Projection du film « Palestine : la case prison » le 23 juin

Avec la section de la LDH Paris 14-6, nous avons organisé le mardi 23 juin une projection du film « Palestine : la case prison », produit par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, en présence du réalisateur Franck Salomé.
« Palestine : la case prison » est un documentaire de Franck Salomé sur la situation des prisonniers politiques et d’opinion palestiniens au regard du droit international.

Actuellement, il y a environ 7000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, en violation du droit international. A travers des interviews d’anciens détenus et de leurs familles, ainsi que de juristes palestiniens, israéliens et internationaux et d’anciens soldats mobilisés, ce documentaire met en lumière les mécanismes d’un système d’oppression qui dépasse les murs de la prison et maintient toute une société sous la menace permanente d’un emprisonnement arbitraire. Il montre l’utilisation systématique par l’armée israélienne de la prison comme arme de répression contre la lutte des Palestiniens pour leurs droits et pour la création d’un État palestinien viable et indépendant.

 

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Qui sommes-nous ?

Aux côtés de plus de cent groupes locaux de l’Association France Palestine Solidarité, notre groupe local, créé fin 2004, développe son activité dans les 14ème et 6ème arrondissements de Paris.
L’AFPS rassemble des personnes attachées aux droits de l’homme et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle développe la solidarité avec le peuple palestinien, victime de l’un des conflits les plus longs et les plus injustes de l’histoire contemporaine, que la communauté internationale se montre incapable de résoudre. Nous contribuons à renforcer l’amitié et la solidarité entre les peuples français et palestinien et à œuvrer, sur la base du droit international, en faveur d’une paix juste et durable au Proche-Orient, fondée sur la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien.
Parmi les thèmes de nos interventions : la lutte contre la colonisation et l’occupation, contre le blocus de Gaza, le soutien à la résistance populaire, la campagne Boycott – Désinvestissement – Sanctions, la défense des prisonniers politiques palestiniens, la diffusion de la culture palestinienne, la question des réfugiés, la vie quotidienne des Palestiniens, les violations du droit international par l’État d’Israël.


Réunions d’information

Une part importante de nos réunions est consacrée à l’information des adhérents et sympathisants. Nous présentons la situation en Palestine et abordons des sujets spécifiques, à partir d’exposés d’invités. Les réunions tenues de mai 2014 à juin 2015 ont porté sur les thèmes suivants :
Notre réunion de juillet 2014 a été consacrée à un bilan de nos activités du premier semestre. Notre réunion de rentrée, le 10 septembre, a été consacrée à des exposés et débats autour de l’agression contre Gaza : point d’actualité, analyse des événements de Gaza et de la politique d’Israël, position du gouvernement français vis-à-vis du mouvement de solidarité avec Gaza en France.
Le groupe local a par ailleurs été  associé à des réunions publiques impliquant d’autres groupes locaux :
  • soirée consacrée aux prisonniers politiques palestiniens, le 16 mai ;
  • réunion du 28 mai avec Zakaria Odeh, Directeur de la Civic Coalition for Palestinian Rights in Jerusalem;
  • conférence-débat du 14 juin avec Haneen Zoabi, Députée palestinienne à la Knesset.


Les distributions de tracts et signatures de pétitions

Nous sommes présents régulièrement sur des marchés du quartier, à la Cité universitaire ou à la Gare Montparnasse. Nous intervenons aussi dans le cadre de manifestations nationales (1er mai, Fête de l’Humanité) et d’actions mettant en cause la complicité d’entreprises françaises dans l’occupation et la colonisation de la Palestine.  Les tracts suivants ont été distribués d’avril 2014 à juin 2015 :
La campagne de signatures de cartes au Président de la République pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine a permis de recueillir plus de 500 signatures. 


L’organisation d’événements culturels

Notre groupe local a organisé le 1er juillet 2014 une soirée de musique et théâtre autour des Monologues de Gaza (« La jeunesse de Gaza raconte ses histoires de siège et de guerre »), présentés par l’atelier amateur de la Compagnie « Bouche à Bouche ».
Il a organisé « Six heures pour la Palestine » le 25 octobre 2014 : témoignage de Zouheir Lahna, médecin présent à Gaza pendant l’été, photos de Serge Nègre, chants et danses palestiniens, par la troupe Al Quds et le groupe de Dabké Palestine, poésie avec Anas Alaïli, lecture des monologues de Gaza, concert du trio de Moneim Adwan, calligraphies d’Ahmed Dari.
Le Groupe local participé au « Village solidaire » organisé à la Mairie les 29 et 30 novembre 2014 : vente d’olives palestiniennes et calligraphies d’Ahmed Dari, aux côtés de l’Association française de soutien aux réfugiés du Liban (Afran Saurel) qui présentait des broderies réalisées par des réfugiées palestiniennes.
Il prévoit en 2015 la projection de films, en premier lieu « Palestine : la case prison » le 23 juin.


