier, harnais de sécurité et cordages, etc. peuvent être estimés aussi au bas mot à 500€. Le libellé serait alors : « Divers travaux à Borj el Barajneh. Et achat des matériels de sécurité ».

« Pour rendre habitables des logements insalubres du camp de Chatila».

Dans le camp de Chatila, ce sont les fondateurs et animateurs de l’association « Rêves de Réfugiés », Sobhi, Othman, Tarek et Jalal, qui connaissent le mieux les personnes et familles les plus démunies, abandonnées, qui souffrent à vivre dans des taudis infects, Qui sont donc en priorité les gens à sauver de cette misère profonde. En fonction du nombre de bénévoles et de leur profil professionnel, et de la durée de leur séjour, nous pouvons aujourd’hui estimer à 5 le nombre de pièces-logements que nous pourrions rendre habitables tout en prenant le temps de former les stagiaires volontaires à la formation professionnelle. Là encore, le compte-rendu « Avant », « Pendant » et « Après » sera aisé pour nous à votre intention si, au lieu d’un don au « Pot commun » vous avez spécifié « réfection d’un logement de Chatila ».

La terre battue du sol, encrassée depuis 70 ans de camp, doit être remplacée par du carrelage (les plus pauvres, les veuves et les personnes âgées, les plus démunis, restent vivre à raz du sol des ruelles, dans les miasmes des égouts et des détritus, dans une pièce souvent sans fenêtre. Avec un peu d’argent, on peut aménager dans un étage, où la fenêtre laisse passer la lumière et un peu d’air moins puant). Donc couche de sable, chape de béton, ciment-colle et carrelage. Pose gratuite par les bénévoles et les stagiaires en apprentissage. Achat des matériaux pour 15-20 m2 de sol : environ 300 €.

Installation de l’arrivée d’eau dans le logement (au lieu d’aller la chercher au broc à la fontaine, même si l’eau de Chatila est calcaire et saumâtre), tuyaux en plastique (moins cher que le cuivre ou l’acier) à amener à un robinet d’évier, à un lavabo-douchette, à un W.C. avec chasse d’eau. Entre 300 et 450 € de matériel (évier, W.C., lavabo, douchette, tuyaux d’adduction).

Le raccordement au tout-à-l’égout dans la ruelle (un tout-à-l’égout très relatif, crevé à de multiples endroits), environ 100 €.

L’installation électrique du logement. Fils sécurisés, prises, interrupteurs, points d’éclairage. Compter 250 €.

La menuiserie pour une fenêtre et une porte : 350 €.

L’enduit des murs et du plafond (souvent infiltré d’eau de pluie, par manque d’étanchéité), les peintures. Achat plaques étanches, enduits, peintures : 450 à 500 €. Le coût des fournitures nécessaires à la réfection totale d’un logement insalubre est ainsi estimé à entre 1.500 et 1.900 €.

Nous espérons pouvoir en offrir au moins 5 aux plus démunis de Chatila le temps de notre présence dans le camp. Et en même temps former aux métiers du bâtiment, afin que ces rénovations puissent continuer après notre départ, le plus grand nombre possible de stagiaires, pour les aider à sortir du chômage et de la misère.

4. Les locations d’outils.

Nous serons obligés de louer sur place un poste à soudure et ses bouteilles, deux perceuses électriques, une ou deux échelles, une carrelette pour tailler les carrelages à la bonne dimension, etc. Acheter une ou deux pelles pour faire le ciment-colle, etc. Ce poste va avoisiner au total les 500 €. Mais peut être détaillé et correspondre à des dons d’un montant inférieur. Toutes les factures acquittées seront évidemment ramenées à l’AFPS et seront consultables par tout donateur. Les dons pour ce poste « Location d’outils » vont vraisemblablement, sauf décision d’une donatrice ou d’un donateur, faire partie du « Pot commun », du budget général.

5. L’ensemble des frais annexes mais nécessaires : le voiturage de l’aéroport aux camps lors de l’arrivée des bénévoles, et pour leur départ, l’achat de l’outillage manquant et de la visserie, les imprévus, la petite fête pour la remise des certificats ou diplômes aux stagiaires méritants que cette reconnaissance de leur volonté de s’en sortir pourra stimuler, etc. Là aussi, chaque dépense sera acquittée sur facture archivée ensuite à l’AFPS. Les dons spécifiques pour ce poste seront donc dûment justifiés. En cas de carence de dons spécifiques pour les frais annexes, ce poste sera assumé par le « Pot commun », le budget général.

Il restera un très gros chantier que les responsables de « Rêves de Réfugiés » avaient pointé comme primordial, essentiel, c’est celui de l’amélioration du réseau électrique, en particulier du gainage des fils électriques tapissant les ruelles du camp. Les électrocutions mortelles sont trop nombreuses pour que l’on ne s’en soucie pas et ne mettions pas fin à cette insécurité. Le profil des bénévoles inscrits à ce jour ne permet pas d’attaquer de façon efficace et significative cet énorme chantier. Mais nous avons rendez-vous le 15 septembre à Paris avec des représentants de l’association « Electriciens Sans Frontières », qui pourraient venir établir sur place pour réaliser une mission d’identification : diagnostic, estimation des coûts, étude de faisabilité. Nous en reparlerons donc plus tard.

Pour le moment, vos dons, qui vont permettre la réalisation de chantiers tant à Chatila qu’à Borj el Barajneh, peuvent être adressés à :

AFPS Paris 14 ème-6ème
Maison des Associations du 14ème
Boîte 52
22 rue Deparcieux
75014  Paris.

Les chèques doivent être libellés à l’ordre de « AFPS Paris 14-6 », en indiquant au verso « Projet Chatila » et en spécifiant lors de l’envoi « pour le Pot commun » ou pour tel ou tel chantier ou pour telle ou telle utilisation.

Vous recevrez le reçu fiscal au nom et à l’adresse que vous nous indiquerez.

Mille mercis !

Avec toutes les amitiés de l’équipe !

Contact

 

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