Projets
 

Le Groupe local soutient financièrement plusieurs projets. Il a contribué au financement du film « Palestine : la case prison » et au lancement du projet de documentaire « Mémoires palestiniennes », série documentaire en six épisodes sur la Nakba, produite par Issa Wachill et le Collectif Beall Productions, réalisée par Hiam Abbass et écrite par Jawad Wachill.
Il participe à un projet de ludothèque au camp de réfugiés de Khan Younis, à Gaza, avec Evry Palestine.


Autres actions

Notre groupe local a participé pendant l’été 2014 aux rassemblements et manifestations organisées à Paris par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, en solidarité avec la population de Gaza. Il a participé en particulier au rassemblement « Convergence Palestine » du 18 octobre 2014.
Notre groupe local a interpellé des personnalités politiques sur la question palestinienne : envoi d’une lettre aux candidats aux élections européennes, rencontres avec des élus et représentants de partis politiques pour inciter notre gouvernement à reconnaître immédiatement l’Etat palestinien et à s’investir activement pour une paix juste et durable au Proche-Orient.

Conférence-débat du 3 mars 2015 animée par Dominique Vidal sur le thème : Que veulent les Palestiniens ?

Depuis la tragédie de Gaza cet été, les Palestiniens ont mené une activité diplomatique intense. Le point de départ en a été la conviction, pour l’Autorité palestinienne comme pour le Hamas, qu’on ne pouvait plus continuer comme depuis Oslo et qu’il n’y avait rien à attendre de Netanyahou et de ses alliés. La preuve en a été donnée par le sabotage systématique du dernier cycle de négociations menées sous l’impulsion de John Kerry de fin juillet 2013 à fin avril 2014. Netanyahou a empêché la moindre avancée dans les discussions et a multiplié les obstacles, comme l’annonce de construction de nouveaux logements dans des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem (17.000 logements en 2014), puis le refus de libérer le dernier groupe d’une trentaine de prisonniers (dits « d’Oslo ») et enfin l’annonce unilatérale de l’arrêt des discussions.
La riposte de Mahmoud Abbas a été l’annonce en mai de la constitution d’un gouvernement palestinien d’union nationale, qui a prêté serment le 2 juin et a aussitôt été reconnu comme un partenaire valable par l’Union européenne et les Etats-Unis, créant ainsi une situation inacceptable pour Israël, dont la principale carte était précisément la division entre Hamas et Fatah.
Dominique Vidal est convaincu qu’il s’agit de la véritable cause de l’agression contre Gaza : tenter d’empêcher la concrétisation de l’union nationale.
L’enlèvement et l’assassinat de trois jeunes colons le 12 juin ont évidemment précipité les événements. Le gouvernement israélien a alors lancé l’opération « Gardien de nos frères », marquée par l’arrestation de 800 Palestiniens, dont certains avaient été récemment libérés, en Cisjordanie, et la mort de neuf Palestiniens. Le Hamas a riposté par des tirs de rockets, auxquels Israël a répondu à partir du 8 juillet par des tirs massifs sur Gaza, suivis d’une incursion terrestre.
Le bilan est connu : 72 morts israéliens contre 2.140 morts palestiniens, dont 70 % de civils et 500 enfants, 11.000 blessés, des dégâts estimés à 5 milliards de dollars.
Cette catastrophe humanitaire n’a pas empêché Israël et l’Egypte de maintenir le blocus de Gaza et les négociations annoncées n’ont jamais eu lieu.
Netanyahou a ensuite repris les provocations, avec l’annexion de 400 hectares en Cisjordanie, la confiscation de maisons palestiniennes à Silwan et l’annonce de nouvelles constructions dans les colonies, puis la menace de rompre le statu quo en vigueur depuis 1967 sur l’Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’Islam,  confié au Waqf et où les juifs n’ont pas le droit de prier.
Le gouvernement israélien a laissé pénétrer sur l’esplanade des groupes de Juifs extrémistes, affirmant leur volonté de détruire les mosquées pour reconstruire le Temple, provoquant une explosion de violence, avec des attentats à la voiture et l’attaque de la synagogue de Har Nof.
Cette situation a confirmé l’OLP dans sa conviction qu’il fallait sortir du bourbier d’Oslo, du face à face avec Israël, avec ou sans médiateur.
Le but a alors été d’inverser la procédure qui avait mené les accords d’Oslo dans l’impasse, sous la forme d’accords intérimaires, d’ailleurs non respectés par Israël, renvoyant les dossiers majeurs (frontières, capitale, accès aux ressources, réfugiés, etc.) aux calendes grecques.
Avec une résolution du Conseil de sécurité, l’Etat de Palestine aurait engagé de nouvelles négociations, sur la base de la reconnaissance des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, dans un délai maximum de deux ans, et non plus « le moment venu » (alors que les accords d’Oslo prévoyaient sa concrétisation en 1998 …).
Pour obtenir une telle résolution, deux étapes étaient nécessaires :
  • s’assurer de neuf voix pour que le projet de résolution soit inscrit à l’ordre du jour et
  • éviter tout veto des cinq grandes puissances.
La plupart des observateurs ont émis des doutes sur une absence de veto des Etats-Unis mais il faut rappeler que Barack Obama n’a utilisé celui-ci qu’une fois, en février 2011, et que le contexte a profondément changé avec la coalition entre Occidentaux et pays arabes face à la montée en puissance de l’organisation de l’Etat islamique.
En cas d’échec, l’Etat de Palestine adhérerait à la Cour pénale internationale et Israël pourrait alors se retrouver sur le banc des accusés.
Dominique Vidal rappelle que cette recherche d’une résolution du Conseil de sécurité faisait suite à une vague de reconnaissances : 134 Etats (sur 193) ont déjà reconnu l’Etat de Palestine. Un premier Etat européen « occidental » (1), la Suède, a reconnu l’Etat palestinien fin octobre. Un phénomène nouveau, celui des « reconnaissances parlementaires », s’est développé avec la Chambre des communes britannique, les parlements irlandais, slovènes, luxembourgeois, portugais, de Wallonie et de Bruxelles, l’Assemblée nationale et le Sénat français, le parlement italien et le Parlement européen, dans une version adoucie.
Il signale la visite à Gaza de Frederica Mogherini, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, et sa déclaration en faveur d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale.
Il note que la Commission européenne a haussé le ton sur les questions de la colonisation et des produits des colonies et fait appliquer les « lignes directrices » en saisissant des produits.
Dominique Vidal indique que cette évolution n’est pas tombée du ciel : c’est la conséquence de l’agression contre Gaza, qui a mis en évidence un écart considérable entre les gouvernements, complices d’Israël, et un large mouvement de solidarité (grandes manifestations, ayant rassemblé jusqu’à 200.000 personnes à Londres, extension du mouvement BDS, désinvestissements de fonds institutionnels), y compris dans des pays où les gouvernements étaient nettement pro-israéliens : Royaume Uni, Canada, Australie.
Dans son offensive diplomatique, l’OLP avait trois atouts :
  • la politique israélienne elle-même a montré l’inutilité totale du processus bilatéral et l’absence de force porteuse d’un projet de paix en Israël ;
  • la mobilisation internationale en faveur de la Palestine lors de la dernière agression contre Gaza, avec un décrochage de l’opinion publique, déjà observé dans les périodes de grande violence contre les Palestiniens (Sabra et Chatila, les deux Intifadas, l’opération « Plomb durci ») malgré une certaine lassitude à l’égard du conflit ;
  • la persistance jusqu’ici du gouvernement d’union nationale palestinien. Il n’y a pas eu de rupture malgré des difficultés et l’hostilité du gouvernement égyptien.
 
Où en est-on aujourd’hui ?
Fin décembre 2014, la première tentative a échoué. La résolution n’a obtenu que huit voix favorables ce qui a rendu le veto américain inutile. Deux pays africains, le Nigeria et le Rwanda, se sont abstenus à la suite de pressions américaines et israéliennes. Deux aspects positifs doivent quand même être notés : la France a voté en faveur de la résolution et le Royaume Uni s’est abstenu, au lieu de voter contre.
Face à cette situation, l’Autorité palestinienne a signé une vingtaine de conventions, dont le Statut de Rome concernant la Cour pénale internationale (CPI). Ban Ki-moon a confirmé que l’adhésion de l’Etat de Palestine à la CPI entrerait en vigueur le 1er avril. La Procureure Fatou Bensouda a annoncé qu’une enquête préliminaire avait été ouverte sur les crimes de guerre commis par l’armée israélienne à Gaza. L’OLP a indiqué que la plainte serait confirmée dès le 1er avril.
Lors d’une réunion à Genève mi-décembre, le rappel de l’obligation pour Israël de respecter la quatrième Convention de Genève dans les Territoires occupés a été approuvé par tous les Etats présents.
Des négociations sont maintenant en cours en vue du dépôt d’une nouvelle résolution. En 2015, le Conseil de sécurité comprend de nouveaux membres plus favorables à la Palestine : l’Angola, la Malaisie et le Venezuela. Le prochain vote sera probablement positif, ce qui contraindra les Etats-Unis à se déterminer.
Quelle que soit l’issue, il y a urgence car la solution bi-étatique risque de s’effacer au profit d’une solution binationale.
Dominique Vidal estime que la solution binationale aurait quatre atouts majeurs :
  • Elle serait conforme à un idéal et à des valeurs, qui refusent des Etats fondés sur des bases ethniques ou ethnico-religieuses, avec ses conséquences possibles en termes de « nettoyage ethnique ».
  • Cet idéal a des racines profondes de part et d’autre. L’OLP a longtemps été favorable à une Palestine laïque et démocratique. Avant-guerre, un courant sioniste était favorable à une fédération judéo-arabe socialiste, idée ratifiée comme programme par une part importante du Yichouv.
  • L’évolution de la situation sur le terrain a de plus en plus imbriqué les deux peuples, avec 600.000 colons juifs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et 1.500.000 Palestiniens citoyens d’Israël.
  • Le cadre binational pourrait apparaître dans ce contexte comme pouvant faciliter la résolution de certaines questions-clés : frontières, capitale, colonies, …
La solution binationale a cependant quatre faiblesses majeures :
  • Il s’agit d’abord de la volonté des peuples, avec une radicalisation nationaliste en Israël et une opposition de nombreux Palestiniens, pour qui les Juifs israéliens sont d’abord des militaires et des colons ;
  • Il s’agit ensuite d’une question de lucidité politique : l’Etat binational, contrairement à la coexistence avec un Etat palestinien, est perçu par les Israéliens comme destruction de leur Etat, contraire au projet sioniste, donc inacceptable.
  • Avec un rapport de force insuffisant, l’Etat binational ne serait-il pas le « Grand Israël », Etat d’apartheid, où la bataille pour l’égalité des droits pourrait durer des siècles ?
  • Si les stratégies successives de l’OLP n’ont pas abouti à la création effective d’un Etat palestinien, du moins ont elles convaincu le monde entier du droit des Palestiniens à un Etat. Après tout le travail en faveur des droits des Palestiniens, une renonciation serait inacceptable par l’opinion publique.
Tant qu’une chance de création d’un Etat palestinien subsiste, il faut continuer à se battre. La campagne BDS est un élément de cette mobilisation.

Dans le débat qui suit est d’abord posée la question de la possibilité de création d’un Etat dans un territoire mité, rempli de colonies, occupé par des militaires intégristes. Comment peut-on dans ces conditions laisser un espace vital suffisant aux Palestiniens ? Comment faire sortir les 500.000 colons de Cisjordanie, sachant que les Palestiniens de l’extérieur souhaitent le retour ?
Dominique Vidal indique que les Palestiniens ont compris qu’il n’y aurait pas d’autre solution qu’imposée. Rien n’est irréversible. Tout dépend du rapport de force. Il est possible de transformer des colonies en logements sociaux mais il faut être très attentif à la question des colonies : il y a plus de colons économiques que de colons militants nationalistes ou religieux. Rien ne sera de toute façon possible sans une force armée internationale.

 

Quelles sont les perspectives après l’adhésion de la Palestine au CPI ? Lors d’une réunion récente, l’extrême difficulté à obtenir une condamnation à la CPI avait été soulignée.
Dominique Vidal rappelle qu’une session de la Cour internationale de justice sur le mur avait condamné Israël en juillet 2004. Il peut y avoir des décisions qui ne sont pas appliquées, comme de nombreuses résolutions des Nations unies concernant Israël. Le rapport Goldstone avait été approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies.
Comment s’explique le changement de position de la France ?
Dominique Vidal indique que la politique arabe de la France a laissé des traces profondes malgré des abandons et des trahisons. Il y a eu aussi des considérations de politique politicienne : il s’agissait de rattraper le « dérapage » qu’avait constitué la déclaration de François Hollande de début juillet. François Hollande et son entourage ont pris la mesure de la débâcle dans l’« électorat musulman », en particulier dans les banlieues, et ils essayent maintenant de récupérer cet électorat. Il en reste que la France a voté la résolution de décembre et annoncé qu’elle voterait une nouvelle résolution.
On peut cependant remarquer que la France vote bien quand sa voix n’est pas déterminante et s’inquiéter de la place qu’Israël prend à l’ONU et pourrait prendre au Conseil de sécurité. C’est l’absence de sanctions qui fait la force d’Israël.
Bernard Ravenel fait part de ses interrogations sur l’état de la société palestinienne, les décalages avec les dirigeants, les risques de déstabilisation, de divergences et d’affrontements internes à l’OLP ou au Hamas, les rumeurs sur l’existence de cellules de Daesh à Hébron ou à Jénine et la crainte de manipulations israéliennes.
Dominique Vidal estime qu’il n’y a pas de cellules djihadistes à Hébron et à Djénine et que le danger pourrait plutôt venir de Gaza. Il est vrai que le gouvernement israélien pratique une politique de provocation permanente mais il a fait machine arrière sur Jérusalem devant les réactions, par peur d’une explosion, surtout des Palestiniens d’Israël. Il a observé un jeu entre Netanyahou et le Président Reuven Rivlin, qui a fait des gestes envers les Palestiniens. Ainsi, Hanine Zoabi a finalement été autorisée sur la liste arabe unique. S’agit-il d’une répartition des rôles ou d’un vrai débat ?

Que penser de l’évolution de l’Egypte, où la situation risque de perdurer pour le malheur des Egyptiens et des Palestiniens ? Dominique Vidal estime qu’Al-Sissi est là pour longtemps. Il est d’abord guidé par sa haine des Frères musulmans, avec le soutien de l’Arabie Saoudite. Il n’y a plus aucun espace pour l’opposition en Egypte, où l’ancien régime a été réhabilité.

En réponse à une question sur la possibilité de recomposition au Moyen-Orient pouvant bénéficier aux Palestiniens, Dominique Vidal indique qu’il faut faire son autocritique sur le « Printemps arabe ». Il considère qu’on a surestimé les possibilités des mouvements à court terme. On a remplacé l’analyse par l’euphorie et parlé prématurément de révolution. On s’est trompé massivement et les déceptions naissent des espoirs excessifs. Il faut se placer dans le long terme. La situation de la Tunisie est particulière, avec un parti islamiste intelligent et une société civile mûre. La situation régionale offre un paysage inquiétant en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen, souvent de chaos total. On observe pour le moment une décomposition, produit des guerres. Daesh en particulier est un produit du pouvoir chiite en Irak. Il faut en mesurer les conséquences. Il n’y a pas de solution militaire. Aucune guerre n’est gagnable. La propagande israélienne joue naturellement sur cette situation.
Un adhérent rappelle qu’il a fallu un long délai de stabilisation après la Révolution française de 1789. Dans les pays arabes, où l’information n’était donnée que par les dictatures ou par les mosquées, une période de chaos était inévitable. Elle n’a duré pour le moment que moins de cinq ans et elle est préférable à l’atonie antérieure.
Dominique Vidal estime qu’une partie de l’opinion mondiale reconnaît qu’une solution en Palestine pourrait contribuer à l’apaisement régional.
Il reste optimiste et estime qu’après les manifestations de soutien à Gaza, la poursuite de la campagne BDS, les reconnaissances parlementaires, « la mayonnaise a pris ». BDS constitue une manière simple de se manifester, un instrument d’engagement et d’intervention.
 
Bernard Ravenel évoque l’isolement des Palestiniens dans le monde arabe. Dominique Vidal estime qu’on a assisté cet été à une alliance de fait entre Israël et des pays arabes, principalement l’Arabie saoudite et l’Egypte.
Que se passera-t-il aux Etats-Unis dans deux ans, alors que même Obama a soutenu Israël ? Il peut s’agir d’une course de vitesse mais les tensions entre Netanyahou et Obama ont créé des fractures jusque dans la communauté juive américaine.

Bernard Ravenel estime que le principal dans BDS est le S comme sanctions et qu’à ce titre la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël doit constituer une priorité.
Dominique Vidal souligne à ce sujet la spécificité des accords scientifiques et technologiques entre l’Union européenne et Israël. De ce point de vue, le boycott n’est pas que symbolique. Il signale un article récent d’Ehud Barak significatif d’une prise de conscience des dangers du boycott par certains Israéliens.
Il estime que la fermeture prévue de l’usine de Sodastream constitue une victoire et montre l’impact de la campagne. Il signale que les producteurs de viande et de volaille des colonies de Cisjordanie renoncent à exporter vers l’Europe.
En réaction à la question « Netanyahou peut-il ne pas être réélu ? », Dominique Vidal souligne l’importance prise par la liste arabe unique à l’occasion de ces élections.

(1) Plusieurs Etats de l’est européen avaient reconnu l’Etat de Palestine à une époque antérieure.